Diabète : priorité au dépistage et au traitement sur mesure !

La Journée mondiale du diabète a lieu le 14 novembre, elle donne au Dr Huet, chef de service d'endocrinologie du Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph l'occasion de faire le point sur le dépistage et la prise en charge du diabète de type 2, qui atteint 90% des diabétiques. Une affection qui évolue sournoisement et que seule une prise de sang permet de dépister.

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Diabète : priorité au dépistage et au traitement sur mesure !
Diabète : priorité au dépistage et au traitement sur mesure !

Le diabète de type 2 (DT2) pose un grave problème de santé publique puisque si 3 millions de patients souffrent de diabète en France, entre 500 000 et 700 000 personnes ignorent leur maladie ! "Le DT2 est une maladie silencieuse, sans aucun symptôme au début. Seule une prise de sang permet de faire le diagnostic", explique le Dr Huet. "Car cette maladie évolue dans le temps, s'aggrave et peut entraîner des complications sérieuses. Les symptômes surviennent très tardivement, à type de soif et d'émission abondante d'urines, d'amaigrissement et d'infections de la peau à répétition (comme un furoncle par exemple)".

Le diabète de type 2, de plus en plus tôt

C'est l'évolution du mode de vie qui explique la survenue plus précoce de cette affection ; la multiplication de l'obésité et la sédentarité sont des facteurs associés à cette affection. Et leur grande fréquence à l'heure actuelle explique l'explosion du diabète.

"Avant, le DT2 apparaissait vers 60 ou 65 ans. C'est pour cette raison qu'il était appelé diabète de la maturité. Désormais, il apparaît à partir de 40 ans. On voit même le DT2 survenir à l'adolescence aux Etats-Unis ! Et ça commence en France aussi…", s'exclame le diabétologue.

Il est donc indispensable de la dépister plus tôt, avant même l'apparition de symptômes, et de commencer une prise en charge rapidement.

Les modalités de dépistage

C'est une simple prise de sang qui permet de diagnostiquer le diabète, grâce à la glycémie à jeun. Le diagnostic est posé si elle dépasse 1,26 gr/l à deux reprises. A quel moment se faire tester ?

Le Dr Huet fait le point sur les dernières recommandations, adoptées aux Etats-Unis et prochainement en France : après 50 ans, toute personne doit avoir un bilan. S'il est normal, on le refait entre 3 à 5 ans. Dès qu'il existe un facteur de risque, comme des antécédents familiaux de diabète, une obésité, une hypertension, un infarctus ou une artérite, on préconise de faire ce dépistage à partir de 40 ans.

Attention aux femmes qui ont eu un diabète de grossesse ou un enfant de plus 4 kg, elles doivent bénéficier d'une surveillance de la glycémie tous les ans.

Une prise en charge personnalisée

Le Dr Huet révèle que ce que le patient est enfin au coeur de la prise en charge : "A l'heure actuelle, on se recentre sur lui. C'est absolument nécessaire car le diabète est une maladie chronique, qui nécessite que le patient participe activement à sa prise en charge". Et pour y parvenir, il convient de bien l'expliquer. Elle comporte des mesures hygiéno-diététiques et si besoin, des médicaments.

Le médecin fixe des objectifs et des moyens thérapeutiques en fonction de chaque patient. Le niveau de glycémie, l'âge, l'existence d'hypoglycémie, une fragilité liée à des complications, la compliance (la facilité à suivre les prescriptions médicales) sont également pris en compte. "La base du traitement est dissertée avec le patient et son accord est indispensable pour le commencer, c'est une grande nouveauté !", s'enthousiasme le Dr Huet.

L'activité et l'alimentation au cœur du traitement

L'hygiène de vie est essentielle dans le traitement du diabète de type 2, elle est même le premier volet thérapeutique. Et c'est ad vitam eternam qu'il faudra garder une activité physique et une alimentation équilibrée. 30 minutes de marche, tous les deux jours, sont suffisantes ; elles peuvent être réalisées en cumulé (10 mn le matin, 10 à midi et 10 le soir), l'essentiel étant de le faire au maximum toutes les 48 heures car des études ont montré que l'action sur l'insulino-résistance, en cause dans le diabète de type 2, durait 48 heures, pas davantage.

Quant à l'alimentation, elle doit comporter, d'après le diabétologue, trois repas d'importance égale (un petit-déjeuner copieux est essentiel). On conseille de modérer les sucres simples, mais surtout les graisses, le but étant de récupérer et de conserver le poids le plus souhaitable pour chaque partient, un poids défini par son histoire personnelle.

"On ne parle plus de régime alimentaire et d'alimentation équilibrée, et on fixe désormais des objectifs réalistes et réalisables", rappelle-t-il. Et bonne nouvelle pour les personnes en surpoids ou obèses, il suffit de perdre 5% du poids du corps pour obtenir un effet sur la glycémie !

Si une bonne hygiène de vie n'est pas suffisante, on introduit alors des médicaments, des antidiabétiques, qui se prennent par comprimé, sans pour autant arrêter de bien manger et de faire un peu de sport. Eventuellement, si ces médicaments ne sont pas efficaces, on passera à de l'insuline.

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