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Mourir d’un coeur brisé, c’est possible

Le Tako-Tsubo, ou syndrome du cœur brisé, est provoqué par un choc émotionnel intense. Dans certains cas, il peut entraîner le décès.

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Mourir d’un coeur brisé, c’est possible
Le syndrome du cœur brisé peut concerner toute réaction à un événement physique ou émotionnel intense.

Certains chagrins d’amour passent avec le temps, quand d’autres entraînent de sévères complications… jusqu’à l’hospitalisation. C’est ce qui se passe dans le cas du "syndrome du cœur brisé" : "Sous l’influence d’un stress important, de grandes quantités d’hormones (dont l’adrénaline...) sont libérées dans le sang et sidèrent le cœur" explique le Dr Eric Bonnefoy Cudraz, chef du service d’urgences cardiaques de l’hôpital Louis Pradel. En ce jour de Saint-Valentin, les Hospices de Lyon alertent sur ce trouble méconnu, qui peut coûter la vie aux personnes les plus sensibles.

Les mêmes symptômes que pour un infarctus

Par extension, le syndrome du cœur brisé peut concerner toute réaction à un événement physique ou émotionnel intense, comme le décès d’un proche, une rupture de contrat, une immense joie… "On en meurt rarement, mais l’hospitalisation en soins intensifs est préconisée", indiquent les Hospices de Lyon. "On constate les symptômes d’un infarctus, mais sans que le muscle cardiaque ne subisse de dommages. Le cœur se rétablit assez rapidement, contrairement à un infarctus, où la convalescence dure plusieurs mois", précise le Dr Bonnefoy Cudraz.

Michèle, 66 ans, elle-même victime d’un Tako-Tsubo, témoigne : "Retrouver ma fille rentrée d’Australie pour une fête de famille m’a beaucoup surprise. J’ai ressenti une douleur dans la poitrine et je me suis isolée. Je n’ai pas voulu alerter mes enfants, mais en fin de journée, j’étais vraiment trop mal, et on a contacté le Samu. J’ai dû me rendre très rapidement aux urgences cardiologiques. Là, ils ont pensé à un petit infarctus, puis avec la radio du cœur, ils m’ont expliqué que c’était un Tako-Tsubo. Je suis quand même restée quatre jours en soins intensifs…"

Les victimes : 82 % de femmes âgées entre 62 et 75 ans

D’après Catherine Adams dans la revue MT Cardio, "la majorité des patients concernés sont des femmes (82 % à 100 % selon les séries), dont l’âge moyen se situe entre 62 et 75 ans". Selon les Hospices de Lyon, cette pathologie avait une origine émotionnelle dans 30 % des cas, le Tako-Tsubo étant causé le reste du temps par un stress physique. 2,2 % de la population française serait concernée.

Ce syndrome a été théorisé pour la première fois en 1990 : des cardiologues japonais ayant constaté la ressemblance du cœur contracté avec un piège à poulpe, ils ont décidé d’appeler ce syndrome Tako-Tsubo, du nom de ce piège. Quand le syndrome du cœur brisé intervient, le ventricule gauche s’immobilise et gonfle comme un ballon. Comme lors d’un infarctus, la personne se sent oppressée, ressent des douleurs dans la poitrine et respire difficilement.

"On guérit complètement après quelques jours ou quelques semaines, sans lésions permanentes" dans la plupart des cas, rassurent les Hospices de Lyon. En outre, le risque de subir un second Tako-Tsubo est relativement faible. Dans 20 % des cas néanmoins, cette pathologie peut entraîner des complications, comme une chute brutale de la pression artérielle suivie d’un choc cardiogénique, de l’eau dans les poumons ou une embolie. Dans tous les cas, le procédé est le même que pour un infarctus : il faut appeler le 15, afin que la personne soit envoyée en soins intensifs. Aujourd’hui, on estime qu'environ 1 % des patients hospitalisés pour un syndrome du cœur brisé en décèdent.