Polluants atmosphériques : le dioxyde d'azote

Qu'est-ce que le dioxyde d'azote (NO2) ? Quel est son effet sur la santé ? A quelles concentrations est-il dangereux ? Qui est le plus exposé ?

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Polluants atmosphériques : le dioxyde d'azote
Polluants atmosphériques : le dioxyde d'azote
  • Quel est l'effet du dioxyde d'azote et à quelles concentrations est-il dangereux ?

Plusieurs études sur l'homme et différents mammifères montrent qu'aux concentrations courantes de NO2, les effets à court ou moyen terme de ce seul composé sur les poumons seraient "minimes ou indétectables".

L'OMS recommande que la concentration moyenne en NO2 de l'air respiré (moyenne mesurée sur un an) ne dépasse pas les 40 μg/m3. L'OMS préconise de ne pas s’exposer à une concentration moyenne horaire de plus 200 μg/m3.

En revanche, de nombreux travaux sur des sujets allergiques ont montré que la réactivité bronchique aux allergènes est augmentée en présence de concentrations modérées de NO2 (seuils doubles de ceux préconisés par l'OMS, voir encadré).

Des études épidémiologiques révèlent également une diminution de la fonction pulmonaire des populations exposées aux concentrations actuellement mesurées dans les grandes villes d'Europe et d'Amérique du Nord.

Le consensus scientifique fixe aujourd'hui à 10.000 μg/m3 le seuil à partir duquel des effets réversibles (essentiellement respiratoires) peuvent survenir, que l'exposition soit courte ou longue(1).

Certaines expériences ont toutefois montré qu'une exposition de quatre heures, durant quatre jours consécutifs, à des seuils proches de 4.000 μg/m3 (tunnel d'une autoroute) pouvait entraîner une inflammation (réversible) des voies respiratoires chez des sujets sains.

  • Production de PM2.5

L'OMS rappelle qu'en présence de rayons ultraviolets, le NO2 se décompose, en produisant de l'ozone (O3) et - en se liant à différentes molécules présentes dans l'air - en formant des aérosols de nitrates, qui représentent une proportion importante des PM2.5.

  • Qui en respire le plus ?

Selon une étude réalisée entre 2008 et 2009 par l'Observatoire régional indépendant de l'air en Midi-Pyrénées (ORAMIP), en France, les passagers d'une automobile sont exposés à une concentration moyenne de NO2 de 156 μg/m3. Dans un bus, cette concentration est de 62 μg/m3. Un piéton brasse un air ayant une concentration de 37 μg/m3 de NO2.

L'usager du métro évolue dans un air concentré à 28 μg/m3 (NO2), tandis qu'un cycliste inhale un air concentré à 22 μg/m3.

  • Qui produit le dioxyde d'azote ?

Les émissions de NO2 d'origine humaine proviennent essentiellement du chauffage, des moteurs des véhicules automobiles et de ceux des bateaux.

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(1) De façon plus générale, les effets toxiques mesurables sur le corps humain dépendent de sa concentration dans l'air et du temps d'exposition. Exposé une heure à des concentrations sept fois supérieur au seuil précédemment évoqué, les lésions au système respiratoire seraient irréversibles.

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