Ch@t : Cataracte
Ch@t du 6 janvier 2011 : Avec les réponses des docteurs Damien Gatinel et Alain Saad, ophtalmologistes à la fondation Rothschild.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le
Les réponses du Dr Damien Gatinel, ophtalmologiste
Oui c'est normal, un peu de patience et vous serez à nouveau "à l'aise" avec les deux yeux !
Vos symptômes ne sont a priori pas en rapport avec la cataracte mais une cause soit inflammatoire, soit infectieuse (soit les deux) de type kératite, uvéite… sont à même de provoquer douleurs et photophobie. Consultez rapidement !
C'est théoriquement possible mais risqué. Une solution consistant à opérer la myopie et/ou l'astigmatisme résiduel par une opération laser sur la cornée est certainement préférable car moins invasive et tout aussi (voire plus) précise.
C'est effectivement la même chose : l'implant remplace le cristallin. Sa pose est systématique.
Même en cas de traitement immunosuppresseur, la chirurgie de la cataracte est possible. Des mesures prophylactiques spéciales pourront être prises le cas échéant (antibiotiques locaux en fin d'intervention, couverture par antibiotiques en cachets en postopératoire immédiat).
Tous les traumatismes peuvent malheureusement conduire à une cataracte, dont le délai d'apparition est très variable. Cela dit, un simple coup d'arc ne suffit pas en général, il en faut plus !
Malheureusement, votre fils est probablement amblyope, et une intervention tardive risque de ne pas beaucoup l'améliorer sur le plan visuel...
Rassurez vous, cette situation est très fréquente, et la chirurgie de la cataracte ne fait pas saigner (ou très peu). Une technique par anesthésie par gouttes est tout à fait adaptée à votre situation.
Si l'opacité cornéenne est importante, elle causera une réduction de la vision même si vous êtes opéré de la cataracte. Il faut donc régler ces deux problèmes, a priori indépendants.
Non, mais il faudra surveiller la pression intraoculaire après l'intervention, et opérer quand celle ci sera « équilibrée » par un traitement local (collyres anti glaucomateux).
Un bilan comportant une topographie cornéenne, un examen aberrométrique, une vision des contrastes… permettrait peut-être d'en savoir plus.
L'opération est possible, mais il faut la réaliser dans de bonnes conditions locales (pas d'inflammation) et si le jeu en vaut la chandelle, donc les praticiens qui vous suivent ont certainement de bonnes raisons pour vous faire patienter.
Difficile de répondre à votre question sans examen ophtalmologique : si votre vue se corrige avec des lunettes, une opération laser de la cornée (Lasik par exemple) pourrait améliorer votre acuité visuelle. Si votre traumatisme a provoqué des anomalies « organiques » avec séquelles, c'est peu probable malheureusement. Consultez toutefois pour faire un bilan.
En cas d'accident oculaire, ou si une nouvelle intervention était nécessaire, il peut être utile de connaitre le type et la puissance des implants posés !
Difficile de vous répondre sans examen particulier, mais la présence possible d'opacités cornéennes peut expliquer que votre ophtalmologiste préfère ne pas vous opérer pour l'instant (de même qu'une possible amblyopie).
Oui, une opération standard est possible a priori, mais si votre œil est amblyope ("faible" sur le plan sensoriel), malheureusement, l'intervention ne vous sera pas d'une grande utilité.
Non, un trouble localisé du champ visuel n'est pas un symptôme de cataracte. Vos troubles évoquent en premier un problème rétinien. Consultez votre ophtalmologiste.
Si vous avez des anomalies du champ visuel associées (ce qui est inhérent au glaucome), la pose d'implants multifocaux n'est pas recommandée, sauf exception (glaucome modéré, suivi, traité, stable …)
Les muscles de l'œil ne sont pas concernés par la cataracte. Vous pouvez envisager une intervention si votre myopie vous gêne et que vous ne supportez plus les lentilles par exemple.
On ne peut pas vraiment l'empêcher, elle se traduit par l'opacification du sac capsulaire et une "capsulotomie" au laser YAG permettra de la traiter. C’est un geste effectué sous anesthésie par goutte, il dure 5 mn, sans hospitalisation.
