Un espoir dans l'infertilité suite aux traitements anti-cancéreux

La chimiothérapie et la radiothérapie sont responsables d'irréversibles atteintes de la fertilité chez les femmes souffrant de cancer. Deux protéines récemment découvertes par des chercheurs australiens, PUMA et NOXA, pourraient constituer un nouvel espoir pour ces femmes. Comment ? Simplement en prévenant la mort programmée des ovocytes lésés par les traitements anti-cancéreux.

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Un espoir dans l'infertilité suite aux traitements anti-cancéreux
Un espoir dans l'infertilité suite aux traitements anti-cancéreux

Chaque femme naît avec un stock d'ovocytes immatures, dits follicules primaires, stock qui de cycle menstruel en cycle menstruel décroît physiologiquement jusqu'à un quasi épuisement aboutissant à la ménopause.

Des chercheurs australiens de la Monash University et le Prince Henry's Institute of Medical Research ont identifié deux protéines, PUMA et NOXA, à l'origine de la mort des ovocytes lésés par la chimio ou radiothérapie. Ces protéines s'activent en réponse à la lésion de l'ADN cellulaire et entraînent ainsi une ménopause précoce par épuisement du stock d'ovocytes.

Selon le professeur Clare Scott, oncologue et membre de l'équipe : "La mort des cellules lésées est un processus naturel, essentiel pour rester en bonne santé, mais qui peut devenir dévastateur pour les femmes subissant un traitement anti-cancéreux".

Les chercheurs ont irradié pendant cinq jours des souris saines et des souris dépourvues de PUMA. Après ces cinq jours, les souris saines avaient perdu l'ensemble de leur stock d'ovocytes. Chez les souris déficientes, 15 % des ovocytes avaient survécu à l'irradiation, pourcentage suffisant pour maintenir une fertilité. Mais le principal fut découvert par la suite : l'ADN lésé des ovocytes dépourvus de PUMA était capable de se réparer. Découverte étonnante pour les scientifiques qui jusque-là pensaient qu'un ovocyte avec avec un ADN lésé serait incapable de donner, après rencontre avec un spermatozoïde, une descendance viable.

Les souris dépourvues de PUMA et de NOXA, quant à elles, étaient encore plus résistantes à l'irradiation, en ne perdant que 50 % de leur stock d'ovocytes.

Des futurs traitements pourraient ainsi bloquer PUMA, empêcher la mort des ovocytes et maintenir la fertilité des patientes traitées par radio-chimiothérapie.

Selon le Pr. Jock Findlay, spécialiste de la reproduction, cette étude ouvre de nouveaux champs pour retarder la ménopause et ainsi prolonger la fertilité de la femme et diminuer les risques cardio-vasculaire et ostéoporotique associés.

Source : "Cell death discovery suggests new ways to protect female fertility", Walter+Eliza Hall Institute of Medical Research, 22 septembre 2012.

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