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Le burn-out

Ch@t du 8 octobre 2013 de 15h à 16h : le Dr Dominique Servant, psychiatre, responsable de la consultation Stress et Anxiété au CHU de Lille et Florence Lamy, coach spécialiste du burn-out ont répondu à vos questions. Le burn-out, qui veut littéralement dire "brûler de l’intérieur", "se consumer" est un épuisement, une usure à petit feu qui trouve sa source dans le cadre professionnel. Il résulte d'un stress, souvent chronique que nous sommes nombreux à subir au travail. L'épuisement émotionnel vient s’ajouter à l’épuisement physique. Les symptômes psychologiques et physiques du burn out se traduisent par une grande fatigue voire une dépression et peut nécessiter un traitement.

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Sommaire

Les réponses du Dr Dominique Servant, psychiatre, responsable de la consultation Stress et Anxiété au CHU de Lille

  • J'ai subi 2 infarctus du myocarde en 2011 et 2013. Est ce en rapport avec un surcroit de travail subi ?

Oui le stress professionnel agit sur le système cardio respiratoire c'est prouvé scientifiquement il importe donc de pratiquer des techniques de gestion du stress.

  • J'ai eu un burn-out il y a 1 an et j'ai été arrêtée, entre temps mon entreprise a été liquidée. Je suis suivie par un psychiatre mais je ne prends plus d'anxiolytiques ni anti-dépresseurs. J'ai trouvé un nouvel emploi qui va commencer dans quelques jours mais déjà je stresse car je me demande si je vais arriver à effectuer toutes les tâches demandées. Dois-je accepter ce poste ou pas ?

C'est certainement une bonne occasion de retrouver confiance en vous. Il faut seulement être vigilant maintenant que vous connaissez les signes et les moyens d'y faire face. Mais c'est pour vous certainement l'occasion de prendre un nouveau départ. Tous mes voeux pour la reprise.

  • Je suis infirmière, j'ai 45 ans et suis totalement épuisée : fatigue permanente,insomnie, pleurs trop fréquents, tendinites multiples, signes digestifs (diarrhée ou constipation), mes proches me disent en épuisement pro. Le rdv chez le médecin vous semble-t-il indispensable ?

Vous devez consulter directement quelqu'un qui pourra vous aider, si vous avez un service de médecine du travail il pourra vous orienter, votre médecin généraliste aussi. Si dans votre entourage il y a un psychiatre psychothérapeute qui vous est recommandé vous pouvez y aller directement vous gagnerez du temps. Bon courage beaucoup de soignants sont passés par une phase comme vous la décrivez.

  • J’ai été en burn-out pendant 3 ans, de 2000 à 2003, j’ai été arrêtée à 7 de tension le soir, suite à un malaise, puis en 2006 j’ai fait un cancer du poumon. Aujourd'hui je ne suis toujours pas remise, en hypotension quasi permanente, fatigue chronique, dévalorisation du moi ect…peur du monde du travail, je ne rencontre pas d’écoute chez les généralistes, tous pensent que je suis fainéante, comédienne etc.…c’est tellement dur ! Je préférerais mourir que de devoir retravailler ! Que faire ? Est-ce ce normal d’être toujours en épuisement 10 ans après les faits alors que je ne travaille plus ?

Vous pouvez allez directement voir un psychiatre ou psychologue-psychothérapeute qui prendra en considération votre demande et qui pourra vous guider pour vous sortir de cette phase difficile. Je souhaite que vous trouviez rapidement quelqu'un pour vous aider.

  • Voilà 2 ans que je suis suivie par une psychiatre suite à un problème avec mon employeur publique. Il a décidé de me mettre à la retraite pour invalidité. Je suis diabétique de type 1 et j'ai très mal supporté. J'ai 60 ans et n'arrive pas à retrouver un bon équilibre.

Profitez de cette nouvelle étape de votre vie pour trouver des sources de satisfaction et des émotions positives en vous engageant dans des activités plaisantes et enrichissantes. Ce n'est pas immédiat et il faut un temps de reconstruction c'est normal. Il faut rester optimiste.

