De nouvelles usines pour produire des médicaments "made in France"

Pour ne plus dépendre des productions étrangères, l'élaboration du paracétamol va être relancée en France dès 2023 grâce à l'ouverture d'une nouvelle usine à Roussillon, en Isère.

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Au cœur de la crise sanitaire, la France a risqué la pénurie de paracétamol qui était pratiquement le seul traitement des formes modérées de Covid, car toute sa matière première venait d’Asie et des Etats-Unis.

Aujourd'hui, le gouvernement soutient plusieurs projets de relocalisation. La matière première du paracétamol va ainsi enfin être à nouveau fabriquée en France.

Le chantier commencera début 2022

Pour supprimer cette dépendance, l’Etat va soutenir la construction d’une nouvelle usine devant les derniers ateliers de production de paracétamol français. Ils ont fermé en 2008 à cause de la concurrence chinoise.
Il fallait d’abord réinventer une technique de fabrication adaptée aux contraintes actuelles.

Jérôme Geneste, directeur d’établissement, Seqens : "Pour ce projet on a travaillé depuis un an et demi pour développer un nouveau procédé afin d’avoir une production compétitive, innovante et respectueuse de l’environnement. C’est une empreinte environnementale qu’on estime réduite de 5 à 10 fois les unités existantes en Asie".

A partir de 2023, 10 000 tonnes annuelle de paracétamol seront ainsi produites ici, soit 30% de la consommation européenne. L’entreprise a choisi ce site parce qu’elle y produit déjà de l’aspirine avec des infrastructures de contrôle toutes neuves. Ce projet a vu le jour grâce au soutien du programme national de relocalisation.

Retour du paracétamol sur le sol français

Jérôme Geneste, directeur d’établissement, Seqens : "Le projet global est d’environ 100 millions d’euros dont 30% d’aide de l’Etat. L’objectif est d’avoir une matière première fabriquée en Europe avec une qualité exemplaire dans un contexte comme vous le voyez ici de contrôle qualité réglementaire avec un accord entre les clients sur le long terme pour des accords de volume et de prix".

Les clients, les laboratoires qui commercialisent le paracétamol se sont engagés à payer durablement le prix de la qualité. C’est toute une filière qui doit se mobiliser pour sécuriser une production nationale de médicament.

A quelques mètres du futur site de fabrication d’anti-douleur, l’entreprise a aussi ouvert un autre chantier soutenu par le plan de relance. L’ingrédient concerné est moins connu du grand public, mais tout aussi vital.

Production d'alcool isopropylique

Willy Lemesle, directeur d’établissement, Seqens. "Nous sommes actuellement le seul producteur en France d’alcool isopropylique. Ce sont des solvants qui sont utilisés pour toutes les synthèses pharmaceutiques ou beaucoup de synthèses pharmaceutiques et donc relocaliser en France la production de principes actifs va nécessiter plus de solvants et donc nous pourrons répondre aux marchés français et européen".

C'est une production essentielle à plus d’un titre puisque cet ingrédient entre aussi dans la composition du gel hydroalcoolique qui risque de rester dans nos vies bien au-delà de la crise sanitaire.