Non, la cataracte s'opère quel que soit l'âge, si elle est responsable d'un trouble visuel gênant.
Nous prenons toujours de grandes précautions car la survenue d'une complication oculaire est toujours redoutée. On opère donc les patients « monophtalme » (un seul œil fonctionnel) en faisant très attention à prévenir toute complication (infectieuse en particulier).
Non, la chirurgie de la cataracte chez les opérés de glaucome est tout à fait réalisable dans les mêmes conditions, et peut de surcroit améliorer (réduire) la pression intraoculaire à terme. Cependant, il faudra peut être intensifier ou remettre des gouttes pour baisser la tension pendant la phase postopératoire précoce.
Pas spécialement, même si la myopie (forte surtout) est un facteur de risque pour la cataracte.
Le risque lié à une anesthésie générale, même faible, ne justifie pas sa réalisation pour une intervention qui dure 10 mn seulement. Pour les phobiques, on peut cela dit « potentialiser » l'anesthésie par l'injection de substances relaxantes.
La vision des couleurs est souvent perçue comme modifiée après la chirurgie, c'est une question plus profonde qu'il n'y parait car le cristallin naturel filtre une partie des couleurs, la cataracte une autre (les bleus sont atténués) et les implants encore une autre (les bleus paraissent renforcés, par contraste avec la situation préopératoire...). Mais où sont les vraies couleurs...?
Quand on a été opéré auparavant de la myopie, il faut effectivement prendre des précautions vis-à-vis du calcul de l'implant et utiliser des formules de calcul plus précises.
Si l'on place un implant "monofocal", et que cet implant donne une vision nette de loin, il faudra que vous portiez des lunettes pour voir de près (comme les sujets presbytes). Sinon, il faut utiliser des implants multifocaux.
Ces symptômes m'évoquent plutôt une migraine ophtalmique... la cataracte ne provoque pas de scintillements spontanés...
Non, on peut opérer la cataracte même en cas d'antécédent de chirurgie de la rétine. Simplement, une surveillance du fond d’œil devra être pratiquée après l'opération (à 3 mois, 6 mois, puis tous les ans).
S'il n'y a pas de cataracte, il n'y a pas de prise en charge de la Sécurité sociale pour les interventions dites du « cristallin clair » (mais qui se déroulent comme une chirurgie classique, avec pose d'un implant dont la puissance est calculée pour corriger l'hypermétropie et éventuellement la presbytie).
Il est tout à fait possible que ces symptômes soient ceux d'une cataracte débutante, un examen ophtalmologique pourra le confirmer, et ce même si votre acuité visuelle est toujours de 10/10. Il existe des examens objectifs qui peuvent montrer l'effet d'un début de cataracte.
Je suis certain que vous pourrez trouver un hôpital public proche de votre domicile où consultation et rendez-vous opératoire pourront avoir lieu dans un délai restreint.
Non, car la lumière du microscope masque généralement les gestes. Les patients voient souvent des couleurs vives ou pastel, de beaux arcs-en-ciel…
Si vous êtes gêné et que cette baisse de vision est liée à la cataracte, alors il est légitime de vous proposer l'intervention, quel que soit votre âge !
Non, la cataracte débutante ne provoque pas de gêne en terme de "sensation", ni douleurs.
Il faut déterminer la cause de ces symptômes : une consultation en milieu spécialisé avec topographie cornéenne, aberrométrie est nécessaire. Il ne sera peut être pas possible de remédier à ces troubles, mais au moins la cause pourra en être élucidée.
Vous ne comprenez pas et moi non plus ! Si vous avez une cataracte, la myopie pourra être totalement corrigée quel que soit son degré (ou partiellement si vous souhaitez garder une petite myopie pour voir de près, d'un œil par exemple).
Les antibiotiques ne sont pas une cause identifiée pour la cataracte (les corticoïdes le sont en revanche). Il faudra dans votre cas être particulièrement attentif au risque infectieux postopératoire au niveau de l'œil (si vous êtes immunodéprimé ou sensible aux infections), mais la chirurgie oculaire (contrairement à la chirurgie dentaire par exemple) n'est pas un risque d'infection vasculaire.
