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Cancer du pancréas, quelles avancées ?

Mal aimé de la recherche, il tue pourtant chaque année plus de 300.000 personnes dans le monde. Longtemps silencieux, il est diagnostiqué tardivement et les traitements peinent à le guérir. Allodocteurs.fr profite de la Journée mondiale du cancer du pancréas pour détailler ses traitements et la recherche.

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Cancer du pancréas, quelles avancées ?
Cancer du pancréas, quelles avancées ?

Insidieux mais redoutable, le cancer du pancréas débute de façon silencieuse et son évolution peut durer des années à bas bruit. Lorsque les symptômes surgissent, ils sont peu spécifiques : perte d'appétit, difficultés à digérer, nausées qui se prolongent, douleur intense et persistante derrière l'estomac ou au niveau du dos, jaunisse... De fait, un délai souvent long s'écoule entre leur apparition et le diagnostic du cancer, qui est huit fois sur dix découvert à un stade avancé et inopérable.

Un site contre le cancer du pancréas

La fondation Arcad (Aide et Recherche en Cancérologie Digestive) tire la sonnette d'alarme : en dépit de sa mortalité en augmentation, ce cancer ne mobilise que 2% des fonds de recherche et moins de 5% des essais cliniques.

A l'occasion de la Journée mondiale du cancer du pancréas, la fondation lance un nouveau site, dans le but de sensibiliser le grand public et les politiques.

Ce qui explique la courte survie : 6 à 7% des patients* seulement sont vivants 5 ans après le diagnostic... Et si la recherche ne se mobilise pas, il pourrait passer de la quatrième cause de décès par cancer à la deuxième.

A l'heure actuelle, le seul traitement capable de guérir d'un cancer du pancréas est la chirurgie. L'opération est lourde, elle n'est réalisable que dans 20% des cas et elle nécessite un suivi régulier par les cancérologues et les nutritionnistes du fait des séquelles digestives.

Les chimiothérapies sont toutefois de plus en plus efficaces et ont doublé l'espérance de vie des patients inopérables, passant de 6 à 12 mois. De plus, quand elles sont prescrites en complément de l'opération,  elles allongent la survie jusqu'à 2 ans.

La radiothérapie a également sa place dans la prise en charge, en association avec la chimiothérapie.

Des espoirs de dépistage précoce…

Aujourd'hui, il n'existe pas de test de dépistage simple, suffisamment sensible et spécifique. Mais selon le Pr Pascal Hammet, cancérologue digestif à l’hôpital Beaujon (Clichy), "il existe des moyens de le prendre en charge plus tôt en faisant par exemple un dépistage ciblé des personnes susceptibles de présenter des formes "familiales" de ce cancer (5% de l'ensemble des cas)".

Les 95% restant pourraient un jour bénéficier des avancées de la recherche, lorsqu'elle parviendra à mettre au point un test pour mesurer les marqueurs précoces de la maladie dans le sang ou dans l'urine.

Des traitements plus efficaces, une recherche prometteuse

Le protocole Folfirinox est un "cocktail" de trois molécules associées à une vitamine. Il a considérablement amélioré le pronostic des formes non opérables mais ses effets secondaires à type de neuropathies et de troubles digestifs limitent toutefois sa prescription.

Depuis 2014, le nab-paclitaxel (Abraxane®) est indiqué dans le traitement des cancers métastasiques et parvient à ralentir la progression des formes très inflammatoires.

Du côté de la recherche, devant la faible efficacité des thérapies ciblées, d'autres pistes sont à l'étude. Un essai clinique vient de débuter à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de Toulouse et teste un virus modifié ciblant spécifiquement les cellules cancéreuses du pancréas. Les chercheurs utilisent pour cela le virus de l'herpès modifié, pour ne pas infecter les cellules saines, mais pour se multiplier dans les cellules cancéreuses et les détruire. Chez les souris, une seule injection du virus modifié, couplée à de la chimiothérapie, avait réduit la taille des tumeurs.

Les profils génétiques sont également analysés avec attention pour déterminer lesquels sont les plus sensibles à tel ou tel traitement. Par exemple, on sait que les patients ayant des prédispositions génétiques répondent mieux à certains traitements, comme les sels de platine en cas de mutation du gène BRCA2 (source : fondation ARC).

Enfin, les chercheurs travaillent sur d'autres pistes, ciblant le métabolisme, l'environnement ou l'architecture de la tumeur.

*Source : Pr Michel Ducreux, dans un Allodocteurs du 22 décembre 2014

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