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Vaccin : la minorité des soignants non vaccinés pourrait mettre les hôpitaux en difficulté selon les syndicats

Les soignants doivent présenter un certificat d’injection de première dose à partir de ce 15 septembre. Ils auront jusqu’au 15 octobre pour recevoir la deuxième, sous peine de suspension de contrat.

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Plus de 91,7% des professionnels de santé vaccinés fin mai, selon Santé Publique France. Pour obtenir des chiffres plus récents, il faut encore attendre les remontées de tous les établissements de santé. 

Mais selon Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI), ce chiffre a dû augmenter depuis. "On table sur 1% du personnel des hôpitaux qui pourrait être suspendu, estime-t-il. On se rendra mieux compte dans quelques jours, quand les structures auront fait leur recensement."

Un chiffre confirmé par Nathalie Depoire, ancienne présidente de Coordination Nationale Infirmière (CNI) et présidente de la section locale de ce syndicat dans le Territoire de Belfort. Dans son hôpital, 98% des soignants sont vaccinés. 

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Pénaliser les soignants qui restent

Toutefois, Mme Depoire assure que si ce chiffre paraît rassurant, la situation reste tout de même inquiétante. "On est tellement à flux tendu et le recrutement est si difficile qu’aujourd’hui, une seule absence d’infirmière ou d’aide-soignante est compliquée à gérer. On n’avait pas besoin de se retrouver avec des soignants suspendus", explique-t-elle. 

Les postes qui ne pourront pas être remplacés risquent d’augmenter la charge de travail des autres soignants, expliquent ces deux représentants. "Pour les soignants qui restent, indépendamment de l’obligation, on en demande toujours plus", décrit Mme Depoire. 

Risque de spirale infernale de démissions

Durant l’épidémie, le système de santé a été mis à rude épreuve et les soignants n’ont pas été épargnés. "On a déjà de grosses difficultés pour rouvrir les lits fermés pendant l’été. Entre deux pics d’épidémie, il y a eu des surcharges d’activité pour rattraper le retard, donc beaucoup d’infirmiers sont partis", regrette Thierry Amouroux. 

En outre, les vagues de Covid successives sont arrivées dans des hôpitaux où les soignants dénonçaient déjà leurs conditions de travail. "Il faudrait une vraie stratégie pour améliorer la qualité de vie au travail, demande Nathalie Depoire. On en parle, on l’écrit, mais quand est-ce qu’on le fait ?  On tire sur la corde et c’est dangereux", conclut Nathalie Depoire.