Absence de règles après une IVG : faut-il s'inquiéter ?
Une absence de règles, plusieurs semaines après le recours à un avortement, peut être source d'inquiétude. Voici les bons réflexes à connaître en cas de doutes.
Par Julie Zulian
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Contraception, IVG, avortement : on fait le point
Un arrêt des règles qui se prolonge plusieurs semaines après une IVG (interruption volontaire de grossesse) est parfois source d'inquiétude.
Pourtant,"iI est normal d'avoir des troubles dans le cycle menstruel qui suit une IVG. Les règles peuvent arriver avec du retard mais se réinstallent assez vite comme auparavant", rassure la Dre Danielle Hassoun, gynécologue-obstétricienne et ancienne responsable du Centre d'IVG de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis (93).
En général, les règles surviennent 28 à 35 jours après une IVG, indique Ameli.fr. Mais cela dépend "du dossier de chaque femme et du fonctionnement de son corps, qui lui est propre", souligne Claire Wolker, co-présidente de l'ANSFO (Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes).
"L'interruption, l'introduction, la reprise voire le changement de contraception qui suit l'IVG peut aussi engendrer des profils de saignements différents selon les patientes par exemple", explique-t-elle.
"La grossesse est un évènement inédit pour le corps"
Certaines femmes témoignent sur les réseaux sociaux de retards de règles persistants et de cycles plus courts, plusieurs mois après le recours à une IVG.
Il n'existe pourtant "pas de lien de cause à effet avec l'IVG dans la littérature scientifique, qu'elle soit faite par aspiration ou médicamenteuse", affirme la Dre Danielle Hassoun.
"Ce n'est pas tant l'IVG que toute grossesse qui peut engendrer une incidence sur les cycles. La grossesse est un évènement inédit pour le corps avec une imprégnation hormonale très conséquente. Elle peut donc entraîner des modifications éventuelles sur le profil des règles ultérieures", corrobore Claire Wolker.
Un retard de règles persistant ou des cycles irréguliers requièrent de consulter un professionnel de santé. "Il est important de faire un point, pour vérifier qu'il n'y a pas d'autres facteurs comme une perte de poids ou d'autres éléments qui interviennent, pour expliquer ce qu'il se passe", préconise la Dre Danielle Hassoun.
Le cycle menstruel n'est pas une horloge
Il ne faut pas forcément s'inquiéter d'un cycle menstruel irrégulier, qui est amené à connaître des variations propres à chaque personne menstruée au cours de sa vie. "Les cycles ne sont pas toujours réguliers. S'il est un peu plus long ou un peu plus court, ce n'est pas forcément pathologique. Il y a aussi un peu de hasard", rappelle la Dre Hassoun.
Une consultation est systématiquement proposée entre 14 et 21 jours après une IVG. L'honorer permet de poser ses questions auprès d'un professionnel de santé qui connaît votre dossier. Le but est de s'assurer que l'IVG a été efficace avec un prélèvement sanguin ou une échographie, voire un examen clinique.
"Il y a autant de cycles et de règles, que ce soit en volume, en durée et en symptômes, qu'il y a de femmes. Ce n'est pas comme une horloge, il peut y avoir des incidences bénignes sur le cycle après la grossesse, non pathologiques", rassure Claire Wolker.
L'importance de la consultation post-IVG
Si des doutes surviennent plusieurs mois après cette consultation, il ne faut pas hésiter à recontacter le médecin ou la sage-femme afin de répondre à ses craintes ou interrogations.
"C'est tout l'intérêt de la consultation. Beaucoup d'informations circulent sur les réseaux sociaux mais chaque histoire et chaque corps est différent. Auprès d'un professionnel de santé, on obtient une réponse médicale personnalisée. Prudence face à la standardisation et aux injonctions, chaque femme est unique", conclut Claire Wolker.