  • Après avoir été arrêté plusieurs fois quelques jours depuis le mois dernier pour des crises d'angoisse et vomissements en me rendant à mon travail, mon médecin m'a redirigé sur un psychiatre. Je suis arrêté jusque début novembre. Je suis sous antidépresseurs, anxiolytiques et somnifères. J'ai eu des séances de sophrologie. Que dois-je faire pour que ma reprise se passe le mieux possible ?

Oui avec les antidépresseurs et surtout des techniques de gestion des paniques vous devez pouvoir reprendre dans les meilleures conditions. Les techniques de contrôle respiratoire sont très importantes et très simples à mettre en place par soi-même.

  • Faut-il des antidépresseurs pour s'en sortir, je rechute 5 ans après, infirmiere de nuit depuis 25 ans, ne suis pas en retaite, en arrêt de travail depuis un mois, suis perdue ?

Pour moi les médicaments ne sont pas indispensables c'est une béquille vous pouvez mettre en place les bonnes techniques par vous même en utilisant les outils de gestion du stress et de relaxation. En tant qu'infirmière c'est vraiment accessible et vous trouverez beaucoup dans mes guides sur le travail ou sur le stress ou dans d'autres supports. Bon courage.

  • Connaissez-vous des coachs ou psychotherapeutes spécialisés sur ce thème à Marseille ou dans la région ?

Il y en a beaucoup vous pouvez aller sur l'annuaire de l'AFTCC (association française de thérapie comportementale et cognitive) et regardez dans la carte des membres et sur votre région. Bon courage.

  • Je suis conseillère bancaire et broyée professionnellement, refus de reclassement par l'entreprise alors que mon burn ut et reconnu médicalement. Par contre la sécu me demande de mettre fin à mon arrêt maladie d'un an, alors que je suis loin d être guérie ou stable que faire ?

Rapprochez vous de la médecine du travail qui doit trouver une solution. S'il y a eu une inaptitude et que votre entreprise dit ne pas avoir de possibilité de reclassement attention, vous pouvez perdre votre emploi, si vous êtes en arrêt de travail vous êtes protégée à ce niveau. Renseignez-vous aussi sur le plan du droit du travail auprès d'une association.

  • Dans ce que je lis, je ne me retrouve pas complètement. Mon métier d'instit me plaît : c'est d'ailleurs une réorientation. C'est cette année qui est difficile avec la distance. L'année prochaine, j'aurai un autre poste. Que faire pour la supporter sans sombrer ? A priori, je serais au début du burn-out (fatigue, larmes, maux de tête) ?

On peut vivre des moments difficiles professionnels particulièrement de changement sans parler de burn-out vous avez raison. Il faut parfois mettre en application des techniques de gestion du stress comme je les décrit dans mes guides et c'est la meilleure façon de s'en sortir. Bon courage pour la suite.

  • Je souffre depuis 10 jours d'une sciatique tronquée et suis très fatiguée, n'est-ce pas aussi un symptôme de burn-out ?

Le stress professionnel et la fatigue on pu jouer un rôle mais vous devez faire le point sur le plan rhumatologique. Ce n'est pas ma spécialité mais le repos allongé est souvent la première chose à faire.

  • J'ai le sentiment que le burn-out laisse des séquelles cognitives. Il y a un an, lorsque je me suis enfin arrétée je bégayais, j'oublais tout, je n'arrivais même plus à lire et à trouver mes mots pour parler. Aujourd'hui encore je bégaye et j'ai du mal à me concentrer. Est-ce qu'un orthophoniste ou un neurologue pourrait m'aider ou est-ce que mon cerveau va cicatriser un jour ?

Elles sont bien heureusement réversibles, il faut travailler par les techniques de gestion du stress sur les ruminations négatives, l'attention, la concentration certaines techniques de relaxation et de méditation peuvent vous aider.