Il n'y a pas véritablement de traitement préventif mais on peut éviter certains facteurs de risques comme les traumatismes oculaires, l'exposition solaire sans protection (verres solaires de bonne qualité), la prise prolongée de certains médicaments ou pommades ophtalmiques quand ils ne sont pas utiles (corticoïdes en particulier).
La durée de vie d'un implant est supérieure à l’espérance de vie de l'être humain ! On pose des implants chez les enfants opérés de cataracte congénitale et ces implants peuvent rester à demeure à vie.
Les chiffres d'acuité visuelle ne sont qu'un élément du diagnostic. Si vous êtes gênée, et que cette gêne est liée à la cataracte, alors une intervention est parfaitement justifiée (la cataracte provoque souvent au début des symptômes qui précèdent la perte de dixièmes). Il ne faut pas être dogmatique, surtout si vous êtes active (conduite, sport…)
Un implant à deux foyers permet au patient de voir de loin et de près sans lunettes. Il existe même des implants à trois foyers qui permettent aussi de procurer une bonne vision intermédiaire. Ces implants peuvent être posés à condition de vérifier qu'il n'y ait pas de contre-indication préopératoire.
Les réponses du Dr Alain Saad, ophtalmologiste
Oui, une cataracte congénitale est opérable si elle entraine une baisse de vision.
Un résidu de myopie peut permettre de préserver plus longtemps une vision de près. Il s'agit d'une discussion faite au préalable entre le chirurgien et le patient selon ses besoins visuels.
Oui, c'est l'une des caractéristiques classiques de la Cyclite de Fuchs.
La technique reste la même, avec quelques précautions au moment du geste, et tous les centres sont susceptibles de prendre en charge ce type de pathologie. Le risque de décompensation cornéenne pouvant nécessiter une greffe est dans tous les cas difficile à prévoir.
Tout dépend du degré d'opacification du cristallin (s'il permet ou non l'accès au fond d’œil), mais aussi du stade évolutif et de l'activité de la DMLA.
Cela dépend des autres atteintes au niveau de l'œil (cornée, rétine...) expliquant cette acuité visuelle. Un examen ophtalmologique est nécessaire pour répondre plus précisément à votre question.
Oui, tout à fait, avec prise en compte des nouvelles caractéristiques optiques de votre œil (modifiées en partie lors de votre chirurgie réfractive).
L'implant multifocal permet une meilleure vision de près par rapport à l'implant monofocal. Il présente néanmoins certains effets secondaires (légère baisse de la qualité de vision de loin surtout la nuit) qui doivent être discutés au cas par cas.
Le décollement de rétine fait partie des complications possibles d'une chirurgie de la cataracte, d'autant plus sur une rétine ayant déjà présenté ce problème, d'où la nécessité d'une surveillance en postopératoire.
Oui, peut-être avec une petite correction par verres de lunettes.
Non, si la cataracte est objectivée par des instruments adéquats et qu'elle est gênante visuellement et pour la surveillance du fond d’œil, auquel cas le bénéfice de la chirurgie dépasse le risque encouru.
Le changement d'implant est une chirurgie complexe, dont le risque et les complications peuvent apparaitre supérieurs aux bénéfices attendus.
Le but du laser est justement d'ouvrir la capsule opacifiée pour améliorer la vision.
Oui, la chirurgie de la cataracte est prise en charge par la CPAM dans les hôpitaux publics et dans les établissements privés sans dépassements d'honoraires.
Non, le kératocône ne contre-indique pas la chirurgie de la cataracte. Les nouveaux implants toriques (qui corrigent l'astigmatisme) permettent même parfois de réduire la dépendance aux lunettes en postopératoire.
Bien sûr si vous avez une cataracte.
Oui, l'ablation du cristallin opacifié permet dans certains cas de faire baisser la pression intraoculaire, au moins de façon transitoire.
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La cataracte est l'opacification de tout ou partie du cristallin. Baisse progressive de la vue, trouble de la vision des couleurs, gène face à la lumière vive... Ce sont les signes de la cataracte qui apparaissent le plus souvent à partir de 60 ans mais elle n'est pas rare à partir de 50 ans et peut même survenir dès l'âge de 40 ans. C'est une pathologie très fréquente, 150 000 à 200 000 interventions chirurgicales de cataracte sont pratiquées chaque année en France. Le seul traitement est chirurgical.
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