Accros aux médicaments

Ch@t du 5 juin 2012 de 15h à 16h : les réponses du Dr Yves Edel, psychiatre et du Dr Elisabeth Collin, médecin de la douleur.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Dr Yves Edel, psychiatre

Votre consommation de Lexomil® correspond à une indication précise qui s'est poursuivie au delà de la durée habituelle soit 3 à 6 mois. De mon point de vue, je peux vous conseiller d'en reparler avec vos médecins ou en parler à un addictologue.

Le sevrage hospitalier aux benzodiazépines est le plus long pour des raisons de sécurité neurologique soit 3 semaines avec des contrôles EEG réguliers, une prise en charge psychologique et un traitement dégressif par un anxiolytique une qui soit d'une durée de vie plus longue que la molécule à l'origine de la dépendance mais vous ne dites rien de la quantité de Temesta® consommée ? En aucun cas vous ne devez arrêter brutalement ce traitement au risque de souffrir d'un phénomène de rebond ou d'un authentique sevrage aux benzo de toute façon prenez le temps de demander un avis spécialisé à un addictologue dans un climat de confiance qui est déterminant pour faire aboutir votre démarche de soins.

Sur le fonctionnement d'un organe cible ou de plusieurs organes cela dépend du médicament, en principe tout médicament à ses indications et l'on doit vous informer des effets secondaires ou des risques du médicament avec les complications les plus fréquentes (neurologiques, cardiaques, respiratoire, rénal etc..)

La particularité du Rivotril® est comme vous le savez d'avoir changé de statut pour ses prescriptions depuis quelques mois justifiant désormais d'une ordonnance sécurisée et d'une prescription exclusivement par un neurologue. Je vous conseille donc de demander un avis avant de procéder de vous même au passé même si votre indication initiale semble avoir été la douleur.

Dangereux non si vous considérez que ce traitement vous aide a mieux vivre au quotidien, même si au bout de quelques années on peut toujours se poser la question de savoir si ce traitement est toujours pertinent dans les suites de son indication initiale soit un épisode dépressif sévère ? Dans votre cas je ne parlerais ni d'abus à fortiori ni de dépendance. Avec l'âge il est toujours bon de réévaluer le bénéfice/risque d'un traitement, mais l'important reste votre qualité de vie.

L’arrêt d'un traitement par paroxétine se fait progressivement avec votre prescripteur mais il vous faut atténuer d'abord votre sans anticipation anxieuse négative. Vous pouvez-être rassurée sur les conditions de cet arrêt progressif à la condition de penser que l'épisode dépressif initial est oublié sans crainte de rechuter. Si vous êtes dans une situation de dépression sévère a rechute régulière le traitement est justifié au long cours. L'objectif pour vous est le maintien de votre qualité de vie. Je vous conseille la lecture d'un livre bien documenté et très pédagogue sur cette question Pr A. Pelissolo : Comment bien se soigner avec les médicaments psy (édition Odile Jacob).

Le psychiatre que je suis depuis quelques années déjà vous demande instamment de ne pas culpabiliser, car la la paroxétine a une indication d'efficacité dans les troubles anxieux, même sur une longue durée il n'y a pas a priori d'abus ou de dépendance mais anticipation anxieuse négative a chaque fois que vous vous posez la question de l'arrêt du traitement. Mais si cette culpabilité vous empêche de vivre c'est que l'anxiété a soulager doit s'associer à d'autres techniques de soins comme des groupes de paroles, des prises en charge psycho, des méthodes de relaxation etc… Sans jamais oublier dans votre champ personnel les activités culturelles qui vous valorisent et le maintien des effets bénéfiques de la lecture, je veux parler évidemment de la grande littérature.

Théoriquement tous les centres hospitaliers sont dotés d'une consultation de la douleur avec des avis concernant douleurs aiguës et douleurs chroniques (mais liste d'attente souvent longue pour accéder aux consultations hélas). Comme vous le savez la douleur chronique est un serpent de mer qui recouvre de situations multiples et souvent complexes dans ses répercussions psychologiques, traumatiques, ou chronicisantes etc. Réponse trop brève mais vous obligeant à réinterroger votre médecin référent et des correspondants spécialisés.