  • L'absence de libido peut-elle être aussi une conséquence du burn-out ?

Oui comme tous les signes physiques, c'est réversible et quand vous irez mieux cela reviendra. Il ya aussi chez certains les antidépresseurs qui aggravent le problèmes. Centrez vous d'abord sur votre bien être et laissez en attente la baisse de la libido, le désir reviendra naturelement.

  • En juin, je suis envoyée aux urgences pour névralgies intenses (qui ont duré 15 j), mais j'ai régulirement des coliques néfrétiques + grosse fatigue. Je suis un architecte libérale, aucun médecin ne m'a proposé de m'arrêter, pourtant il a été évoqué le mot surmenage. A ce jour, je réfléchi à changer de statut et j'ai beaucoup de mal à faire ma rentrée pro, dois-je en parler à mon médecin ?

Probablement mais cela ouvre aussi une réflexion personnelle et vous devez vous faire aider d'un psychiatre ou psychothérapeute qui vous orientera dans votre démarche et dans une nouvelle organisation de votre vie professionnelle.

  • Qu'est ce qui nous amène au burn-out en 2013, alors que nous travaillons 35 heures hebdo avec des outils avancés, en comparaison aux temps de travail et aux conditions de travail que nous avions il y a cinquante ans ? N'est-on pas finalement en pleine transgression ?

Il y a réellement de nouvelles conditions très stressantes dans l'organisation actuelle du travail qui s'oppose comme vous le dites justement à des améliorations notables des conditions de travail depuis 50 ans. Beaucoup de personnes perçoivent un décalage avec le bonheur.

  • Victime d'un burn-out depuis un an, sans avoir pris de traitement je conserve des troubles de la mémoire et de la concentration. Est-il irréversible ou cela va-t-il revenir lentement ?

Ces troubles que l'on appelle cognitifs sont totalement réversibles mais peuvent mettre du temps à revenir. Certaines techniques de relaxation et de méditation peuvent vous aider à récupérer plus rapidement.

  • Pouvez-vous m'indiquer des organismes de coachs en Languedoc-Roussillon qui pourraient m'aider à réfléchir à un nouveau projet professionnel ou à une nouvelle posture au sein de mon entreprise. Je reprends mon travail en janvier prochain normalement. Je suis arrêtée pour burn-out.

Hélas je n'en connais pas mais vous devez trouver cette information en vous orientant vers des organismes d'orientation professionnelle dans votre région.

  • Pour moi, les médicaments ont été indispensables, mon ancien médecin traitant n'ayant pas fait le diagnostic de burn-out, j'ai trainé pendant 3 mois et étais arrivée à un stade limite paranoïa avec sensation d’être constamment agressée et étant très agressive. Je connais les outils de gestion du stress, ça n'a pas suffit. Par rapport à ma précédente question, j'attends plus, être infirmière ne fait pas tout.

Les médicaments peuvent vous aider dans ce cas après il y a le suivi individuel psychologique vers lequel vous pouvez vous orienter.

  • Il y a beaucoup de sophrologues. Comment savoir quels sont les bons ? J'ai été très déçue par une séance.

Si vous avez été déçue il ne faut pas hésiter à en changer. Je décris dans mon ouvrage relaxation et méditation. Trouver son équilibre émotionnel, de très nombreuses techniques accessibles. Il faut trouver ce qui vous convient. Mais il y a beaucoup de très bonnes sophrologues et relaxologues.

  • Doit-on reprendre le travail le plus vite possible pour faciliter le retour ou attendre de se sentir vraiment prêt ? Je suis en arrêt depuis 3 semaines, avec anxiolytiques et antidépresseurs. Je dois reprendre lundi mais j'ai un peu peur. Mon mari lui m'incite à y retourner en disant que plus j'attends plus ce sera dure.

Il faut être prêt pour reprendre mais cela dépend des conditions qui vous attendent un arrêt peut-être vraiment une aide sans pour autant rompre avec le milieu du travail si vous le pouvez et garder des contacts, l'idéal c'est lorsqu'un soutien à la reprise du travail se met en place.

