Le cannabis
Ch@t du 29 janvier 2013 : le Pr. Michel Reynau et le Dr Amine Benyamina, psychiatres-addictologues ont répondu à vos questions.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Le cannabis est une drogue dite douce extraite d'une plante qui s'appelle le chanvre indien. Même s'il est utilisé en médecine comme médicament, c'est une drogue illicite en France. Son principe actif, substance psychoactive, agit sur le système nerveux central et les effets sont immédiats : détente, bien-être, modification des perceptions, euphorie…
Sa consommation est en constante augmentation. Les jeunes sont parmi les plus nombreux : 35 % des 15-16 ans ont déjà essayé. Au-delà de 19 ans, ils sont 60 %. Ces chiffres ont triplé en moins de dix ans.
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Les réponses du Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue du 24/11/2010
Excellents avantages de l'arrêt.
Symptômes spécifiques comme irritabilité, agitation, anxiété, pâleur, sueurs...mais variables selon les sujets avec une durée en moyenne de 3 semaines mais bien pris en charge, cela s'attenue rapidement.
Aucune donnée sérieuse.
Lui proposer de rencontrer un tiers externe qui ne va pas le stigmatiser et discuter avec lui de choses sans diaboliser ni banaliser la question principale.
Oui ++++
C'est un facteur déclenchant potentiel surtout si le sujet est vulnérable et a déjà fait des épisodes de ce type auparavant.
Je vous le recommande pour au moins faire une évaluation globale de la question.
Il existe de nombreuses données montrant le contraire. Mais également les patients que l'on peut voir en consultation ou en hospitalisation pour désintoxication.
Il peut avoir un effet sur le maintien de l'érection mais il faut faire un bilan urologique et psychologique au préalable.
La génétique n'explique pas tout.
Il existe de nombreux centres spécialisés en France. Prenez rdv pour une aide.
Non.
A long terme : oui.
Non c'est identique et ces 2 formes sont source de cancer plus élevée que le tabac lui même pourvoyeur de cancer.
Le cannabis n'est pas un médicament. Un antidépresseur bien prescrit n'entraine pas de dépendance.
Non il existe d'autres traitements.
Les herbes chimiques sont aussi toxiques que les résines coupées.
Non c'est variable en fonction des producteurs et de certaines herbes hollandaises.
Les herbes croisées entre elles ou le cannabis synthétique.
Le cannabis entraine à court et long terme des troubles de la concentration, de la mémoire et de l'attention.
Complètement mais avec des manifestations et des conséquences différentes.
Non, c'est une drogue qui n'est pas douce.
Oui.
Oui c'est multiplicatif.
La théorie de l'escalade n'existe pas. C'est une question de vulnérabilité personnelle et environnementale.
Une consommation régulière et quotidienne pendant au moins un an.
Il existe d'autres stratégies pour lutter contre des troubles anxieux.
Oui.
Un arrêt avant une grossesse est toujours bénéfique (vrai pour tous les produits).
La théorie de l'escalade n'existe pas. Il s'agit d'une vulnérabilité personnelle et environnementale.
Ils sont pris en charge par la sécu et la mutuelle à l'hôpital public.
Plus le temps d'arrêt est long, mieux c'est, l'important est de s'arrêter pendant la grossesse au minimum (et se faire aider après).
Peter Tosh disait cela dans une de ses chansons !
Faible poids mais tabac impliqué risque de troubles de l'attention, mémoire, apprentissage...
Il faut se faire aider pour ce stress.
Des études ont pu faire ce lien mais il ne peut pas être généralisé.
Il n'y a pas de lien entre les 2 éléments soulevés GGT c'est un marqueur alcool.
Ce sont ses propriétés pharmacologiques.
Le premier travaille souvent avec le second.
Urines, sang, cheveux.
Oui mais le test urinaire est plus facile à réaliser.
Extrasystoles oui.
Oui.
Aucun des 2 mais au pire une cigarette.
Prenez RDV avec un spécialiste qui vous donnera certaines clés.
L'abstinence est une meilleure cible.
Non, il entraine des troubles de la concentration, de la mémoire et de l'attention.
Oui.
C'est un produit interdit pour le sport. De ce fait, il est sur cette liste.
C'est une idée reçue.
THC +++
Il y a très peu de données sur la nocivité des produits de coupe mais on peut faire l'hypothèse que oui. Une herbe synthétique est aussi nocive cependant.
Il existe des séquelles mineures plus on a fumé longtemps.
Une consommation chronique peut interférer avec l'efficacité de certains anesthésiants.
Il se fixe sur des récepteurs spécifiques que nous avons tous.
Aucune donnée sur ce point.
Il faut prendre en charge le problème dans sa globalité.
C'est un traitement adjuvant
Un récepteur spécifique accueille une molécule spécifique.
Un addictologue connaissant bien la question.
On peut en mourir mais pas d'overdose.
Oui.
D'une métastase de son cancer.
Des études sont en cours et le cannabis est en cause également.