La première étape est d'être également soignante pour soi-même alors que l'on s'occupe des autres toute la journée, prenez le temps de trouver un interlocuteur de confiance (le regard des autres c'est aussi un trouble anxieux qui peut être invalidant quand il dure), contactez si besoin une équipe d'addictologie hospitalière ou un addictologue en privé (mais il y en a peu) ou en CSAPA (centre de prise en charge ambulatoire es addictions ) ou si vous êtes décidée un collègue psychiatre ou psychothérapeute à qui vous êtes prête à faire confiance. Bon courage.

Comme tout codéiné le Dicodin® présente des risques d'abus et de dépendance qu'il vous faut connaitre et appréciez régulièrement avec votre prescripteur.

Les réponses Dr Elisabeth Collin, médecin de la douleur

De la mésothérapie pourrait vous soulager, parfois des patch de Lidocaïne (indication hors d'autorisation de mise sur le marche, donc avec un risque de non remboursement) pourraient également vous soulager.

Le Rivotri®l est une benzodiazépine assez ancienne pour laquelle il n'y a pas eu d'étude permettant de montrer son efficacité dans certaines douleurs. Cela étant, l'absence de preuve n'est pas l'absence d'efficacité. Donc, si quelques gouttes vous soulage et permettent une vie active, il n'y a pas lieu d'arrêter ce médicament (pris à très faible dose). L’agence du médicament a restreint la prescription de ce médicament hors indication de l'épilepsie car il était de plus en plus prescrit avec parfois des détournements de son utilisation (il existe, par exemple des risques de soumission chimique). Si vous souhaitez poursuivre ce médicament car après évaluation de vos douleurs avec un médecin spécialisé, il n'y a aucune alternative, un neurologue une fois par an devra le prescrire et ensuite votre médecin traitant pourra poursuivre la prescription. Il est tout à fait pertinent que l'intérêt sur vos douleurs, de ce type de traitement non dénué d'effets indésirables (risques de dépendance, de trouble mnésique, de somnolences importantes...) soit réévalué régulièrement.

Des alternatives existent, il faut en parler avec des spécialistes travaillant dans un centre multidisciplinaire de la douleur ou des migraines.

Pour trouver le sommeil des alternatives plus "naturelles" peuvent être utilisées : séance de relaxation, autohypnose, phytothérapie, acupuncture...Vous pouvez être aidé par votre médecin ou des services spécialisés. C'est souvent la peur qui empêche de faire le premier pas...Accepter de moins bien dormir de temps en temps...

Beaucoup de médicaments agissent sur des sites dans le cerveau qui s'habituent à la présence d'une substance. Si, tout d'un coup, il n' y a plus la substance (vous ne prenez plus le médicament), il y a des manifestations corporelles de l'absence. C'est se qu'on appelle un syndrome de sevrage "physique". Ce n'est pas un signe de dépendance psychique. L'arrêt de ces médicaments est possible mais il faut le faire très progressivement. Vous pouvez reprendre le Lyrica® sans aucun problème mais à nouveau faites le progressivement comme probablement vous l'aviez fait au départ pour trouver la bonne dose pour soulager vos douleurs.

Les signes que vous décrivez indiquent effectivement que ce médicament n'est pas une bonne indication pour vous. Pour l'arrêter il faut le faire avec un spécialiste de la douleur et/ou avec une unité d'addictologie de liaison et de soin (qui peut travailler en binôme avec l'équipe spécialisée dans la douleur).

Il faut en parler à votre médecin diabétologue qui saura vous orienter pour éviter ces angoisses...

Dans toute prise médicamenteuse il faut évaluer les bénéfices d'un traitement : ici soulagement d'une douleur reprise d'activité, et les effets indésirables. Il peut être nécessaire de tenter de trouver des alternatives en cas d'effets toxiques.

