Le developpement d'un cancer, dépendant de son environnement ?

Si le cancer est du à la présence d'un gène anormal dans la cellule, les interactions entre la cellule et son environnement cellulaire immédiat joueraient un rôle majeur dans le développement des tumeurs. C'est la théorie, controversée, défendue par une chercheuse en oncologie lors de la conférence TEDGlobal.

Rédigé le , mis à jour le

Le developpement d'un cancer, dépendant de son environnement ?
Le developpement d'un cancer, dépendant de son environnement ?

La théorie dominante en cancérologie veut que la présence d'un oncogène (un gène mutant) dans une cellule, qui se multiplie ensuite de façon incontrôlée dans l'organisme, suffise à entraîner le développement d'une tumeur. Pour Mina Bissell, chercheuse depuis 35 ans, on peut aller encore plus loin. Selon elle, le développement des cancers serait surtout étroitement lié au micro-environnement de la cellule cancéreuse, qui exercerait une action de régulation et de contrôle.

Le rôle fondamental du micro-environnement

Pour développer cette théorie novatrice, Mina Bissell et son équipe ont travaillé sur une tumeur maligne, transmise par un virus, chez le poulet. Ils ont tout d'abord injecté ce gène anormal à des poulets sains, qui ont alors développé une tumeur. En revanche, l'injection du même gène à des embryons de poulet n'a pas eu de conséquence. C'est là la preuve, pour l'équipe de recherche, que l'environnement cellulaire dans lequel se développe un cancer prédomine sur le gène cancérigène lui-même.

Pour aller plus loin, Mina Bissell et son équipe ont travaillé sur l'acinus de la glande mammaire, l'unité constitutive de cette glande. Ils en ont extrait les cellules épithéliales, qui produisent habituellement le lait, et les ont mis en culture. Hors de leur environnement d'origine, ces cellules sont devenues dysfonctionnelles et se sont avérées incapables de remplir leur fonction sécrétrice. Les chercheurs ont alors procédé à une deuxième expérience : ils ont fait une culture de ces mêmes acinus, mais cette fois-ci avec leurs éléments "d'échafaudage" naturels, c'est-à-dire les éléments qui l'entourent habituellement au sein de la glande mammaire. Contrairement aux acinus complètement isolés, ceux-ci ont été capables de produire normalement du lait.

Un gène tumoral sous contrôle ?

La chercheuse a voulu mettre à l'épreuve ces résultats dans le domaine de la cancérologie. Elle a, avec ses étudiants, mis en culture des cellules tumorales, mais avec un "échafaudage sain". Grâce à cet environnement, les cellules malades ont pu redevenir normales. Injectées ensuite à des souris, ces cellules "neutralisées", n'ont pas provoqué de développement tumoral.

Une vision "étriquée" des choses ?

Les nouvelle théories de Mina Bissel, exposées à l'occasion de la conférence internationale TEDGlobal 2012, cette année sur le thème "Radical Openness" ("ouvertures radicales"), ont semble-t-il été reçues avec un certain scepticisme au sein de la communauté des chercheurs en cancérologie. La chercheuse a incité ses collègues a plus d'humilité et d'ouverture d'esprit . "Ne soyez pas arrogants, car l'arrogance tue la curiosité", leur a-t-elle rappelé…

En savoir plus