Il tue sa femme malade et se suicide après

Dans la matinée du 23 novembre, un homme de 84 ans a tué sa femme souffrant d'un cancer incurable et hospitalisée en soins palliatifs à l'hôpital Ambroise-Paré (Hauts-de-Seine). L'octogénaire a ensuite retourné l'arme contre lui.

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Entretien avec Vincent Lapierre, psychologue

"Le personnel soignant a entendu vers 11h30 du bruit et a découvert les deux corps inanimés", a expliqué à l'AFP le professeur Laurent Teillet, chef du service gériatrie de l'hôpital Ambroise-Paré. Le 23 novembre, un homme de 84 ans a tué sa femme souffrant d'un cancer intraitable, avant de se donner lui-même la mort. L'épouse, de 82 ans, était visiblement endormie au moment des faits. Le drame est survenu en plein service de soins palliatifs de l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne Billancourt. Une aide psychologique a été mise en place pour le personnel soignant et les patients voisins, a annoncé Martin Hirtsh, le président de l'AP-HP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris).

Un geste encore inexpliqué

Aucune lettre n'a été découverte pour expliquer ce geste, mais le couple semblait déterminé pour en finir. Les époux, mariés depuis de nombreuses années, avaient déjà tenté de se suicider il y a deux semaines, en absorbant des médicaments, et avaient été hospitalisés à Ambroise-Paré. Le mari était rentré chez lui quelques jours plus tard, tandis que sa femme était restée à l'hôpital en soins palliatifs.

Un geste qui relance le débat sur la fin de vie et qui rappelle l'histoire des "Amants du Lutetia". Il y a tout juste un an en effet, dans la nuit du 21 au 22 novembre, un autre couple d'octogénaires avait été retrouvé mort dans la chambre d'un grand hôtel parisien. Une lettre dénonçant l'absence de loi permettant de mourir dans la sérénité pour signature de leur passage à l'acte.

Fin octobre 2014, une étude réalisée par l'Association le droit de mourir dans la dignité, avait montré que 96% des Français pourraient être favorables à une loi encadrant le suicide assisté.