Le paracétamol peut être toxique sur le rein, le foie, avoir des effets paradoxaux comme des céphalées. Cela étant, si ce traitement vous permet de vivre avec moins de douleur et que vous restez dans la dose prescrites, c'est possible de le prendre au long court. Si vous le prenez pour autre chose que la douleur, il faut le remettre en question.

Pourquoi pas !

Peut-être eut il fallu le faire en diminuant les doses progressivement. Vous avez l'air particulièrement sensible à ce sevrage brutal. Soit vous êtes patiente comme l'indique votre médecin, soit, il ne me parait pas impossible de prendre le soir un Tramadol® à 100 mg par exemple pour mieux dormir. Ensuite au bout de 2 à 4 semaines (peut-être) diminuer à 50 mg LP et ensuite pendant quelques temps encore du Tramadol® LP quelques temps. Le sevrage ne doit pas être une épreuve de force. Vous pouvez aussi reprendre un peu de Tramadol® LP 50 ou 100 dans la journée. Il peut être souhaitable d'aller vers une équipe spécialisée qui pourra vous aider...Des techniques psychocorporelles (relaxation...) peuvent vous aider également...

Des traitements médicamenteux (certains antiépileptiques par exemple).

Tant que la douleur est soulagée (et rien que la douleur) il n' y a pas de problème. Dès que le traitement est pris pour autre chose : effets psychostimulants, amélioration d'une tristesse ou du sommeil, la dépendance peut se développer rapidement. Associer le traitement médicamenteux avec d'autre technique non médicamenteuse pour traiter votre douleur améliore la situation.

Vous ne dites pas pourquoi, notamment si vous avez une douleur. Si c'est pour des effets psychostimulants, faites vous aider.

Il ne s'agit pas d'une addiction mais à cet âge, il est indispensable qu'il soit prit en charge par un centre spécialisé pour la douleur de l'"enfant". Je ne sais pas où vous habitez mais vous pouvez vous renseigner auprès du centre de la douleur de l'enfant à l'hôpital trousseau ou Robert Debré à Paris.

Il n'est pas pertinent d'augmenter le Rivotril® pour ce type de douleur. Le Rivotril® n'est pas une bonne indication pour les douleurs pelviennes, ce d'autant que vous avez des effets indésirables "affreux". Tout traitement qui donne des effets indésirables "affreux" DOIT être arrêté.

Les effets au long court sont mal connus. S'il vous permet de mener une vie qui a un sens, ce n'est pas un problème. Il n'est pas toujours judicieux de fonctionner en arrêtant de temps en temps les traitements et de les reprendre brutalement. Il vaut mieux, parfois, ajuster plus précisément. En prendre un peu plus puis un peu moins quand ça va mieux. Jouer également avec des formes LP et des formes à libération "immédiate" en prévention d'accès douloureux

Il faut trouver un centre d'addictologie qui vous écoute !

Il faut réévaluer votre douleur dans un centre spécialisé avec une équipe pluridisciplinaires entrainée à la prise en charge de la douleur pour trouver plusieurs traitements qui puissent vous aider (médicament ou non).

Probablement, dépendance si vous n'en n'avez pas besoin !

Réévaluation par une équipe entraînée, les médicaments seuls ne peuvent vous aidez. Penser aux traitements non médicamenteux et la prise en charge associée de la dépression.

Allez dans un centre de la douleur de l'enfant !!!

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La France est championne d’Europe pour sa consommation de médicaments, (notamment des antibiotiques malgré les campagnes d’informations à ce sujet) alors que l’état de santé de sa population n’est pas nettement meilleure… D’après les chiffres de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, le marché pharmaceutique a progressé de 4,7% en moyenne par an depuis 2000 et les français ont absorbé en moyenne pas moins de 48 boîtes de médicaments chacun en 2010. Une consommation impressionnante. Les laboratoires développent d'ailleurs des trésors d'imagination pour les rendre toujours plus attirants, renforcer ainsi notre attachement et qu'ils soient rentables.

Alors que se joue-t-il dans cette relation particulière que nous entretenons à nos précieuses pilules, ampoules et autres comprimés ? Qu'est-ce que notre consommation dit de nous ? Comment trouver la bonne distance entre eux et nous ?

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