Exactement.
Oui dus à des complications.
Essayez d'autres stratégies stimulant le désir.
Le cannabis peut être surtout source de crises d'angoisse.
Des études sont en cours pour tester ce type d'approche.
4 semaines dans les urines.
Quelqu'un a demandé de quoi est mort Bob Marley, je lui ai répondu avec politesse. Une consommation régulière altère la fertilité avec des difficultés d'implantation embryonnaire, et des risques de fausse couches ou de placenta mal positionné.
Les réponses du Dr Amine Benyamina, psychiatre addictologue du 24/11/2010
Oui, mais ces angoisses sont passagères : le cannabis peut lui même être source d'angoisse dans certains cas sous forme d'attaques de panique.
Il n'est jamais bon de consommer des drogues lorsqu'on est sous des traitements médicamenteux et plus encore sous anti-psychotiques atypiques comme l’aripiprazole.
Oui, cela s'appelle la tolérance et c'est retrouvé avec tous les produits susceptibles d'entraîner une addiction.
Les deux et le risque de devenir dépendant est cumulé entre le cannabis et le tabac. Il arrive qu'à l'arrêt du cannabis on majore la consommation de tabac, il faut donc rester vigilent.
Oui sans difficultés. Si vous ne supportez pas le rispéridone il faut revoir avec votre médecin la dose ou les conditions dans lesquelles vous le prenez.
Le cannabis entraîne forcément des phénomènes paranoïaques, cela n'est pas étonnant.
Le cannabis peut être nuisible à n'importe quelle dose parce que la nuisance d'une drogue est fonction aussi de la personne et de l'environnement dans lequel elle est consommée.
Non.
La dangerosité est un rapport à l'individu, si vous consommez de l'alcool et que vous faites une cirrhose du foie, l'alcool est plus dangereux que le cannabis. Si vous consommez du cannabis et que vous déclenchez une schizophrénie c'est l'inverse sauf que la cirrhose est plus fréquente avec l'alcool que la schizophrénie avec le cannabis.
Oui, jusqu'à maintenant nous connaissions les liens entre troubles bipolaire et alcool, nous découvrons les liens entre troubles bipolaire et cannabis qui sont presque aussi importants.
Il existe aux USA du THC (tétrahydrocannabinol) oral qui constitue une substitution et les résultats sont plutôt prometteurs.
Oui.
Non.
C'est fort possible et même assez fréquent, la dépendance n'est pas forcément liée à la quantité de cannabis consommé... C'est la rencontre entre le cannabis, la biologie et la socio-psychologie de la personne.
L’Escitalopram vous aidera à être moins déprimé mais n'aura pas d'effets sur votre dépendance.
Je ne le pense pas... Je pense que le cannabis thérapeutique doit être débattu.
Il faut faire attention au passage du cannabis dans le lait maternelle.
Je n'ai pas dit cela, j'ai dit que le cannabis à lui seul ne peut pas être responsable des maladies psychiatriques dont on l'accuse mais il y participe dans une part non négligeable. La dangerosité du cannabis nécessite la présence de plusieurs paramètres que j'ai cités dans l'émission.
Pour certains et au début il peut stimuler la libido, à terme c'est l'effet inverse qui apparaît.
On a décrit des cas de maladies de Buerger, c'est une atteinte des vaisseaux mais cela reste à prouver, des études sont en cours.
Oui bien sur !
C'est l'accident psychotique le plus fréquent, c'est en cela que la consommation de cannabis et sa dangerosité ne peuvent être qu'une affaire d'individu et de terrain.
C'est difficile... Dans les structures spécialisées, il y a des entretiens appelés entretiens motivationnels qui permettent d'amener ce type de personne à changer d'avis pour s'engager dans le soin.
C'est se sentir persécuté sans raisons, entendre des voix et y croire… Alors qu’en réalité, tout cela n'est pas vrai.
Il y a dans le cannabis des composants différents du THC (tétrahydrocannabinol) comme le cannabidiol qui lui, a été clairement identifié comme ayant un effet anti psychotique.
Parce qu'il y a un effet de tolérance.
Moins de 10%.
Le cannabis commence par être convivial et quand la dépendance s'installe, l'isolement suit.
C'est l'effet du tabac qui est connu, peu d'effets liés au cannabis lui même.
Oui, la littérature scientifique en parle. Ce sont des exemples dans des pays autres que la France.
Oui bien sur, mais il est important de continuer à voir un psychiatre régulièrement parce que les bouffées délirantes peuvent récidiver. Un traitement anti psychotique doit être donné durant suffisamment longtemps, au moins une année.
Non c'est un composant dans le cannabis appelé cannabidiol qui est anti psychotique. Le THC (tétrahydrocannabinol) qui est un autre composant du cannabis est lui incriminé dans la genèse de la schizophrénie.
Non.
Un médecin addictologue dans une structure dédiée à cela comme les consultations cannabis, en allant sur le site mildt.fr vous aurez des adresses.