Stages de survie : un encadrement insuffisant ?

Les stages de survie ont la cote pour apprendre à se débrouiller en pleine nature. Mais attention : ils ne sont pas toujours suffisamment encadrés et peuvent mettre en danger les participants.

Alexandra James
Rédigé le , mis à jour le
Stage de survie : trop peu d'encadrement  —  Le Magazine de la Santé

Savez-vous allumer un feu, dormir à la belle étoile sans avoir froid, ou vous nourrir en pleine nature ? Vous pouvez l'apprendre pendant un stage de survie. A condition qu'il soit bien encadré. Fin novembre, le gouvernement a lancé une mission d’inspection sur ce secteur et les différents acteurs de ces stages de survie.

Dans la Drôme, le stage de survie encadré par Lucy Mignot, monitrice en formation, apprend comment conserver sa chaleur corporelle, malgré le froid hivernal. Le temps d’un week-end, les sept participants découvrent les bons outils pour vivre en milieu naturel. 

Aucun diplôme reconnu pour les formateurs

Etre plus à l'aise en randonnée, être préparé à tout problème, parfaire leurs connaissances... les motivations des participants à ce stage sont multiples. Coût d'une telle formation : 280 euros. Car si le moniteur est un maillon essentiel pour guider ces participants, parfois novices, il n’existe pas en France de diplôme reconnu par l’Etat pour encadrer ces stages. Lucy souhaite devenir monitrice, et se forme donc directement auprès des autres animateurs.

"La sécurité, c’est ce qu'on apprend dans ces stages, on apprend le bon sens pour ne pas se faire mal, ne pas faire de bêtise, ne pas manger des trucs bizarres, ne pas se couper, ne pas mourir de froid. Si on ne sait pas de quoi on parle, si on n’est pas bien formé, ça va être compliqué de transmettre ces choses essentielles", explique Lucy Mignot.

"Quand on enseigne des choses fausses aux gens, ils peuvent se mettre en danger"

Face au manque de régulation de la part de l’Etat, David Manise a donc créé sa propre formation d’environ trois ans pour les moniteurs. 

"Il y a une dérive commerciale. Ce qui se vend n’est pas forcément ce qui est vraiment utile pour que les gens meurent moins souvent. Le but pour nous, c’est d’avoir des stages de la plus grande qualité possible, parce que quand on enseigne des choses aux gens, qui sont fausses, ils peuvent se mettre en danger", explique David Manise, fondateur du centre d’études et d’enseignement des techniques de survie. 

Eviter les accidents mortels

De son côté, Duc Ha Duong réclame un encadrement de ces stages de survie. Son neveu Ulysse est mort tragiquement lors d’un stage en Bretagne, en ingérant une plante toxique, sous la supervision de son moniteur. 

"Est-ce que ça va dans le bon sens ? Oui. Est-ce que ça va assez vite ? Je ne suis pas sûr qu’on soit prêt avant l’été prochain" confie Duc Ha Duong, fondateur de l'association "Les survivants d’Ulysse", à propos de la mission d'inspection du gouvernement."Il faut agir tout de suite parce que structurer un marché, ça prend plusieurs années, les drames vont s’accumuler, n’attendons pas qu’il y en ait 10, 20 ou 30" poursuit-il.

 Les stages de survie séduisent de plus en plus, et rassemblent entre 100 et 150.000 adeptes chaque année. 

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