  • Pensez-vous qu'une retraite de quelques jours puisse aider à retrouver ses marques (aide spirituelle, non religieuse) ?

Les techniques de pleine conscience sont vraiment intéressantes j'en décris dans mon ouvrage "relaxation et méditation". Trouver son équilibre émotionnel. On peut pratiquer au quotidien, la retraite est une option, il y a aussi les groupes de 8 séances mais de plus en plus je recommande une pratique libre à son rythme en découvrant les exercices de méditation de pleine conscience par soi même.

  • Je suis en burn-out depuis 2 ans. Incapable de retrouver du travail. Cela m'angoisse pour mon avenir. Est-ce qu'un jour je pourrai retravailler et y prendre du plaisir sans angoisse ?

Oui mais c'est vrai que quand on se sent fragilisé on perd confiance, recentrez-vous sur des choses positives en dehors du travail en vous engageant dans des activités plaisante recentrez-vous sur vous pour prendre des forces et rebondir dans un deuxième temps.

  • Infirmière très impliquée et investie dans son travail, 13 mois de burn-out. Je pense à changer de métier. Est-ce la solution pour me sortir de ce burn-out ?

Faire le point sur son activité professionnelle est une bonne chose, ne prenez aucune décisison dans la précipitation il vous est impossible de savoir si vous devez changer ou pas il faut analyser et aller mieux pour prendre une décision. Si vous aimez ce que vous faites et si vous travaillez dans un bon environnement c'est dommandge d'arrêter, si ce n'est pas le cas c'est autres chose.

Les réponses de Florence Lamy, coach spécialiste du burn-out

  • Le yoga peut-il m'aider à me détendre ?

Oui, bien sûr, le yoga est indiqué pour dénouer les tensions corporelles et aussi apaiser les états mentaux afférents. C'est une bonne pratique prophylactique mais aussi de restauration post-burn-out.

  • J'ai fait un burn-out en février et licenciée de mon poste de puéricultrice directrice d'une maison de l'enfance en juillet. J'envisage d'effectuer un bilan, de compétences car je n'ai plus aujourd'hui de projet professionnel, j'ai du mal à me projeter dans un avenir professionnel. Est-ce que cela m'apportera une aide au retour à l'emploi ?

Sans projet professionnel, donc sans objectif, il vous sera plus difficile de remettre le pied à l'étrier. Un bilan de compétences vous permettra de faire le point sur vos aptitudes professionnelles. Vous pouvez également engager une démarche vous permettant de comprendre ce qui a pu se jouer pour vous dans la situation vous ayant menée au burn-out afin de vous sentir plus forte dans votre futur projet, voire en percevoir mieux certains aspects. Quel domaine par exemple...

  • J’ai été en burn out pendant 3ans, de 2000 à 2003, j’ai été arrêtée à 7 de tension le soir, suite à un malaise, puis en 2006 j’ai fait un cancer du poumon. Aujourd hui je ne suis toujours pas remise, en hypotension quasi permanente, fatigue chronique, dévalorisation du moi etc…peur du monde du travail, je ne rencontre pas d’écoute chez les généraliste, tous pensent que je suis fainéante, comédienne etc.…c’est tellement dur ! Je préférerais mourir que de devoir retravailler ! Que faire ? et est-ce normal d’être toujours en épuisement 10 ans après les faits alors que je ne travaille plus ?

Il me semble lire dans votre questionnement un début de travail et de réflexion qui peut être vous donnerait les réponses et la force nécessaire pour retravailler un jour, si toutefois vous le souhaitez. Peut être serait-il bon de consulter un psychothérapeute afin qu'il vous accompagne dans cette démarche. Par ailleurs, sachez que l'activité participe à une bonne image de soi et un meilleur dynamisme. Donc, quand on est à l'arrêt, l'image de soi peut se détériorer dans certains cas et si vous n'êtes pas assez active, vous pouvez entrer dans une spirale qui vous entraîne de plus en plus dans l'inactivité et une forme de marasme peut s'installer. Le mieux est de vous remettre en condition de travail en "travaillant" sur ce qui vous maintient encore dans l'état actuel.

