Don d'organes
Ch@t du 22 juin 2012 de 15h à 16h : les réponses du Dr Julien Charpentier, médecin-réanimateur, coordinateur de prélèvements d'organes à l'hôpital Cochin et de Joëlle Florit, infirmière coordinatrice de prélèvement au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le
Les réponses du Dr Julien Charpentier, médecin-réanimateur, coordinateur de prélèvements d'organes à l'hôpital Cochin
La carte n'a pas de valeur légale car il n'y a pas de registre du Oui en France et le fait que vous ayez cette carte sur vous n'est pas enregistré dans un registre. Les éthiciens français pensent que vous devez pourquoi pas changer d'avis facilement ?
Tout dépend de la dose et de la fonction de vos organes. Néanmoins, le fait de dire que vous êtes favorable fera surement réfléchir vos proches pour eux.
Le don du corps à la science est une démarche que vous devez faire de votre vivant en contactant la faculté de médecine de votre région. Cela a un cout. Vous pouvez néanmoins aussi donner vos organes qui seront prélevé avant si cela est possible.
Cela dépends des organes et des patients en attente. C'est une affaire de spécialiste. Pour certaines pathologies, nous prenons l'avis de spécialiste avant d'envisager un prélèvement.
En théorie, nous ne demandons pas l'avis de la famille, nous recherchons le témoignage de la non opposition.
Affaire de spécialiste... Pour le prélèvement, vous avez surement des organes qui fonctionnent très bien.
Il est très difficile de regreffer un organe déjà greffé. Par contre un receveur qui décède peut devenir donneur d'autres organes.
Le don du vivant est réservé à des personnes qui sont proches de vous (famille et proches depuis + de 2 ans). C'est l'équipe qui suit le membre de votre famille qui est en attente qui pourra vous proposer.
En cas de décès et si vous organes (foie et rein) ne sont pas trop altérés par votre pathologie. Bon courage à vous.
La greffe d'organe est une greffe vitale. Le don du sang sauve aussi des vies mais la réglementation est plus stricte.
Le don du sang de cordon est difficile à mettre en place partout en France Vous trouverez des infos sur le site de l'agence de la biomédecine. Félicitations....
Affaire de spécialiste. Cela dépend de la fonction de vos organes et de votre traitement.
Le greffon n'est pas regréffable mais les autres organes peuvent être greffés.
Pour vos poumons, cela dépend de votre atteinte respiratoire.
Super, parlez en autour de vous. Cela facilite grandement l'entretien avec les proches.
Cela va donc être dur pour le coeur...
Il n'y aura pas de cadeau empoisonné, votre dossier sera discuté par des spécialistes.
Oui, un bilan sera fait avant.
Oui.
Oui, s'il n'y a pas d'atteinte des autres organes (coeur, reins...).
Les transfusions ne sont pas une contre-indication absolue. Pour vous impliquer dans le don, il y a de nombreuses associations qui militent (Greffe de vie, ADOT...)
Oui, si votre diabète n'a pas retenti sur les autres organes (coeur, reins...).
Affaire de spécialiste mais cela semble être compliqué.
Il n'est pas possible de tout faire subir à une famille endeuillée. Il faut avoir de l'empathie et comprendre pourquoi ils s'opposent et recentrer le débat sur l'avis de la personne décédée. Faites connaitre votre position.
Séropositif pour le VIH : c'est une contre-indication en France.
Le coeur et les poumons doivent être greffés en moins de 4h.
Oui, un bilan de prélevabilité est effectué avant.
Aux yeux de la loi non, mais nous sommes obligés de les informer. Le respect des dernières volontés permet souvent aux familles "d'accepter".
Malheureusement non. Mais parlez du don autour de vous.
Cela dépend desquelles et des traitements donnés.
Pas de problème, un examen morphologique est fait avant.
Le prélèvement d'organe est pris en charge par le sécu. La greffe de rein fait faire de grandes économies (moins de dialyses très couteuses) et permet aux gréffés de reprendre une vie et leur travail...
C'est l'organisation de la faculté.
En mettant en avant que cela sauve des vies... Courage.
Cela dépends de votre traitement.
Je ne peux pas vous répondre. Manifestez vous sur le site de l'agence de la biomédecine...
En France, priorité aux enfants puis aux plus malades, puis au plus proches du donneur géographiquement.
Après des test probablement que oui.
