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Décès du deuxième patient porteur d'un coeur artificiel Carmat®

Le deuxième patient greffé avec un coeur artificiel autonome Carmat® est décédé le 2 mai 2015 à la suite d'une "dérive fonctionnelle de la prothèse", a expliqué l'entreprise dans un communiqué, précisant qu'il s'agissait d'un "défaut des moteurs". Ce nouveau décès ne devrait pas remettre en cause la suite de l'expérimentation de cette prothèse.

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Entretien avec Patrick Coulombier, directeur adjoint de Carmat

"La société reste résolument confiante dans la capacité de la prothèse et renouvelle l'engagement total de ses équipes en ce sens", a déclaré Marcello Conviti, directeur général de Carmat dans un communiqué.

Le premier patient ayant reçu un coeur Carmat à Paris en décembre 2013, Claude Dany, 76 ans, avait succombé 74 jours après l'opération, sa prothèse ayant cessé brutalement de fonctionner. Aucune raison précise n'avait alors été avancée par la société.

Dans le cadre de cette première phase d'expérimentation du coeur artificiel autonome, un troisième patient a d'ailleurs reçu une prothèse cardiaque, le 8 avril à Paris.

Cette phase d'essais cliniques prévoit d'équiper un total de quatre patients avec ce dispositif médical, et vise notamment à évaluer la survie à 30 jours de ces malades, tous en phase terminale en raison de leur maladie cardiaque.

"Dérive fonctionnelle de la prothèse"

Agé de 69 ans, le patient décédé samedi avait reçu sa prothèse au CHU de Nantes le 5 août 2014 et menait depuis une vie "quasi-normale auprès des siens" en Loire-Atlantique, selon le fabricant du dispositif. Mais ce 1er mai, il a dû être hospitalisé à Nantes "à la suite d'une insuffisance circulatoire". L'équipe médicale a alors constaté "une dérive fonctionnelle de la prothèse" et décidé le lendemain de lui en implanter une nouvelle.

"L'opération a été menée à son terme et la circulation sanguine a été rétablie. Malgré les efforts réalisés, des complications [...] post-opératoires se sont installées, et le patient est décédé samedi 2 mai en fin d'après-midi", selon l'entreprise.

Carmat précise qu'elle "mène actuellement l'analyse des données de la prothèse [...] afin d'identifier les causes possibles du décès et d'assurer des conditions de sécurité maximale pour le troisième patient implanté".

Pour l'instant, "les premières données de la prothèse montrent que son fonctionnement s’est dégradé du fait d’un défaut de pilotage des moteurs conduisant à une diminution du volume de sang éjecté dans l’organisme" précise l'entreprise, qui attend d'autres données de télémesure pour une analyse plus poussée du dysfonctionnement.

Il y a une semaine, le patient se portait "très bien"

La semaine passée, le chirurgien qui avait opéré le patient nantais, le professeur Daniel Duveau, assurait qu'il se portait "très bien". "Il a été réhospitalisé, ce qui est normal, il a des visites de contrôle toutes les semaines", expliquait le chirurgien.

Dans une interview au Journal du dimanche début avril, ce patient, qui souhaitait rester anonyme, confiait "avoir tout à fait récupéré" et repris ses habitudes "d'autrefois".

Il avait pu rentrer chez lui en janvier grâce à un système portable d'alimentation électrique de son coeur artificiel qui lui permettait d'être autonome au point d'aller au restaurant, voir ses amis et même de faire un peu de vélo sur route.

"Quasiment depuis le début, je n'ai pas l'impression de porter quelque chose d'étranger. Ce coeur, c'est moi. Il est devenu moi", assurait-il au JDD.

D'autres prothèses cardiaques ont déjà été implantées dans le passé dans le monde. Mais le coeur Carmat® est conçu pour remplacer de manière permanente le coeur défaillant et pas seulement faire patienter un malade en attente d'une greffe, selon son concepteur le Pr Alain Carpentier. Il présente également la particularité novatrice d'être recouvert à l'intérieur de "biomatériaux" tirés de tissus animaux afin d'éviter d'avoir à donner au malade des anticoagulants pour empêcher la formation de caillots.

Dans ses résultats annuels 2014 mis en ligne au début de l'année, la société Carmat indiquait que son objectif pour 2015 était de finaliser la première phase d'essais et d'entamer la deuxième qui prévoit d'implanter la prothèse chez 20 à 25 patients en France et/ou à l'étranger. Cette phase portera également sur des critères qualitatifs, comme la qualité de vie et le confort des patients, avant une homologation et une commercialisation de l'appareil dans l'Union européenne.

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