L'Assurance maladie espère économiser près de 2 milliards d'euros en 2018

L'Assurance maladie ambitionne de réaliser une économie de près de 2 milliards d'euros en 2018, selon un rapport annuel de l'organisme de Sécurité sociale.

La rédaction d'AlloDocteurs
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En prévision du projet de budget de la Sécu pour 2018, attendu à l'automne, l'Assurance maladie a détaillé dans son rapport annuel "Charges et produits" ses pistes pour contribuer à l'effort de limitation des dépenses de santé.

Sans attendre les objectifs du nouveau gouvernement, elle utilisera ses propres "leviers" pour atteindre "environ 1,94 milliard d'euros" d'économies en 2018. Ce montant n'inclut pas le résultat des négociations sur les prix des médicaments dans le cadre du comité économique des produits de santé (CEPS) ni certaines actions de la sphère hospitalière (achats, limitation de la masse salariale, etc). Mais il recouvre diverses orientations déjà en oeuvre, telles que le virage ambulatoire (moins d'hospitalisations, plus de soins en ville) et des prises en charges plus "adéquates" en établissement, à hauteur de 470 millions d'euros.

Les plus fortes économies (750 millions d'euros) sont attendues sur le poste des médicaments grâce à de meilleures prescriptions ou à la promotion des génériques et biosimilaires. "Pertinence et bon usage des soins" doivent eux générer quelque 510 millions d'euros, dont 160 pour la limitation des dépenses de transports, 100 en matière d'indemnités journalières (arrêts maladie), en prévenant par exemple la désinsertion professionnelle et en accompagnant les médecins dans leur pratique. Enfin, 210 millions d'euros sont attendus de "la lutte contre la fraude et les abus".

L'année passée, l'Assurance maladie s'était fixé l'objectif d'1,4 milliards d'euros d'économies en 2017, sans inclure dans ses calculs les dépenses évitées grâce à la détection des fraudes, de 244 millions d'euros en 2016.

La Cour des comptes optimiste

Le candidat Emmanuel Macron avait promis 15 milliards d'euros d'économies en santé sur le quinquennat en limitant l'augmentation naturelle des dépenses - liée notamment au vieillissement de la population et à l'augmentation des maladies chroniques - à 2,3% par an en moyenne. 

Cet objectif national des dépenses d'assurance maladie (ondam) avait été fixé à 1,8% en 2016. Relevé à 2,1% pour 2017, il "semble pouvoir être respecté", estime ce 29 juin la Cour des comptes dans son audit des finances publiques. Sans l'ondam, l'augmentation avoisinerait 4%. 

Le plan triennal 2015-2017 du précédent gouvernement devait permettre d'économiser plus de 10 milliards au total. 

"Adapter l'offre de soins"

Il faudra poursuivre les efforts, mais aussi adapter "l'offre de soins" pour répondre aux nouveaux enjeux, prévient l'Assurance maladie. Elle considère que la France regorge d'initiatives innovantes sur le terrain, mais peine à les diffuser à "grande échelle", notamment en raison de financements éclatés et non pérennes ou d'évaluations trop rares. Les expérimentations nationales se heurteraient quant à elles à une "lourdeur de mise en oeuvre". 

En témoignerait la lenteur du développement de la télémédecine ou encore des hôtels hospitaliers. Ces structures d'hébergement devant servir de sas avec le domicile de certains patients ont fait l'objet d'un article dans le budget de la sécu 2015 et d'un appel à projet en... 2017.

L'Assurance maladie propose donc de créer "un dispositif national d'appui aux innovations organisationnelles" avec un fonds dédié, "un cadre juridique générique", un accompagnement et un système d'évaluation spécifiques pour accélérer leur diffusion. Elle-même porteuse d'expérimentations, elle suggère d'ailleurs de tester dans des "régions pilote" un nouveau mode de paiement forfaitaire pour la prothèse totale de hanche incitant les établissements à améliorer leurs pratiques pour réduire les complications et favoriser la coopération entre la ville et l'hôpital. Ce mode de financement forfaitaire pourrait s'étendre à d'autres interventions. 

Autre enjeu toujours d'actualité, les prix exorbitants des médicaments innovants et notamment des anticancéreux, dont les modalités de fixation doivent être revues, plaide l'Assurance maladie.

avec AFP