Superbactéries : test de dépistage pour les rapatriés sanitaires

Tous les patients faisant l'objet d'un transfert interhospitalier (d'un établissement à l'étranger vers un établissement français) feront bientôt l'objet de tests de dépistage de résistance bactérienne, y compris pour les bactéries multi-résistantes de type NDM-1, selon la Direction générale de la santé.

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Superbactéries : test de dépistage pour les rapatriés sanitaires
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Bactérie NDM1 : faut-il avoir peur ?

Reportage du 1er septembre 2010

Test de dépistage pour les rapatriés hospitalisés

"Nous attendons l'avis final du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), probablement en septembre" a précisé le professeur Didier Houssin, directeur général de la Santé.

"L'idée qui sera traduite dans les recommandations du HCSP aux hôpitaux et cliniques et aux professionnels de santé est qu'il serait prudent quand une personne est rapatriée d'un hôpital à l'étranger vers un hôpital ou une clinique en France de vérifier la possible présence d'une bactérie résistante, en particulier de celles de type NDM1 (apparues en Inde, ndlr), et dans l'attente des résultats de prendre des mesures de précaution", a-t-il expliqué. Surtout "si la personne présente des signes d'infections".

"L'idée de cibler des pays n'apparaît pas être une très bonne idée car le problème n'est pas limité au sous continent indien, d'une part parce qu'il existe d'autres formes de résistance qui peuvent être préoccupante, d'autre parce que le nouveau type de résistance NDM1 pourrait déjà se retrouver ailleurs", a-t-il poursuivi.

"Quelque vingt millions de voyageurs partent de France vers l'étranger sur toute l'année et les rapatriements sanitaires concerne 15 000 à 20 000 personnes chaque année".

Découverte d'une bactérie résistante aux antibiotiques

Une bactérie résistante à presque tous les antibiotiques a été découverte dans des hôpitaux britanniques, après avoir été transportée d'Asie du Sud par des personnes y ayant voyagé pour du tourisme médical, a révélé une récente étude, faisant craindre une propagation mondiale.

L'entérobactérie a été identifiée pour la première fois en 2009 par Timothy Walsh (université de Cardiff, Royaume-Uni) chez un patient suédois qui avait été hospitalisé en Inde. Mais, selon une étude publiée dans la revue britannique The Lancet Infectious Diseases, des chercheurs ont désormais isolée chez 37 patients au Royaume-Uni, dont certains avaient voyagé en Inde ou au Pakistan pour y subir une opération de chirurgie esthétique.

Il s'agit en réalité d'un gène de résistance, le NDM1 pour "New Delhi métallo-beta-lactamase" (NDM-1)", qui protège certaines bactéries, les entérobactéries, de l'action des antibiotiques. Or ces bactéries sont souvent responsables d'infections nosocomiales déjà graves.

"Le NDM-1 a un fort potentiel de se transformer en problème de santé publique mondial et une surveillance coordonnée est nécessaire", avertissent les auteurs de l'étude, soulignant que "l'Inde offre de la chirurgie esthétique à d'autres Européens et Américains et il est probable que le NDM-1 se répandra dans le monde".

Le NDM-1 résiste à pratiquement tous les types d'antibiotiques, y compris les carbapénèmes, généralement réservés aux urgences et au traitement des infections multi-résistantes les plus graves.

"Avec ce genre de bactérie, nous avons presque épuisé les antibiotiques. Seuls deux peuvent les combattre et l'un d'entre eux n'est pas très efficace. Il n'y aura pas de nouveaux antibiotiques disponibles dans dix ans. Si l'on permet à ces infections de se poursuivre sans traitements appropriés, on verra sans doute une certaine mortalité", a souligné M. Walsh dans une interview à la BBC.

"Il nous faut absolument un mécanisme de surveillance à l'échelle de la planète et de nouveaux antibiotiques originaux ciblant ce genre de bactéries", a-t-il ajouté.

44 cas positifs au type NDM-1 ont été identifiés dans l'Etat du Tamil Nadu (sud de l'Inde), 26 dans l'Etat du Haryana (nord), ainsi que sur d'autres sites en Inde, au Bangladesh et au Pakistan.

Le type NDM-1 a été isolé en Inde, au Pakistan, au Royaume-Uni, en Belgique, aux Pays-Bas, au Canada, aux Etats-Unis, en Australie, au Kenya, à Oman, en Allemagne et en France. La plupart des rapatriés sanitaires avaient été hospitalisés dans le sous-continent indien.

Source : AFP

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