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La réalité virtuelle pour changer de regard sur la schizophrénie

Une expérience baptisée "Schizolab" permet de se mettre dans la peau d’un patient schizophrène et ainsi de mieux comprendre les émotions qui le traversent.

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Equipée d'un casque et d'écouteurs, la mère d'un patient vit une expérience bouleversante.

Comment comprendre ce que ressent vraiment un proche atteint de schizophrénie ? La solution viendra peut-être de la technologie. Une expérience de réalité virtuelle à visée pédagogique existe désormais pour permettre à une personne saine de se mettre à la place d’un malade atteint de cette pathologie mal connue. Une façon d’aider les proches à mieux comprendre le comportement des malades.

Cette expérience, baptisée "Shizolab", est le fruit d’un partenariat entre le laboratoire pharmaceutique Janssen, le psychiatre rennais David Travers et l’Union Nationale de Familles et d’Amis de personnes Malades psychiques (UNAFAM).

Un brouhaha déstabilisant

Un simple casque de réalité virtuelle permet de se mettre dans la peau d’un schizophrène. C’est ce qu’a fait Claire Bennoun. Son fils Florent, âgé de 20 ans, souffre de schizophrénie depuis l’âge de 16 ans. Casque sur la tête, écouteurs fixés sur les oreilles, elle se retrouve à la place de Marie, une jeune femme schizophrène qui ne prend pas régulièrement son traitement. Alors qu’elle converse avec un ami, son univers est comme parasité par des voix et des ombres. Un brouhaha qui devient petit à petit incompréhensible.

Une fois l’expérience terminée, Claire Bennoun réalise : " Honnêtement ça m’a fatiguée, (…) On ne peut pas se retrouver dans tout cela. Ça me fait de la peine par rapport à mon fils, au moment où il me parlait, je ne savais pas ce qu’il évoquait, si c’était ça, c’est horrible", s’exclame-t-elle. Aujourd’hui, son fils vit seul et travaille sans problème, grâce à son traitement. Mais elle se souvient combien il a été difficle de visualiser ce qu'il vivait au début des crises. "C’est assez déstabilisant d’avoir une personne en face de nous et de ne pas comprendre, ressentir ce qu’il ressent. C’est une souffrance même", témoigne-t-elle.

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Destiné à être utilisé auprès des proches des patients mais aussi lors d’évènements consacrés aux maladies mentales, cet outil pédagogique ne propose qu’un seul scénario.  Selon le professeur Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Albert-Chenevier (APHP) dans le Val-de-Marne, il ne doit pas être utilisé sans précaution.

Une expérience qui doit être expliquée

"Je pense que l’outil est pertinent ne serait-ce que parce qu’il y a des images mais il faut amener les choses en disant que c’est une représentation simplifiée un peu caricaturale qui n’est jamais exactement la réalité mais qui donne une idée… Ensuite, il faut que ce soit entouré ou encadré dans une relation avec un soignant, une thérapeute et puis un soignant qui va expliquer les choses et qui va permettre de rebondir sur ce qui a été vu et de l’expliquer" suggère-t-il.

Répondre aux interrogations et combattre les idées reçues sont effectivement les objectifs de cette expérience. Un premier pas vers une meilleure intégration des 600 000 personnes souffrant de schizophrénie en France.

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