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Rhume : attention à l’automédication !

En vente libre, les médicaments décongestionnants contre le rhume présentent des risques grave d’AVC, d’infarctus ou de convulsions. Pourtant, en général, les rhumes guérissent spontanément en sept à dix jours, avec ou sans traitement.

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Rhume : attention à l’automédication !
Image d'illustration. Crédits Photo : Creative Commons / Randalfino

Actifed Rhume, Humex rhume, Nurofen rhume, Dolirhume Paracétamol et pseudoéphédrine, Rhinadvil… L'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les Académies de médecine et de pharmacie, 60 Millions de consommateurs et la revue Prescrire lancent tous l’alerte sur ces médicaments vasoconstricteurs. Ils sont en effet largement utilisés en cas de rhume pour soulager des symptômes comme la sensation de nez bouché, mais comportent des risques importants.

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307 cas graves en six ans

Délivrés sur prescription sous forme nasale, ils sont disponibles sans ordonnance sous forme de comprimés. Pourtant, ces médicaments présentent des risques "rares mais graves" d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’infarctus du myocarde, de convulsions, de tension artérielle élevée ou encore de réactions cutanées graves.
Ainsi, en six ans (2012-2018) 307 cas graves ont été signalés dont cinq décès, et 25 AVC, selon la pharmacovigilance qui assure la surveillance des médicaments auprès de l'ANSM.

A ces nombreuses mises en garde émises ces dernières années, l'agence du médicament ajoute à présent "une alerte concernant le risque possible d'altération soudaine de la vue".
Elle souligne aussi, à l'aide du logo femme enceinte, le "danger" de prendre ces médicaments pendant la grossesse en raison des risques pour l'enfant à naître. Ces médicaments sont aussi "strictement interdits pendant l'allaitement", rappelle l’ANSM.

Jamais plus de cinq jours

Les consignes pour la prise de ces médicaments sont claires : ils ne doivent pas être pris plus de cinq jours d'affilée mais il faut aussi les arrêter et consulter si les symptômes persistent ou s'aggravent. La recherche de virus covid et grippal peut aussi s'imposer selon les cas.

Il faut ensuite connaître les contre-indications de ces produits : moins de 15 ans, antécédents ou facteur de risque d'AVC, hypertension artérielle ou insuffisance coronarienne sévères, glaucome, certains problèmes de prostate et association avec d'autres décongestionnants du nez par voie orale ou nasale.

Risque de surdosage

Autre alerte : un vasoconstricteur est souvent associé à un anti-douleur (paracétamol, ibuprofène) ou à un antihistaminique (cétirizine) pour les rhinites allergiques. Aussi faut-il éviter de prendre d'autres médicaments contenant ces mêmes molécules, pour éviter des surdosages dangereux, par exemple de paracétamol.

Préférer le lavage du nez et l’hydratation

Pour insister sur ces consignes, l’agence du médicament a actualisé un document d’information remis aux patients par les pharmaciens. Les usagers y retrouveront la liste des onze médicaments visés ainsi que les conseils à appliquer en cas de rhume : se laver le nez avec du sérum physiologique ou des sprays d'eau thermale ou de mer, dormir la tête surélevée, boire suffisamment, aérer les pièces... mais aussi faire preuve de patience. Car en général, les rhumes guérissent spontanément en sept à dix jours, avec ou sans traitement.

Corticoïdes et antibiotiques également visés

De leur côté, les Académies de médecine et de pharmacie préconisent de "limiter l'usage de la corticothérapie, le plus souvent inadaptée, ainsi que l'usage des vasoconstricteurs en raison de leurs effets indésirables, en suggérant qu'ils ne soient délivrés que sur prescription médicale".

Également dans leur viseur, la consommation d'antibiotiques prescrits d'emblée, pour des infections virales le plus souvent et en l'absence de signes d'infection bactérienne comme une fièvre supérieure à 39°C et un écoulement nasal purulent.

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