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Violences sexuelles : comment réagir ?

Chaque année, 200.000 femmes sont victimes de violences conjugales. 121 femmes en meurent et en moyenne, 200 femmes sont violées par jour.  Des chiffres impressionnants mais pourtant bien inférieurs à la réalité, car beaucoup de victimes ne parlent pas par honte ou par peur des représailles. La réalité des violences faites aux femmes prend de multiples formes : blagues sexistes, frotteurs dans les transports, harcèlement, agressions, viols… Les explications avec le Dr Hélène Jacquemin-Le Vern, gynécologue et sexologue.

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Violences sexuelles : comment réagir ?

"Il me caresse les seins ou les fesses alors que je lui ai dit que je ne voulais pas", "il me force à avoir une relation sexuelle", "il m'oblige à lui faire une fellation et je ne le veux pas"... Ces actes sont interdits par la loi. Personne n'a le droit d'imposer un acte sexuel que vous ne désirez pas. Quelles que soient les circonstances du viol ou de l'agression, l'auteur des faits est le seul responsable. Le coupable, c'est l'agresseur. Les conséquences sont importantes et durables pour les victimes

Numéros d'urgence :

  • Violences conjugales Info
    Tél. : 3919
  • Police
    Tél. : 17 depuis un fixe, et 112 depuis un téléphone portable.
  • Samu
    Tél. : 15

Que faire en cas de viol ?

Tout acte sexuel commis avec violence, contrainte (pressions physiques ou morales, autorité de l'auteur sur la victime), menace (annoncer des représailles en cas de refus de la victime), recours à la surprise (victime inconsciente ou en état d'alcoolémie) est puni par la loi. Le viol est un crime. Il est défini comme "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise". La peine encourue est de 15 à 20 ans de prison. La victime majeure peut déposer plainte dans un délai de dix ans après le viol, ce délai est porté à vingt ans après la majorité de la victime si le viol a été commis sur une personne mineure.

Après un viol, il faut consulter en urgence, le plus vite possible les services de police, de gendarmerie, les urgences médicales. Ne pas se changer, garder les vêtements souillés et les amener pour qu'ils soient examinés. Se faire examiner, avoir des prélèvements, un entretien psychologique. En cas de panique, il faut toujours penser au 15, au 17 ou au 112.

Mais que les faits soient anciens ou récents, il faut en parler à une personne de confiance, à un professionnel, à une association. Le 3919 est à votre disposition. Signalez les faits à la gendarmerie ou la police.

Que faire en cas de harcèlement sexuel ?

Le harcèlement sexuel est une violence fondée sur des rapports de domination et d'intimidation (lieu de travail, milieu sportif, universitaire, démarches pour louer un appartement...). Cette violence porte atteinte aux droits fondamentaux (la dignité, l'intégrité physique et psychique).

Le harcèlement sexuel est un délit. Il est défini comme le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui sont humiliants, hostiles, offensants. Les peines vont de deux à trois ans de prison et des amendes de 30.000 à 45.000 euros.

En cas de harcèlement sexuel, la victime doit présenter des faits permettant de présumer de l'existence d'un harcèlement sexuel. Il est conseillé de conserver les courriels ou SMS comme preuves. Dans une entreprise, toute organisation syndicale peut engager une action en justice. Là encore, le 3919 est à votre disposition.

Comment réagir en cas de violences au sein du couple ?

Les violences au sein du couple se définissent comme des situations où les faits de violences (agressions physiques, sexuelles, verbales, psychologiques, économiques) sont à la fois récurrents, souvent cumulatifs, s'aggravent et s'accélèrent et sont dans un rapport de force asymétrique et figé. C'est très différent des disputes ou conflits conjugaux, où deux points de vue s'opposent dans un rapport d'égalité.

Dans les violences, il y a un rapport de domination et de prise de pouvoir de l'auteur sur la victime. Par ses propos, l'auteur veut contrôler et détruire sa partenaire, cela crée un climat de peur et de tension permanent. Bien souvent les violences débutent à la première grossesse. La femme est dénigrée, elle est isolée, elle est contrôlée... Coupée du monde, la femme finit par penser que son conjoint a raison quand il la rabaisse.

Dans cette situation, réagir est aussi plus compliqué. Il ne s'agit pas seulement de porter plainte, il faut aussi quitter son bourreau. Lorsque la femme prend conscience de sa souffrance, il faut parler. Téléphoner au 3919, au 17 ou 112. Pensez à scanner les papiers d'identité et mettez-les sur une boîte mail inconnue du conjoint, conservez sur cette boîte mail les courriels qui peuvent servir à prouver les violences... En cas de violences physiques, consultez un médecin, et déposez plainte à la gendarmerie. Cela peut être fait par la victime, un témoin ou une personne ayant connaissance des violences.

La victime peut quitter le domicile volontairement, les violences au sein du couple le justifient. Là encore, n'hésitez pas à contacter le 3919, le 17, le 15, le 112.

Que se passe-t-il dans l'espace public ?

L'espace public, ce n'est pas seulement la rue, mais aussi les grands magasins, les clubs de sport, les restaurants, les discothèques, la plage, les jardins publics, les transports en commun. 20% des femmes ont subi au cours de l'année une forme de violence dans l'espace public. La moitié de ces agressions sont des insultes virulentes, blessantes. 80% de ces insultes sont le fait d'hommes avec des propos sexistes y compris sous la forme de "compliments".

Se faire suivre est le deuxième risque majeur pour les femmes dans l'espace public. Une femme sur vingt a subi une présence non souhaitée, un itinéraire forcé, une menace implicite que représente une filature. Le fait d'être suivie représente une forte pression psychologique car cela est interprété comme la première étape d'autres violences à venir, y compris très graves (agressions, vols, viols).

Les risques les plus encourus par les femmes sont un ensemble de brimades, de menaces qui accompagnent leurs mouvements. Les hommes avec leurs insultes, le fait de suivre les femmes ou de s'exhiber intimident les femmes, cela suffit à limiter la liberté des femmes dans leurs déplacements et leur appropriation des lieux publics. Les mots manquent souvent pour désigner les faits. Conséquence mineure, mais significative : nombre de femmes ne choisissent plus leur tenue, elles sont contraintes de porter des pantalons, par exemple, pour éviter des remarques.

Dans tous les cas, il ne faut pas hésiter à appeler les numéros (3919, le 17, le 15, le 112). La SNCF a d'ailleurs mis en place un numéro vert le 3117, et on peut signaler une situation par SMS au 31 177.

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