Les médias véhiculent parfois des informations erronées (Egypte : mort clinique...). La loi française est la plus rigoureuse : 2 médecins, un examen du donneur (qui n'est plus capable notamment de respirer) et 2 électroencéphalogrammes à 4h de distance pendant 30 min sans aucun médicament dans le sang qui puisse perturber cet examen.
Cela dépend pourquoi vous avez un PM.
C'est possible dans certaines conditions très très rares. La mort encéphalique est la principale source d'organe en France. Elle est diagnostiquée en Réanimation.
Donneur de rein possiblement. Pour la carte vitale, cela change la loi. Il est prévu de mettre dessus que vous connaissez la loi (si vous êtes contre vous l'avez dit...)
Oui, mais dites le à vos proches aussi.
Affaire de spécialiste. Cornées peut être.
En général, il y a un receveur en France. Si ce n'est pas le cas, un receveur est cherché en Europe.
Pour le don d'organe, ce n'est pas absolu. Cela devrait changer.
Le diagnostic doit être fait suivant une modalité très précise. Voir réponse plus bas.
Non, c'est écrit dans les lois de bioéthique: Anonymat donneur/receveur.
Vous pouvez être donneur (se). Parlez-en autour de vous.
La possibilité du prélèvement est limité à quelques heures (aggravation des organes). Si la personne n'a pas de famille, nous essayons de trouver des proches...
Il y aurait trop peu de gens inscrit.
Cela dépends du traitement et de la maladie.
Bravo. Effectivement, on peut donner tout au long de la vie : sang de cordon, sang, plasma, plaquettes, moelle et organes. Félicitations.
Affaire de spécialiste mais parler du don d'organe autour de vous est une bonne chose. Un prélèvement ne sera effectué qu'après avoir analysé votre dossier médical.
C'est rarissime, il s'agit d'une réaction médullaire appelé syndrome de Lazare. Cela témoigne du fait que le cerveau est détruit mais pas la moelle épinière. C'est un réflexe. Comme le ver de terre coupé en 2.
Partout en France voir en Europe. Une organisation est alors mis en place : escorte, avion....
Oui.
Oui, de manière succinte : par exemple : rein D, Homme 30 ans, va bien.
Affaire de spécialistes.
Demander à votre généraliste (sérologies virales...).
C'est la difficulté de l'entretien avec les proches. Le défunt, en ayant pris position de son vivant doit avoir le dernier mot...
Merci pour votre témoignage.
La discussion avec les proches sur les conduites récentes à "risques" et un bilan de sécurité sanitaire.
Oui.
C'est rare, mais cela est possible. Probablement pas à la naissance.
Cela correspond à l'absence d'activité électrique du cerveau (neurones détruits). Même quand vous dormez, votre cerveau produit beaucoup d'électricité...
La famille n'a pas le droit de s'opposer mais nous devons aussi respecter le deuil de la famille. Nous discutons avec eux pour recentrer notre discours sur les dernière volontés du défunt.
Oui, pour cela il faut s'adresser dans un centre qui fait de la greffe pour le meilleur bilan-timing.
Nous discutons avec le proches, nous regardons les cicatrices, nous interrogeons le médecin généraliste et des examens sont réalisés (scanner...).
La mort clinique n'existe pas. Il faut parler de mort encéphalique. Le cerveau est détruit en entier et de manière irréversible.
Voir le site de l'agence de la biomédecine.
Super.
Affaire de spécialiste. Mais je pense que non.
Demandez aux médecins qui suivent votre grossesse.
Oui pour 7 personnes...
Ce n'est pas gênant mais les gens mélangent tout. Je comprends votre questionnement, mais le canard sans tête cours dans la basse cour....
Quelques mois.
Il n'y a pas de "neurones" hors du cerveau, il y a des nerfs.
Je vous incite à voir l'examen qui montre qu'il n'y a plus de vascularisation cérébrale. Vous n'aurez plus de doute. Néanmoins, la question que vous posez et très importante et est surement un frein pour plein de personnes.
Oui.
Les réponses de Joëlle Florit, infirmière coordinatrice de prélèvement au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris
Bien sur vous pouvez contacter les coordinatrices au sein de votre groupe hospitalier, les coordinatrices vous aideront sans problème.
Il n'y a pas de carte de donneur officielle beaucoup de cartes de donneur sont utilisées, celle de l'agence de la biomédecine, greffe de vie ... France Adot.
Car beaucoup de familles n’ont pas la connaissance de cette carte que vous avez remplie.
Bien sûr vos proches seront contactés.
Sur le groupe hospitalier nous sommes situés au pavillon Gaston Cordier au premier étage.
