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Déconfinement : souffrez-vous du syndrome de la cabane ?

Après le 11 mai, certaines personnes ont eu du mal à se déconfiner. Stephany Pelissolo, psychologue, nous explique le syndrome de la cabane.

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Déconfinement : souffrez-vous du syndrome de la cabane ?
Photo d'illustration. Le syndrome de la cabane s'est répandu après le confinement/©Cryptographer

" On parle beaucoup de syndrome de la cabane, alors que ce n’est pas si fréquent que cela ", affirme Stephany Pelissolo, psychologue et fondatrice de CovidEcoute, un service de téléconsultations pour venir en aide aux personnes dont le bien-être psychique était mis à mal par le confinement.

Le syndrome de la cabane n’est pas une affection psychatrique à proprement parler : on parle aujourd’hui de ce syndrome lorsqu’une personne n’a plus envie de se déconfiner.

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Une anxiété présente avant le confinement

" On retrouve ce trouble chez des personnes anxieuses, qui souffrent d’agoraphobie (peur de se confronter à la foule), ou chez ceux qui ont une anxiété sociale (peur de la relation aux autres et de leur regard). Ils ont trouvé confortable de ne pas se risquer à l’extérieur ", explique le Dr Pelissolo.

La période de confinement a ainsi été protectrice pour les personnes atteintes d’anxiété, ce qui cause une peur de se déconfiner et des difficultés à se réinsérer dans une vie classique et ordinaire.

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" Je suis un peu hypocondriaque et anxieuse de base "

C’est le cas d’Hélène, 42 ans. Cette cadre n’ose plus accepter les invitations de ses amis et s’est sentie plus stressée que les autres pendant le confinement. Son angoisse par rapport aux maladies trouve son origine en 2005.

" J’ai eu une grippe qui a dégénéré en pneumonie très sévère et je me suis retrouvée en réanimation alors que j’avais 25 ans ", raconte-t-elle. Depuis, les maladies respiratoires l’effraient. D’autant plus lorsqu’elles sont inconnues et se répandent à la même vitesse que le Covid …

" Je suis un peu hypocondriaque et anxieuse de base ", admet Hélène. Mais avant l'épidémie, elle n'avait jamais été trop entravée dans sa vie sociale, bien au contraire. " D'ordinaire, j'adore boire des bières avec les gens en leur tapant sur l'épaule ! Je suis passée d'anxieuse ultra-sociable à anxieuse cabane", plaisante-t-elle. Hélène réfléchit à consulter un spécialiste pour parvenir à reprendre une vie normale.

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" Je reprends des anxiolytiques pour la première fois depuis des années "

Parfois, l’anxiété qu’a réveillée le confinement ne s’était pas manifestée depuis très longtemps. C’est ce qui est arrivé à Martine. " Je m’arrange pour sortir mon chien le matin quand il n’y personne ", témoigne cette retraitée qui a eu 70 ans pendant le confinement.

" Je dis non à toutes les invitations. C’est évident qu’à force de dire non, le remède est pire que le mal : je ne vois plus mes amis ", raconte-t-elle. Martine parvient à sortir de chez elle uniquement pour faire des promenades dans la nature, qui l’ont toujours apaisée : " Je pense que dans la nature, il y a moins de risques pour le virus car il y a moins de monde. "

Rationnellement, Martine sait bien qu’en dehors de son âge, elle n’a aucun facteur de risque. " J’ai pris contact avec une psychologue, que j’ai vue deux fois en téléconsultation. Elle m’a expliqué que j’avais d’autres angoisses. Elle m’a aidée. Tant que ce sera possible je continuerai de la voir. "

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Un syndrome qui ne durera pas

Stéphany Pelissolo n’est cependant pas inquiète pour les patients atteints de ce syndrome : " Je pense que si on est à nouveau confinés on reverra peut-être apparaître ce syndrome, mais sinon je ne suis pas inquiète qu’il se développe par la suite." D'après elle, inutile de se brusquer. " Il faut ressortir de manière progressive. Sortir brutalement est contre-indiqué dans l’anxiété, cela peut être contre-productif ", ajoute-t-elle.

Selon elle, le syndrome est très ancré dans la période particulière que nous vivons. " Là, il a été surnommé syndrome de la cabane, mais c'est le trouble de l’adaptation qui figure parmi les affections psychiatriques. Ce trouble-ci est souvent rencontré par les psychiatres. C’est un facteur de stress très contextuel lié à un événement très particulier (un licenciement par exemple), pour lequel il est conseillé de consulter. "

L’anxiété retombe doucement, selon la psychiatre : " On s’attendait à devoir prolonger CovidEcoute après le confinement, mais après 15 jours il n’y avait plus de demandes. La semaine qui a suivi il y a eu beaucoup de demandes, mais les gens se sont ensuite réadaptés à la vie sociale. "

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