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La syphilis n'a pas disparu !

En 2017, 33 000 cas de syphilis ont été diagnostiqués en Europe, soit plus que le VIH, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

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La syphilis n'a pas disparu !

C’est une infection bactérienne que l’on croyait disparue : la syphilis. Depuis quelques années pourtant, elle fait son grand retour en France et en Europe. En 2017, près de 1 800 cas ont été diagnostiqués dans l’Hexagone. Du jamais vu.

Prise à temps, cette maladie se soigne très bien. Mais, mal diagnostiquée elle peut avoir des conséquences graves comme des atteintes des reins, des yeux ou encore du système nerveux central

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« Nous avons oublié les modes de contamination »

Thomas a contracté la syphilis il y a cinq ans : « Au début je n’avais pas de symptôme. C’est seulement après plusieurs semaines qu’est apparu un bouton, un chancre sur le gland. C’est vrai que sur le moment j’étais assez honteux, j’ai été notamment assez honteux d’aller vers mon médecin généraliste car ce n’est pas le genre de maladie dont j’ai l’habitude de discuter avec lui. »

Cette recrudescence de la maladie sur le vieux continent s’explique surtout par une méconnaissance des patients. « Nous avons oublié les modes de contamination par rapport aux types de rapports sexuels », explique le Dr Jean-Marc Bohbot, médecin au centre Alfred Fournier. « J’ai souvent des patients qui me disent : « Je protège tous les rapports de pénétration. » Sauf qu’on oublie que la fellation c’est une pénétration comme les autres... Donc on peut attraper toutes les IST lors d’une fellation. »

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Treponema Pallidum

La bactérie responsable de la syphilis, nommée Treponema Pallidum, est extrêmement contagieuse. Elle se développe de façon silencieuse pendant plusieurs semaines. « La syphilis concrètement provoque des lésions… qui sont indolores ! » précise le Dr Agathe Goubard, directrice de laboratoire de l’Institut Alfred Fournier. « En plus, ce chancre n’est pas toujours visible. Il l’est quand il est pénien, c'est à dire qu’il est sur le pénis. En revanche s’il est buccal ou anal, il est beaucoup plus difficile à repérer. Le seul moyen est de faire une sérologie, c’est-à-dire une prise de sang. » 

La syphilis se soigne très facilement. Une fois diagnostiquée, une seule injection de pénicilline suffit. 

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Le préservatif délaissé

Pour s’en préserver, le seul rempart qui existe, contre toutes les IST d'ailleurs, est le préservatif. Seulement, cette protection a été quelque peu laissé de côté ces dernières années, notamment dans le milieu LGBT. Huit cas de syphilis sur dix touchent des hommes homosexuels.

«  Le port du préservatif a été un peu abandonné car le sida fait moins peur. On a un peu banalisé cette maladie, elle reste grave mais c’est une maladie chronique. Dans l’esprit du public ce n’est plus un danger mortel. » 

Pour de nombreux spécialistes, ce relâchement serait dû à la généralisation de la PREP, un traitement préventif qui permet d’éviter la contamination par le VIH. Mais pour l’association AIDES, la PREP est accusée à tort : « Il est prévu pour les personnes qui sont sous PREP des dépistages réguliers des IST, y compris quand l’IST est asymptomatique. Donc il n’est pas envisageable pour nous de remettre la PREP en question. Cela permet d’emmener les personnes dans des dépistages réguliers de l’ensemble des IST dans un traitement précoce de toutes les IST », explique son président Marc Dixneuf.

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