La cabine d'aquamation (Lesieur droits réservés)
La cabine d'aquamation (Lesieur droits réservés)

L'aquamation, pour partir les pieds devant et dans l'eau

Pour les éternels écolos, il sera bientôt possible de liquéfier son cadavre, sans cercueil ni embaumement... Une technique plus respectueuse de l'environnement que la crémation, qui consiste à dissoudre sa dépouille dans de l'eau. "L'aquamation" séduit déjà les pays d'outre-manche.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Pour tous ceux qui rêvent d'un dernier voyage aquatique, une nouvelle méthode d'inhumation étrange propose de finir ses jours dans... l'eau. L'aquamation, terme inventé de toute pièce par ses créateurs, consiste à immerger la dépouille du défunt dans une cuve d'eau. Chauffée à une centaine de degrés, l'eau, supplémentée en hydroxyde de sodium et potassium, dissout tous les tissus corporels. En 6 à 12 heures, il ne reste alors plus que des os, broyés et remis dans une urne à la famille. L'eau restante termine finalement dans les égouts…

Inventée par un entrepreneur britannique, l'aquamation a été testée pour la première fois en 2011 en Floride, paradis américains des maisons de retraite. Mais la technique est connue depuis deux décennies en Europe, où elle est utilisée depuis 1992 pour inhumer les animaux, notamment ceux infectés par la maladie de la vache folle. Car l'hydrolyse alcaline, procédé à la base de l'aquamation, rompt toutes les liaisons peptidiques des molécules, et détruit donc virus et prions.

Une mort moins polluante

L'avantage principal de l'inhumation aquatique est qu'elle dégage peu de gaz à effet de serre, contrairement à la crémation. Un dispositif respectueux de l'environnement donc, qui n'émet aucune microparticule dans l'atmosphère. Par ailleurs, après la dissolution du corps, il reste au fond du bac toutes les broches et plombages dentaires. Ces métaux peuvent alors être récupérés et éliminés correctement. Car la crémation, en brûlant les amalgames dentaires, vaporise du mercure toxique dans l'environnement.

Selon les entreprises qui développent les appareils, l'aquamation requiert trois à dix fois moins d'énergie que la crémation. Néanmoins, aucune étude scientifique ne s'est encore penchée sur la technique. Au Canada, aux États-Unis et en Australie, quelques pompes funèbres proposent déjà l'aquamation à leurs clients. Les Québécois espèrent d'ailleurs importer le dispositif en France. Reste à savoir si l'aquamation est compatible avec la loi française et si elle plaira à nos services funéraires...