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Implants contraceptifs Essure : quatre femmes réclament des comptes à l’Etat

Quatre victimes des implants de contraception définitive Essure réclament de la part de l’Etat une étude indépendante et une indemnisation des patientes. Sans quoi elles lanceront dans deux mois une nouvelle procédure judiciaire.

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Brigitte Marty fait partie des victimes de l'implant.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Esssure, ces implants de contraception féminine définitive. Quatre anciennes porteuses de ce dispositif ont annoncé le 10 février lors d’une conférence de presse vouloir "agir contre l'Etat". Elles réclament notamment une étude indépendante et des indemnisations.

Les quatre femmes et leur avocat, Maître Stephen Duval, ont adressé une demande en "fin de semaine passée" à la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour qu'elle "reconnaisse la faute de l'Etat" et qu'elle "les indemnise". Sans réponse de la ministre dans un délai de deux mois, une procédure sera introduite devant le tribunal administratif.

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De l’étain relâché dans l’organisme

"Les victimes prouvent aujourd'hui le caractère toxique des implants Essure et elles agissent contre l'Etat car cette toxicité aurait pu et aurait dû être décelée dès avant la mise sur le marché de ces dispositifs", a déclaré l’avocat. Il dénonce ainsi une "profonde carence de l'Etat dans sa mission de contrôle et de police sanitaire".

En effet, les quatre patientes ont réalisé, à leurs frais, auprès du laboratoire indépendant Minapath, des analyses qui "prouvent la toxicité des implants".
"C'est vraisemblablement la soudure qui est en cause, elle subit une forte érosion en relâchant dans les trompes des particules nocives au rang desquelles de l'étain", a précisé l'avocat. Ces analyses sont "concordantes avec les données des études précliniques réalisées au début des années 2000", a dénoncé Maître Duval.

"On est empoisonnées pour la vie"

Une des plaignantes, Françoise Vanmuysen, chirurgienne de profession, a émis plusieurs réclamations au ministère de la Santé pour les victimes : "un protocole de recherche adapté et indépendant", une "prise en charge sur le plan somatique (...) et un accompagnement psychologique", ainsi qu'une indemnisation.

"On vient de comprendre qu'on est empoisonnées pour la vie, on a été cobayes à l'implantation, cobayes à l'explantation et cobaye pour le reste de notre vie", a fustigé une autre victime, Anne-Cécile Groleas, considérant sa vie comme "brisée".

"Malgré une hystérectomie totale, j'ai toujours des douleurs et des pertes de mémoire qui ne disparaissent pas et je me retrouve sans ressources", a-t-elle également confiée.

Troubles visuels, douleurs, perte de mémoire…

"Vous allez consulter, vous n’êtes pas malade et petit à petit vous devenez malade" témoigne encore Brigitte Marty, également victime et plaignante. "C’est vraiment votre vie qui s’en va." Souffrant de "grosse fatigue", mais aussi "de troubles visuels, de problèmes articulaires, de douleurs, dont des douleurs pelviennes" cette secrétaire de mairie a dû être arrêtée pendant un an et demi. Car aux symptômes physiques se sont ajoutés des symptômes neurologiques : "j’avais des problèmes de concentration et la mémoire qui partait. Je ne pouvais plus travailler" raconte-t-elle.

Une action de groupe depuis 2017

En avril 2019, une trentaine de patientes avaient déposé une plainte pénale après des effets indésirables de ce dispositif contraceptif, dont Bayer a cessé la commercialisation en Europe en 2017. Le pôle santé de Marseille s'est dessaisi au profit du pôle de santé publique de Paris, où les plaintes sont "en cours d'analyse", selon le parquet.

Commercialisé en France en 2002, le dispositif avait été placé sous surveillance renforcée en 2015 par l'ANSM. Dans cette affaire, le laboratoire est par ailleurs visé depuis 2017 par une action de groupe au civil regroupant plusieurs centaines de patientes. Selon maître Duval, environ 200.000 femmes en France ont été implantées avec Essure.

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