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VIH, hépatites : y a-t-il réellement moins de personnes infectées ?

Des données publiées par l'agence Santé publique France suggère que le taux de personnes positives aux dépistages du VIH ou des hépatites B et C aurait diminué depuis le début des années 2000. Toutefois, les chercheurs se méfient d’une interprétation trop hâtive de ces chiffres.

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VIH, hépatites : y a-t-il réellement moins de personnes infectées ?
VIH, hépatites : y a-t-il réellement moins de personnes infectées ?

Les Consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) ont été créées en France en 1988. Initialement dévolues au dépistage du VIH, leurs missions ont progressivement inclus celui de l’hépatite C (VHC) et de l’hépatite B (VHB).

Des chercheuses de l’agence Santé publique France, ont analysé l’évolution des activités des CDAG depuis le début de l’année 2001, ainsi que l’évolution des dépistages positifs.

Concernant le taux de séropositivité VIH, elles constatent une diminution progressive entre les périodes 2001-2010 et 2011-2015 (passage de 4,8 pour 1000 dépistages à 3,4 pour 1000). Concernant le VHC, le taux est passé de 11,1‰ en 2001-2005 à 7,5‰ en 2006-2010, le chiffre étant resté stable durant les cinq années suivantes. Le taux de positivité́ du VHB a diminué entre 2006-2010 (8,9‰) et 2011-2015 (7,9‰).

Toutefois, les auteures de l’étude se gardent bien de conclure qu’une baisse des infections est en cours. En effet, durant le temps couvert par l’étude, le nombre de tests de dépistages effectués a considérablement augmenté… et s’est ouvert à des populations qui pourraient être statistiquement moins touchées. Cette hypothèse plausible doit donc être écartée avant de trop vite se réjouir de la baisse du taux de dépistages positifs.

"Les données montrent la nécessité de mieux caractériser les consultations pour adapter les stratégies de dépistage ciblé", précise ainsi leur rapport. Aujourd’hui, "les particularités épidémiologiques des personnes fréquentant [les CDAG] sont renseignées de façon succinctes (âge, sexe)", ce qui rend encore difficile de tirer les conclusions permettant d’adapter les stratégies de dépistage et de définir des actions efficaces de prévention.