Hypersensibilité aux champs électromagnétiques : première étude nationale

Une première étude clinique nationale sur l'hypersensibilité aux champs électromagnétique (CEM) vient d'être lancée en France pour mieux évaluer les symptômes attribués par certains aux ondes qui traversent notre environnement. Le but est aussi d'évaluer un protocole de prise en charge spécialisée des patients qui se disent atteints d'hypersensibilité aux champs électromagnétiques.

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Hypersensibilité aux champs électromagnétiques : première étude nationale
Les ondes électromagnétiques en ligne de mire

L'industrialisation des sociétés et les évolutions technologiques constantes ont donné lieu à un accroissement du nombre et de la diversité des sources de champ électromagnétique (CEM). Ces sources comprennent, par exemple, les écrans de visualisation associés aux ordinateurs, les téléphones mobiles et leurs stations de base. Bien que ces appareils aient rendu notre vie plus facile, les ondes, imperceptibles et omniprésentes, qu'ils émettent dans notre environnement suscitent des inquiétudes quant aux éventuels risques pour la santé publique qu'ils pourraient induire. D'autant que certaines personnes se disent hypersensibles à ces champs.

Lancement de la première étude nationale "de proximité"

Une étude, financée par des fonds publics et pilotée par le service de pathologie professionnelle du groupe hospitalier Cochin-Broca-Hôtel Dieu, en collaboration avec l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a été lancée pour prendre en charge les personnes hypersensibles aux champs électromagnétiques.

Les patients, volontaires, pourront donc être reçus gratuitement sur rendez-vous dans l'un de 24 centres de consultation de pathologie professionnelle et de l'environnement, répartis sur tout le territoire français. Plusieurs consultations médicales sont prévues, selon un protocole harmonisé au niveau national, afin de recueillir leurs symptômes, de caractériser et mesurer leurs expositions aux CEM et d'évaluer le retentissement de leurs souffrances notamment au niveau psychologique et social.

Des symptômes "subjectifs" ?

Le terme d'hypersensibilité aux champs électromagnétiques est utilisé pour définir un ensemble de symptômes variés et non spécifiques à une pathologie particulière que certaines personnes attribuent spontanément à une exposition à ces champs. Les symptômes les plus fréquemment présentés sont des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements, sensations de brûlure) ainsi que neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficulté de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et trouble digestifs). Une définition des symptômes "très soumise à la subjectivité du patient", estime le Pr. Choudat, chef de service de pathologies professionnelles au groupe hospitalier Cochin-Broca-Hôtel Dieu. "Il subsiste de nombreuses incertitudes quant à ce trouble. Les critères de diagnostic sont flous et les chiffres de la prévalence inconnus" ajoute-il.

Pas de lien de cause à effets établi

Les champs électromagnétiques peuvent-ils rendre malade ? Malgré plusieurs études, dont beaucoup à l'étranger, aucune corrélation n'a pu être identifiée entre les symptômes ressentis et les différents types d'ondes électromagnétiques ou les niveaux d'exposition. Toujours est-il que les patients se plaignent. "La réalité de leur symptômes, dans certains cas graves, est indéniable", admet le Pr. Choudat. "Ils peuvent avoir des répercussions importantes sur leur vie sociale et professionnelle." Des symptômes en grande partie dus, selon lui, à la méconnaissance de la nature des ondes électromagnétiques : "souvent, ce sont des patients qui ont peur des ondes et y voient la raison de leurs problèmes. La peur : c'est plutôt dans ce registre que nous nous trouvons"

Aider, écouter, prendre en charge

Mais alors comment aider ces malades ? "C'est là tout l'enjeu de l'étude en cours" continue le professeur. "Sa mise en place se base sur l'étude de plusieurs rapports, dont celui de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Ce rapport préconise une prise en charge globale des patients, basée sur l'écoute, la tentative de compréhension de circonstance de survenue des symptômes. En d'autres termes, sur la thérapie cognitivo-comportementale.

Quelle ampleur prendra l'étude ? Impossible de la dire dès à présent. Tout dépendra du nombre de personnes qui se présenteront dans les centres pour y participer. Ce sera là certainement un bon indicatif de l'anxiété générée par les ondes.

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