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Sclérose en plaques : quand les difficultés sexuelles apparaissent

L'âge moyen de la déclaration d'une sclérose en plaques, maladie neurodégénérative qui détruit peu à peu les connexions nerveuses dans le cerveau, est de 30 ans. Dans cette affection, les patients perdent peu à peu leur mobilité, et souffrent de poussées douloureuses. Et 30 ans, c'est aussi l'âge de l'épanouissement sexuel. Sauf qu'avec la maladie, les sensations changent, les désirs s'étouffent. Une consultation dédiée à la prise en charge de l'intimité et de la sexualité dans la sclérose en plaques célèbre ses deux ans au CHU de Toulouse.

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Sclérose en plaques : quand les difficultés sexuelles apparaissent

À Toulouse, un service de neurologie prend en charge les troubles sexuels liés à la sclérose en plaques. Si près de 80 % des malades souffrent de troubles sexuels, très peu abordent le sujet avec leur médecin.

De plus les médecins ont parfois des difficultés à aborder le thème de la sexualité surtout s'ils n'ont pas de réponse à apporter à leur patient. "Un médecin neurologue qui consulte a très peu de temps pour prendre en charge la personne, il essaie de voir toutes les problématiques dans la consultation", souligne Claire Guillon, infirmière spécialisée en sexologie, avant de préciser "qu'il faut prendre du temps pour parler de la sexualité". L'infirmière peut conseiller des médicaments, des produits ou encore des jeux aux patient(e)s pour qu'ils/elles retrouvent du désir.

À l'origine de cette consultation spécialisée, le Dr David Brassat, un neurologue lassé de constater un tabou récurrent et des souffrances physiques comme psychiques. La sclérose en plaques touche le cerveau en détruisant peu à peu les fibres nerveuses. En dérèglant certaines commandes, elle touche directement la sexualité.

Les troubles sexuels sont multifactoriels : problème de lubrification, insensibilité ou parfois le contraire. Selon le Dr David Brassat, la maladie peut entraîner des "phénomènes hypersensitifs : des sensations d'électricité, des décharges électriques, des sensations de brûlure", sans oublier l'incontinence, la fatigue ou encore l'usure psychologique de la maladie.

Deux ans après sa création, le bilan de cette consultation est positif. Pour certains patients, le seul fait de lever le voile sur cette intimité leur permet de remonter la pente. Avec 80.000 malades en France, les besoins sont importants. Montpellier, Limoges… certains patients viennent de loin pour cette consultation et repartent réconciliés avec leur corps.

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