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Maladie de Lyme : une plainte pénale incrimine la fiabilité des tests de dépistage

Une femme atteinte de la maladie de Lyme, infection transmise par les tiques, a déposé plainte à Paris pour "tromperie aggravée" en mettant en cause notamment "la fiabilité des tests de diagnostic pratiqués en France", a indiqué ce 3 février son avocat, confirmant une information du Parisien.

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Maladie de Lyme : une plainte pénale incrimine la fiabilité des tests de dépistage

Dans cette plainte, cette mère de famille, résidant dans le Cantal, dénonce "le manque de fiabilité" de certaines marques de tests de diagnostic, ce qui a eu pour effet de "retarder la prise en charge de sa maladie", a expliqué à l'AFP son avocat, Me Philippe Meilhac.

En France, 27.000 nouveaux cas de Lyme, une maladie transmise par les tiques, sont recensés chaque année. Mais selon l'association "Lyme sans frontières", ce chiffre serait sous-estimé à cause d'un défaut de détection. À l’inverse, plusieurs infectiologues et représentants de l’Académie de médecine s’inquiètent aujourd’hui d’un risque de surdiagnostic : "c'est souvent une mauvaise réponse donnée à des patients qui souffrent et souhaitent que leurs plaintes soient entendues et suivies d'effet", déclarait ainsi en septembre le Pr François Bricaire.

La plaignante, qui met en cause "le défaut d'information" des fabricants et des autorités sanitaires, s'interroge sur le maintien de ces tests, en dépit de réserves sur leur performance – notamment émises par un avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) en 2014.

"Faire passer son dossier médical pour celui d’un chien"

En France, deux méthodes de détection, par sérologies, sont appliquées selon des recommandations officielles de 2006 : un premier test baptisé Elisa et un test de confirmation, Western Blot. La plaignante, qui "souffrait d'un mal inconnu depuis des mois", avait réalisé ces tests qui s'étaient révélés négatifs, selon l'avocat, qui a déposé plainte au pôle santé publique du parquet de Paris.

"Après une quantité d'autres d'examens", elle avait finalement découvert à l'automne dernier sa maladie en faisant passer son dossier médical pour celui d'un chien auprès d'un laboratoire vétérinaire. Son cas avait alors pu être détecté par le PCR, une méthode alternative par extraction de l'ADN de la bactérie de la maladie de Lyme, la Borrelia.

Une action en responsabilité civile initiée à l’automne

Cette démarche vient s'ajouter à une action en responsabilité civile initiée en octobre par deux avocats, Catherine Faivre et Julien Fouray, devant les tribunaux de grande instance de Paris et Nanterre. Cent trente personnes ont déjà assigné cinq laboratoires en réparation des préjudices "liés au retard de diagnostic et à l'aggravation des symptômes", selon Me Julien Fouray. Soixante autres personnes devraient prochainement se joindre à la procédure, selon lui. 

Fin septembre, le gouvernement a annoncé "un plan national" pour améliorer la prise en charge de cette maladie, avec notamment la révision, d'ici le printemps, du protocole officiel de diagnostic et de soins.

avec AFP

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