Bien sur mais c'est une démarche différente et il faut contacter la faculté la plus proche de votre domicile.
Oui car pour le prélèvement au niveau des yeux ce n'est que la partie superficielle de l'oeil c'est la cornée et c'est très important car nous avons besoin de beaucoup de greffons cornéens.
Non le don d'organe est anonyme.
C'est votre volonté qui sera respectée.
Je peux vous assurer le respect du corps par toutes les équipes qui participent au prélèvement et nous nous sommes conscients du don qui a été fait par les proches endeuillés, à travers la volonté que vous avez émise.
Cela dépend des circonstances du décès tous les prélèvements d'organes ne sont pas soumis à la justice, seuls les morts encéphaliques ayant une cause particulière, par exemple accident de la voie publique, autolyse....
C'est après le diagnostic paraclinique ( E.E.G...) de la mort encéphalique que l'heure de DC est déterminée.
Contactez le service ou vous avez été greffé.
Bien sur suivant vos antécédents.
Bien sur à leur demande nous leur donnons des nouvelles des greffés en préservant l'anonymat.
Je peux vous assurer que tous les médecins signant le certificat de DC sont sûr de l'état de mort encéphalique tous les examens sont effectués dans un ordre bien précis conforme à notre loi de bioéthique.
La révision de la loi de bioéthique le permet maintenant parlez-en à votre service de greffe pour connaitre la marche à suivre.
Le prélèvement doit se faire le plus rapidement possible car le coeur peut s'arrêter à tout moment malgré la réanimation d'organes entreprise.
Oui ce souhait sera respecté pour nous l'important est de respecter le souhait du défunt et nous sommes au bloc opératoire tout le temps.
Oui car tous les documents ne portent pas de nom mais un n° CRISTAL attribué par l'agence de la biomédecine.
Très peu d'organes sont envoyés à l'étranger car beaucoup de personnes sont inscrites sur les listes d'attentes mais oui la loi française s'applique.
Merci plus les personnes se positionneront en faveur d'un don, moins les personnes décèderont en attente d'une greffe.
Car la loi de bioéthique prévoit des sanctions.
En savoir plus
Aujourd’hui, le prélèvement est possible à tous les âges. Pour les mineurs, l’autorisation des parents ou des tuteurs légaux est indispensable au don. En 2010, 3,8 % des donneurs avaient moins de 17 ans, 33,2 % de 18 à 49 ans, 32,1 % de 50 à 64 ans et 26,6 % plus de 65 ans.
Aucun état de santé n’est un obstacle à priori et le prélèvement peut être envisagé même sur certains donneurs sous traitement médical, ou qui ont des antécédents médicaux lourds. Les médecins sont seuls juges, au cas par cas, de l’opportunité du prélèvement. Pour être donneur, la démarche officielle consiste à dire clairement à votre famille qu’en cas de décès vous souhaitez donner tout ou partie de vos organes.
Vous pouvez choisir de porter sur vous une carte de donneur, mais il faut savoir qu’elle ne remplace pas l’échange avec les proches : carte ou non, les médecins interrogent toujours la famille ou la personne qui partageait la vie du défunt pour vérifier qu’il n’était pas opposé au don, conformément à la loi. Par ailleurs, les cartes de donneur sont rarement retrouvées sur les corps des défunts.
En France, la loi considère que tout le monde est donneur d’organes par défaut : ne pas s’inscrire au registre national des refus, c’est accepter de donner ses organes. Dans les faits, avant d’entreprendre un prélèvement, les équipes de greffe consultent toujours les proches du défunt pour s’assurer qu’il n’avait pas manifesté d’opposition au don, ou qu’il avait confirmé son accord pour le don d’organes.
Si vous décédez brusquement dans des conditions qui permettent le prélèvement d’organes, si vous étiez opposé au don de vos organes et que vous vous étiez inscrit au registre national des refus, cette mention a une valeur légale, le prélèvement n’est pas envisagé. Dans tous les autres cas, la consultation des proches est obligatoire avant d’envisager tout prélèvement.
Le don d’organes n’est possible que dans les cas de décès bien particuliers, souvent consécutif à des traumatismes crâniens ou à des accidents cardio-vasculaires. Ils représentent à l’heure actuelle moins de 1 % des décès à l’hôpital. Il est donc rare, c’est pour cela que chaque possibilité est précieuse. Pour sauver le plus de vies possible, il est important d’y réfléchir et de dire clairement son souhait à sa famille.
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