  • Le brun out laisse-t-il des séquelles ? Je prépare ma reprise de fonction après un brun-out début juillet et j'ai peur de de me retrouver dans le même contexte qui m'a conduit à l'épuisement.

Les personnes ayant vécu un burn-out témoignent toutes d'un avant et d'un après. Comme si cet épisode dramatique, une fois dépassé, pouvait permettre d'accéder à un niveau de conscience plus protecteur et respectueux de la personne que vous êtes. Souvent l'apprentissage qui est fait, est d'apprendre à se protéger, du système et aussi de soi-même, et de pouvoir répondre d'une manière moins exposante à des systèmes de travail "dysfonctionnants" ou "dévorants". Peut être ce qui pourrait vous aider à passer le gap, serait de vous faire accompagner pendant ce moment délicat de reprise du travail, pendant trois mois, afin de trouver au fur et à mesure les ajustements nécessaires. Les coachs savent bien faire cela. Bon courage pour votre reprise.

  • Je suis un jeune ingénieur de 30 ans, mon manager m'isole professionnellement, aucune tache affectée, je reste au bureau pendant 10 heures sans rien a faire, ca me tue, je pense à démissionner à tout moment, ça me fatigue, me décourage. Que je dois-faire ?

Surtout ne pas vous isoler, ne pas tomber dans le cynisme et l'auto-dévalorisation. Comprendre ce qui appartient au système et ce qui vous appartient. Avez-vous des collègues auprès desquels vous pouvez vous tourner ? Les instances représentatives (par exemple le CHSCT) peuvent-elles vous épauler ? Avez vous pensé à en parler au DRH de votre organisation ? Et surtout, soyez conscient de vos limites. Si vous sentez que les choses vont trop loin, mettez un stop avant d'entrer en phase de pré-burn-out. Bon courage à vous.

  • Le burn-out peut-il venir d'un stress autre que celui du travail, par exemple un stress dû à une pression que l'on se met soi-même ?

Le burn-out implique une rencontre entre de nombreux facteurs. Il est couramment admis que les personnalités "idéalistes" qui ont le souci de faire un travail de grande qualité et qui ont une vision haute de leur mission sont plus sujettes au burn-out, car lorsqu'elles rencontrent des environnements bafouant leurs valeurs, elles en souffrent d'autant plus. Néanmoins, le burn-out n'est pas imputable à la seule "personnalité". Il s'agit bien d'un processus transactionnel entre un environnement et une personne. C'est pour ça qu'une des meilleures choses à faire, quand on se sent en pré-burnout est de se sortir du contexte de travail. Et j'ajouterai, avant d'y retourner, trouver quelques réponses afin que les choses ne se jouent plus de la même manière. Une des questions que je pose à mes "coachés" ayant arrêtes de travailler pour cause de burn-out est : "qu'est-ce qui s'est passé pendant que vous étiez absent à votre avis ?" , "L'entreprise s'en est-elle sortie ?"... à méditer.

  • L'absence de libido peut-elle être aussi une conséquence du burn-out ?

L'absence de libido peut être une des manifestations du burn-out. Néanmoins, il convient d'explorer d'autres pistes avant d'arriver à cette conclusion. 1) le diagnostic de burn-out a-t-il été posé ? 2) quelles sont les manifestations du burn out ? Somatiques ? Psychologiques ? Comportementales ? Si le lien n'est pas direct, il serait bien d'envisager d'autres explications également.

  • Depuis une rupture de contrat après une dépression en 2010 dû a à une activité trop importante et un effectif amoindri, je vis constamment dans la dépression..ma vie privée et professionnelle s'en trouve bouleversée...Je n'arrive pas à aller consulter...Que faire ?

