Cancer du poumon : un test sanguin pour détecter des anomalies génétiques

Des chercheurs de l'Institut Gustave Roussy ont mis au point une nouvelle technique permettant d'identifier des mutations génétiques à partir d'une simple prise de sang. Cette identification est essentielle pour identifier quels patients atteints de cancer du poumon pourront bénéficier d'un nouveau médicament ciblé. Cette nouvelle technologie pourrait aussi être utilisée dans d'autres types de cancers.

Rédigé le , mis à jour le

Cancer du poumon : un test sanguin pour détecter des anomalies génétiques
Cancer du poumon : un test sanguin pour détecter des anomalies génétiques

Le cancer du poumon est le cancer le plus meurtrier. En France il est responsable de près de 30.000 morts par an. Cependant l'appellation "cancer du poumon" cache une grande variété de tumeurs, avec des profils d'évolution et des possibilités de traitements très différents. C'est pourquoi il est essentiel d'identifier pour chaque patient le type de cancer du poumon et les mutations génétiques en cause afin d'adapter le traitement en conséquence.

Les chercheurs français se sont intéressés à un type de cancer du poumon représentant 3 à 5% des cas, et présentant une anomalie particulière au niveau d'un gène appelé ALK. La détection de cette mutation est très intéressante car récemment le laboratoire Pfizer a développé un médicament, le Crizotinib®, qui améliore la survie seulement chez les patients porteurs de cette mutation ALK.

Un test capable de détecter les cellules cancéreuses dans le sang

Jusqu'ici pour identifier ce genre de mutation génétique, il fallait réaliser une biopsie, c'est-à-dire prélever un tout petit morceau de tumeur du poumon et faire un test en laboratoire. Mais l'équipe de Françoise Farace, du laboratoire de recherche translationnelle Gustave Roussy INSERM U981, a voulu développer un test basé sur une "biopsie liquide" autrement dit à partir de cellules tumorales présentes dans le sang du patient. Ces Cellules Tumorales Circulantes, les CTC, sont très rares dans la circulation sanguine, seulement 1 CTC pour 10 millions de globules blancs.

Mais grâce à une technologie particulière baptisée FA-FISH, pour laquelle deux demandes de brevet ont été déposées, les scientifiques sont parvenus à cet exploit.

En testant leur technologie à partir de 32 patients atteints de cancer du poumon, et en comparant les résultats obtenus à partir de prise de sang avec les résultats d'une biopsie classique, les chercheurs ont confirmé que tous les patients porteurs de la mutation ALK étaient bien repérés par le nouveau test sanguin.

Des applications au-delà du cancer du poumon

Cette nouvelle technique a comme avantage principal d'éviter la biopsie classique, qui est très invasive et parfois difficile à réaliser dans certains cas de cancer du poumon. Mais en adaptant le test génétique, il serait possible en théorie d'utiliser cette technologie dans d'autres types de cancer. L'équipe de Françoise Farace pense notamment à des mutations particulières dans le cancer de la prostate et le cancer du sein.

Enfin en détectant la présence des cellules tumorales dans le sang, ce test permettrait aussi de suivre l'efficacité du traitement anti-cancéreux chez les patients.

Source : Detection of Circulating Tumor Cells Harboring a Unique ALK Rearrangement in ALK-Positive Non–Small-Cell Lung Cancer, Emma Pailler et al., Journal of Clinical Oncology.

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