C'est à l'hôpital que nous mourrons

C'est à l'hôpital que nous mourrons

La fin de vie se déroule encore très généralement à l'hôpital en France malgré la volonté de "limiter la médicalisation" des derniers instants de l'existence, indique un rapport publié mardi 11 décembre 2012.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Le désir de mourir chez soi

"Près de 60% des Français décèdent à l'hôpital", indique ce rapport basé sur des chiffres de 2008 et publié par l'Institut de Veille Sanitaire (InVS - BEH n°48/2012).

Pourtant, "la déhospitalisation de la mort est un enjeu important tant pour répondre aux souhaits de la population qu'en raison du coût financier lié à une hospitalisation", souligne l'étude, signée par des responsables de l'Observatoire national de la fin de vie et du CépiDC (Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès).

La plupart des patients expriment le désir de finir leur vie chez eux et, parallèlement, se développent des politiques de santé pour favoriser le maintien à domicile des patients, y compris en fin de vie, avec par exemple le développement des soins palliatifs à la maison.

Mais les chiffres montrent une réalité toute différente : "En 2008 en France, 57% des décès sont survenus à l'hôpital, 27% à domicile et 11% en maison de retraite", indique ce rapport, notant au passage que la probabilité de mourir à l'hôpital n'a pas varié en 15 ans.

L'influence des proches

L'étude du BEH précise que "la grande majorité des décès par tumeur se produisent à l'hôpital (72%)".

Les décès des malades d'Alzheimer se déroulent autant en maison de retraite (34,4%), qu'à domicile (30,8%) ou à l'hôpital (31,8%), grâce au développement "des prises en charge alternatives" dans le cadre des plans Alzheimer mis en place depuis 2001.

Les célibataires meurent moins souvent à l'hôpital que les personnes mariées : "L'hospitalisation peut être influencée par les proches" et "la solitude pourrait favoriser le décès à domicile en raison d'un défaut de prise en charge", note-t-on.

Enfin, plus on est âgé plus on augmente la probabilité de mourir à l'hôpital, ce qui s'explique en partie par "le vieillissement de l'entourage" et la difficulté pour un conjoint âgé d'assumer la fin de vie à la maison de son époux/épouse.

Réflechir sur la fin de vie

Récemment, une enquête sur la fin de vie de l'Ined montrait que près de la moitié des décès survenus en décembre 2009 avaient été précédés d'une décision médicale ayant pu hâter la mort.

Ces études sont publiées alors que, d'ici la fin de l'année 2012, le Pr Didier Sicard doit rendre les conclusions d'une mission, demandée par François Hollande, au sujet de la fin de vie et de l'euthanasie.

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