Le bisphénol A interdit par le Sénat

Le Sénat vient d'adopter en première lecture une proposition de loi visant à interdire le bisphénol A, ce produit chimique industriel, dans les contenants alimentaires.

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Le bisphénol A interdit par le Sénat
Le bisphénol A interdit par le Sénat

Une proposition de loi PS visant à interdire les conditionnements alimentaires à base de bisphénol A (BPA) a été adoptée hier, mardi 9 octobre 2012, en première lecture, par le Sénat.

Le Réseau Environnement Santé se félicite de l'adoption de ce projet de loi, mais regrette "les délais injustifiables accordés aux industriels aux dépens de la santé publique".

De leur côté, les professionnels de l'industrie chimique et de la plasturgie considèrent dans un communiqué commun que "ce n'est une bonne nouvelle, ni pour les industriels qui doivent opérer dans un cadre réglementaire imprévisible, ni pour les consommateurs dont la confiance ne peut satisfaire de ces contradictions".

Décision irréaliste ?

Perturbateurs endocriniens, obésité, cancer du sein, maladies cardiovasculaires... Les soupçons sur les effets du bisphénol A sont nombreux. D'où la suspension de la commercialisation des biberons au BPA, en juillet 2012.

Si les sénateurs ont maintenu l'interdiction de ce produit chimique industriel pour les produits destinés aux enfants de moins de 3 ans à partir de 2013, ils ont en revanche retardé d'un an et demi l'entrée en vigueur de l'interdiction générale du bisphénol A dans les contenants alimentaires prévue initialement le 1er janvier 2014.

L'ensemble des substances cancérogènes et perturbateurs endocriniens seront interdits dans les dispositifs médicaux destinés aux nourrissons, jeunes enfants et femmes enceintes à partir du 1er juillet 2015.

Les industriels de la plasturgie - l'Union des industries chimiques (UIC), PlasticsEurope, Elipso et la Fédération de la plasturgie - ont rappelé que "l'Académie nationale de médecine, dans un rapport du 8 novembre 2011, jugeait cette décision irréaliste en l'absence de produits de remplacements ayant fait la preuve de leur efficacité et de leur innocuité."

La filière plastique "s'inquiète d'une dérive de la gouvernance qui consiste à réagir avec excès, sous la pression, à des alertes qui n'ont pas encore donné lieu à une convergence des principales autorités ou agences sanitaires dans le monde".

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