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Cryothérapie : des bénéfices non prouvés mais des risques réels

La technique de cryothérapie n’apporte que des bienfaits "modestes" et comporte des risques pour la santé, selon un rapport de l’Inserm qui déplore le manque d’études sérieuses sur cette pratique.

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Cryothérapie : des bénéfices non prouvés mais des risques réels
Cryothérapie : des bénéfices non prouvés mais des risques réels

Des bénéfices "modestes" mais des risques bien réels. Dans un rapport publié le 4 septembre 2019, l’Inserm alerte sur les dangers de la cryothérapie, une technique qui consiste à exposer le corps - avec ou sans la tête - à un froid intense (au moins -110°C) pendant deux à trois minutes. Initialement, cette technique était surtout réservée aux sportifs de haut niveau mais elle est désormais largement proposée pour soulager des douleurs liées à des maladies inflammatoires ou neurologiques.

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Sclérose en plaque, psoriasis, rhumatismes...

L’Inserm a analysé les études scientifiques parues sur la cryothérapie. Premier constat : ces études sont rares et de "faible qualité", déplore l’Inserm. Mais l’institut note tout de même que la cryothérapie comme soin de support est indiquée depuis 2006 pour traiter les douleurs et des inflammations liées à des rhumatismes articulaires et inflammatoires, des scléroses en plaques, des psoriasis, des névrodermites ou encore des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.

Cependant, "les explications concernant les mécanismes biologiques en jeu ne sont 'pas suffisantes' " selon l’Inserm qui reconnaît qu’en l’état actuel des connaissances, "il est difficile de se prononcer sur l’efficacité de la cryothérapie corps entier", qu’"il est possible qu’à court terme cette prise en charge ait un certain effet" et qu’il est "vraisemblable que cet effet soit au mieux modeste, surtout à distance de l’intervention".

Pour démontrer l’efficacité de ce procédé, l’Inserm attend des études scientifiques sérieuses. En attendant, l’organisme explique les bienfaits observés par l’effet antalgique évident du froid et le caractère naturel, non chimique, de l’exposition à des basses températures. "Cette croyance peut d’ailleurs participer à l’effet thérapeutique,  et pourquoi pas" note l’institut.

Ni encadrement ni réglementation

En parallèle, le rapport pointe un problème de sécurité avec des effets secondaires bien réels comme des brûlures au premier ou au deuxième degré, des maux de tête et des urticaires chroniques au froid.

Autre risque pointé par l’Inserm : attribuer à cette technique des effets sanitaires bien supérieurs à ce qu’ils sont. "La cryothérapie ne peut en aucune façon revendiquer de traiter efficacement des cancers ou d’autres pathologies somatiques sévères" souligne en particulier l’institut. D’autant que la technique de cryothérapie ne possède pas d’encadrement légal et qu’en France, "aucune réglementation ne restreint actuellement l’exploitation de cabines de cryothérapie corps entier à une profession donnée".

"On tâtonne"

Dans son numéro de septembre 2019, le magazine Que Choisir alerte également sur les risques et le manque d’encadrement de la cryothérapie. Interrogé par le magazine, Jean-Robert Filliard, adjoint au chef du service médical et docteur en sciences du sport se dit enthousiaste sur ses bienfaits mais reconnaît un besoin d’études scientifiques sur le sujet :"Quant aux aspects pratiques – la durée, la température et la fréquence idéales des séances –, on tâtonne, on est au début d’un travail de validation" confie-t-il à Que Choisir.

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