Je pense que votre question sur le chat est un premier petit pas pour sortir de votre "retraite". Après un temps de ressourcement nécessaire, la personne qui a burn-outé doit faire l'effort de reprendre le contact avec l'extérieur, de manière très douce tout d'abord. Pourquoi ne pas aller voir un sophrologue ? La sophrologie est très respectueuse des rythmes de chacune et saurait vous inscrire dans une projection positive de vous, et de votre futur. En tout état de cause, il est important de faire un geste en direction de l'extérieur, ce que vous venez de faire. Très cordialement.

  • L'hypnose peut-elle prévenir ou guérir le burn-out ?

L'hypnose est une approche thérapeutique qui vous permettra sans doute de travailler sur une bonne partie des manifestations et des causes d'un burn-out. Néanmoins, il est intéressant de travailler sur plusieurs dimensions (somatique, psychologique, comportemental) à votre niveau, mais aussi de travailler sur les aspects du burn-out qui ne dépendent pas de vous, notamment les aspects organisationnels. En cela, elle n'est pas suffisante car il faut visiter d'une manière très "systémique" les tenants et les aboutissants de votre burn-out. Il est très intéressant de croiser les approches dans ce cas là.

  • Comment aider mon mari qui souffre de burn-out depuis 1 an mais qui refuse de s'arrêter. Il va enfin suivre une thérapie car il y était réticent jusqu'à présent, il se rend enfin compte qu'il ne peut s'en sortir seul mais je me sens vraiment impuissante et ne sais quoi faire pour l'aider.

Si vous votre mari se décide à aller consulter, vous allez avoir un rôle beaucoup plus sympa à jouer dans sa reprise... Toute la partie ressourcement, s'ouvrir à d'autres centres d'intérêt (les burn-outés sont souvent des grands travailleurs...), avoir une vie sociale plus riche... Bref, vous pouvez l'aider en étant courroie d'entraînement vers un autre mode de vie un peu moins axé sur le travail. Trouver avec lui des joies et des sources de satisfaction ailleurs que dans le travail sont vos pistes. d'exploration.

  • Que faut-il faire quand le médecin conseil de la sécu nous dit de reprendre alors que médicalement notre état n'est pas reconnu stable et que le retour au travail générera les mêmes conséquences liées au burn-out.

Surtout ne pas rester seule dans votre reprise de travail. Il faut absolument que vous exploriez les raisons pour lesquelles vous avez burn-outé. Les raisons systémiques, c'est-à-dire en lien avec l'organisation, et les facteurs de fragilité personnels, c'est à dire la manière dont vous faites face aux stresseurs, vos valeurs, etc... toute une exploration qui pourra vous aider à ne pas burn-outé de nouveau. Maintenant, vous savez ce qu'est un burn-out, vous pouvez ne pas rechuter si vous vous prémunissez activement en étant "en conscience".

  • Comment éviter à une infirmière le burn-out quand son quotidien de travail se dégrade de jour en jour ? Pénurie de personnels, heures sup, pression de la hiérarchie, peur de faire une faute et de mettre en danger les personnes soignées et son diplôme ?

Une supervision de pratique infirmière aide énormément à faire le tri entre ce qui est de votre ressort et ce qui ne l'est pas. A gérer aussi les conflits éthiques, les conflits de loyauté et surtout, à vous protéger... Que deviendront vos patients si vous craquez toutes ? Vous pouvez aussi créer des groupes de paroles entre vous... ça aide vraiment.

  • Mon mari souffre d'alcoolisme associé à d'autres symptômes décrits dans l'émission, dois-je penser à un pre-burn out ?

Enfin je vois votre réponse... Alors, pour tout vous dire, ce qui est fondamental est d'apporter une sorte de diagnostic différentiel. Entre avant et maintenant. Posez vous les questions de "est-ce nouveau ?" "Depuis quand ça se passe comme ça ?" "Est-ce en lien avec une situation de travail nouvelle ou nouvellement dégradée ?". Toujours est-il que ce n'est pas de votre ressort de poser un diagnostic mais bel et bien à un médecin. Donc, même si ce n'est pas pour un burn-out, quand une personne s'alcoolise, ça pose toujours question et il faut se faire aider. J'espère que vous saurez le persuader. En tout cas, ne restez pas seule face à ce problème, sinon, c'est vous qui craquerez.

