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Les autotests du sida disponibles en pharmacie

Ils sont enfin arrivés ! Les autotests VIH®, qui permettent en quelques minutes et sans ordonnance de dépister le virus du sida, sont disponibles à partir d'aujourd'hui en pharmacie. Des milliers de personnes devraient y avoir recours.

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80.000 autotests seront distribués dans toute la France à partir d'aujourd'hui

Après avoir été annoncés pour 2014, puis pour juin 2015, les autotests VIH® sont bel et bien arrivés dans les officines françaises. Présentés le 14 septembre par Marisol Touraine, ils sont vendus sans ordonnance entre 25 et 30 euros. L'autotest VIH, conçu par la société française AAZ, se présente sous la forme d'un kit permettant de détecter dans le sang les anticorps produits après une infection par VIH.

Autotest, mode d'emploi

Le test doit être fait au moins trois mois après le rapport à risque. Avant ce délai, le résultat peut être un faux négatif. Après l'avoir désinfecté avec la lingette fournie, l'utilisateur pique le bout de son doigt à l'aide d'une aiguille. Il prélève ensuite une goutte de sang, grâce à l'embout du test, qu'il place sur le support, qui détecte et révèle la présence d'anticorps du VIH. Les résultats apparaissent au bout de 15 à 30 minutes : une barre si c'est négatif, deux si c'est positif. En cas de résultat positif, il est important de contacter rapidement son médecin ou la plateforme Sida Info Service au 0 800 840 800.

Le test peut être réalisé par tout individu, y compris mineur, à la maison par exemple, à partir d'une goutte de sang. Il fournit une réponse en 15 à 30 minutes. Cependant, le kit est seulement valable pour le sida et ne permet pas de dépister les autres infections sexuellement transmissibles ou les hépatites virales. Les utilisateurs ne doivent donc pas laisser de côté les autres dépistages, qui peuvent être effectués dans des centres de dépistages anonymes et gratuits, par exemple.

30.000 séropositifs qui s'ignorent

Le lancement de l'autotest répond à une demande récurrente des associations de lutte contre le sida depuis plusieurs années. "Il y a dans notre pays environ 30.000 personnes qui sont porteuses du VIH sans le savoir. Nous avons besoin de trouver de nouvelles manières de favoriser, de faciliter les dépistages", a expliqué la ministre de la Santé.

Tout résultat positif devra être confirmé par une prise de sang. Car ce test n'est pas un diagnostic intégral, mais bien un dépistage. "Les autotests s’ajoutent à l’offre de dépistage existante et ne doivent pas la remplacer", rappelle la Haute Autorité de Santé (HAS). L'autotest VIH est donc un complément d'offre et "permettra peut-être d'augmenter le nombre de personnes traitées à un stade précoce", espère la HAS. En France, 150.000 personnes sont séropositives, et 8.000 sont contaminées chaque année.

"Si nous parvenons à dépister et accompagner dans le soin toute personne séropositive, l'épidémie de sida s'éteindra en quelques années" espère le président de l'association Aides, interrogé par l'AFP. La France est le troisième pays à adopter ces tests après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

28 euros : un prix qui a du mal à passer ?

Le prix de vente de l'autotest VIH® serait un frein à son utilisation, selon plusieurs associations de lutte contre le Sida. "28 euros, c’est trop! " s'indigne Jean-Luc Romero, président de l'association Elus Locaux Contre le Sida, dans un communiqué. Des propos confirmés par Jérôme André, directeur de l'association HF Prévention. Selon lui ce prix freinerait une diffusion plus vaste chez les jeunes ou encore les migrants, d'autant plus que l'autotest n'est pas remboursé par la Sécu.

Face aux mécontentements, le ministère de la Santé assure qu'à terme l'autotest pourra être distribué gratuitement par des associations, "afin que les personnes les plus à risque, mais surtout les plus éloignées du dépistage, en bénéficient en priorité" ajoute-t-il.

Avec AFP

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