1. / Maladies
  2. / Maladies infectieuses et tropicales
  3. / Coronavirus

Covid-19 : une famille endeuillée dépose plainte

Le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête préliminaire sur la gestion de la crise sanitaire, après avoir reçu une quarantaine de plaintes, notamment de familles endeuillées. Nous avons recueilli le témoignage de l’une d’elles.  

Rédigé le

Covid-19 : une famille endeuillée dépose plainte

A 88 ans, Isidore, le père de Clara Bouaziz, est décédé des suites du Covid-19 le 6 avril dernier. Tout a commencé fin mars. Le virus touche alors toute la famille. “Tout le monde était malade chez moi : mon frère, ma mère, mon père. Ça a été la panique à bord. J’appelais mon frère qui me disait que le médecin allait venir. Le médecin n’est jamais venu...” 

La famille appelle finalement le SAMU. La mère de Clara, 85 ans, est transférée rapidement à l’hôpital et mise sous oxygène. Son père, également contaminé, est dans un premier temps laissé à son domicile. Puis finalement transféré à l’hôpital mais trop tard. “Ils l’ont pris mais les poumons étaient brûlés. On m’a dit ‘on va l’accompagner’…. Il est parti, il était quand même conscient, il avait bon espoir d’être soigné. Moi-même, je ne savais pas qu’il était mal à ce point-là.”  

Arrivé trop tard à l’hôpital  

Son père décède à l’hôpital trois jours plus tard. Clara est aujourd’hui effondrée et submergée par la colère et l’incompréhension. “Pourquoi n’avons-nous pas eu de masque ? Pourquoi n’avons-nous pas eu de gel ? Pourquoi n’avons-nous pas eu de test ? Pourquoi n’avons-nous pas envoyé les gens aux premiers signes ? Le message actuel est le bon. Aux premiers signes, vous appelez votre médecin, au premier signe on vous teste. Sauf que nous, nous n’avions rien : ni masque, ni test, ni gel, ni thermomètre... Rien.” 

Pour Clara, l’Etat a failli dans la gestion de cette crise sanitaire. Elle souhaite que justice soit rendue et a donc décidé de déposer deux plaintes. La première auprès de la Cour de Justice de la République, contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran. La seconde contre X, auprès du Parquet de Paris. Avec cette procédure pénale, Clara et son avocat Me Fabrice Di Vizio portent des accusations d’homicide involontaire et d’abstention volontaire de prise de mesure propre à combattre l’épidémie.  

La reconnaissance d’un statut de victime 

Me Di Vizio explique : “ce qu’on attend d’abord, c’est la reconnaissance d’un statut de victime. C’est fondamental de bien prendre en compte le fait que celui qui dépose plainte c’est d’abord parce qu’il se sent victime. Mais, la deuxième chose, c’est qu’on attend d’une plainte pénale que soit mis au jour une éventuelle culpabilité de l’un ou l’autre des membres du gouvernement ou de l’administration. Et que si tel est le cas, qu’il soit puni au terme d’un procès, au besoin par des peines d’emprisonnement.” 

Prochaine étape dans cette procédure qui s’annonce longue et compliquée : la saisie, ou non, d’un juge d’instruction.