  • Je pense que Mme Lamy n'est pas réaliste quand à nos conditions de travail et sur la façon dont on nous oblige à l'exercer...

Je pense que si... je fais de la supervision de pratique infirmière et le monde infirmier m'est particulièrement cher. La réalité ne peut pas être changée en un coup de baguette. La seule chose sur laquelle vous avez prise, c'est 1) vous même (donc le travail est comment lâcher ce qui ne vous appartient pas et 2) comment pouvez vous trouver du soutien autour de vous et entre vous. Le reste est systémique, politique... vous n'y pouvez rien. Toujours est-il que je vous admire toutes beaucoup de faire le travail que vous faites dans les conditions difficiles et dégradées actuelles. J'aimerais vraiment que vous compreniez que dans le burn-out, il est question d'idéaux, de valeurs, mais aussi de vie et de mort. Vous êtes en plein coeur de ces questionnements.

  • Peut-on faire un burn out vis à vis de sa belle famille et de certaines situations autres que travail, situations qui durent depuis des années et qui à ce jour me laissent extenuée continuellement avec plein de problèmes physiques comme décrits dans l'émission du burn-out. Un réel burn out qui me laisse avec l'envie de ne plus sortir et de ne plus voir certaines personnes et l'impossibilté de dialoguer.

Oui, il est possible de faire un burn-out dans d'autres environnements que celui du travail. C'était le sujet de ma recherche en psychopathologie. Les résultats ont mis en évidence un burn-out dans le milieu familial, milieu d'autant plus investi actuellement que l'environnement professionnel se dégrade. Comme vous le savez sans doute, il y a un lien à établir entre les idéaux et le burn-out. Quand nous idéalisons et que nos valeurs sont percutées, que les conditions ne sont pas là pour se hisser à leur hauteur, alors oui, on peut burn-outer. Prenez soin de vous. La famille n'est que l'un de nos nombreux domaines de vie. La prévention est d'avoir une vie en éventail, ouverte sur de multiples centres d'intérêts et ne pas surinvestir un domaine.

  • Mme Lamy 16 ans d'ancienneté... Beaucoup de changements durant cette période, trop pour moi peut-être... Mes valeurs n'aiment pas ce qu'on a fait de ce métier pourtant les patients attendent toujours la même chose de nous, c'est là où ça coince.

Vous n'êtes pas seule à analyser les choses ainsi. De nombreuses infirmières verbalisent le même constat. Toutes ne burn-outent pas. C'est auprès de celles qui arrivent à négocier entre leurs valeurs et la réalité que vous pouvez trouver des ressources. Très sincèrement, ensemble, vous serez plus fortes face au burn-out de la profession. Nous aurons toujours besoin d'infirmières, prenez soin de vous.

  • Suite à votre émission j'ai pris conscience des différents symptômes que je subis depuis un moment.. Fatigue, stress mal de dos chronique, crise de larme mal de vivre.. Vous parliez de consultation psychologue du travail,? Pouvez me renseigner ?

Vous trouverez les renseignements auprès des ressources humaines de votre entreprise ou du CHSCT. Le médecin du travail auquel se rattache votre organisation peut vous recevoir à votre demande me semble-t-il.

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La solution au burn-out implique souvent des changements importants dans notre façon de vivre. Il est possible de cerner ces changements nécessaires et de les réaliser sans assistance, mais le plus souvent une aide professionnelle et même une psychothérapie sont obligatoires. Les médicaments (somnifères et antidépresseurs surtout) sont des outils qui peuvent donner la force d'entreprendre ces changements. Ils ne sont pas une solution en soi au burn-out, seulement un support temporaire pour faciliter la recherche de vraies solutions.

 

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