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Lymphoedème, le syndrome du « gros bras »

Un bras qui gonfle et qui peut atteindre jusqu'à 20 cm de différence avec l'autre bras... C'est le syndrome du "gros bras", appelé communément le lymphoedème secondaire du membre supérieur. Secondaire car il s'agit d'une complication de la chirurgie du cancer du sein.

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Lymphoedème, le syndrome du « gros bras »
Lymphoedème, le syndrome du « gros bras »
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Une altération du système lymphatique

Le lymphoedème expliqué par Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes

Un bras qui gonfle et qui peut atteindre jusqu'à 20 cm de différence avec l'autre bras... C'est le syndrome du "gros bras", appelé communément le lymphoedème secondaire du membre supérieur. Secondaire car il s'agit d'une complication de la chirurgie du cancer du sein. Il touche 15 à 20% des femmes traitées pour ce cancer.

Comment un traitement peut provoquer ce genre de complication ? Dans le traitement des cancers du sein, en fonction du stade, il faut non seulement retirer la tumeur, parfois même le sein entier, mais il faut aussi parfois intervenir sur les ganglions présents au niveau de l'aisselle pour vérifier qu'ils ne sont pas atteints par des métastases. Les médecins peuvent donc être amenés à retirer ces ganglions. Or, ce geste, éventuellement suivi d'une radiothérapie, perturbe le système lymphatique.

Les vaisseaux lymphatiques sont parallèles aux veines et transportent la lymphe. Le rôle du système lymphatique est notamment de drainer les excès de liquide des tissus et de transporter les globules blancs. Quand on retire des ganglions, on provoque une sorte de problème de plomberie, le débit est trop important pour les tuyaux restants. Résultat, la lymphe ne peut plus s'écouler normalement et stagne dans les tissus sous-cutanés.

Ce phénomène fait grossir le bras. Mais cette lymphe est un liquide pernicieux, car il contient des protéines qui activent les fibroblastes, les cellules qui produisent la peau. Du coup, la peau se fibrose, c'est-à-dire qu'elle s'épaissit sur l'ensemble du bras et des tissus adipeux peuvent aussi apparaître à l'intérieur du bras. Le lymphoedème peut se manifester quelques semaines après la chirurgie ou des mois, voire des années plus tard.

Une meilleure prise en charge

Les unités de lymphologie prennent en charge les patients atteints du syndrome du gros bras

Il n'existe aucune intervention chirurgicale permettant de guérir le syndrome du "gros bras". Le traitement le plus efficace consiste à faire des bandages du bras, de manière répétée. Les bandages doivent être poursuivis à la maison.

Pour les cas les moins sévères, le port d'un manchon de contention en permanence suffit. Il permet de maintenir le volume du bras. Il s'agit de traitements contraignants qu'il faut poursuivre pendant des années. Les cas les plus graves nécessitent une série de traitements à base de bandages et de massages sur une période de onze jours.

Certaines personnes peuvent développer des lymphoedèmes sans avoir été opérées. Il s'agit dans ce cas de lymphoedème primaire, une maladie chronique qui peut se déclarer très jeune.

Vivre avec le syndrome du « gros bras »

Après un cancer du sein à 36 ans, Raphaëlle a dû affronter une autre maladie, celle de son bras

Pendant longtemps le "gros bras" a été considéré comme un simple effet indésirable. Il fallait d'abord traiter le cancer du sein qui, lui, peut être mortel. Aujourd'hui, le lymphoedème est de mieux en mieux pris en charge car il est considéré comme une véritable pathologie. Notamment par les kinésithérapeutes formés au traitement du "gros bras".

Et contrairement à ce qu'on a pu dire pendant des années, les femmes atteintes d'un lymphoedème peuvent poursuivre une activité physique qui sollicite leur bras. Elle est même conseillée.

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