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La PMA à l’épreuve de l’épidémie de Covid-19

Toutes les activités d’assistance médicale à la procréation ont été stoppées depuis le début de la crise sanitaire. Quelles sont les conséquences pour les milliers de femmes concernées ?    

Rédigé le , mis à jour le

La PMA à l’épreuve de l’épidémie de Covid-19

C’est encore un "dommage collatéral" du confinement. Pendant deux mois toutes les activités de PMA ont été à l’arrêt en France, car non essentielles et aussi parce qu’au début de l’épidémie les autorités sanitaires s’interrogeaient sur les éventuels risques liés au Covid sur les PMA. Concrètement, toutes les femmes, tous les couples, qui étaient dans un parcours de PMA ont dû l'arrêter  : pas de stimulation ovarienne, pas d’insémination, pas de FIV...  

La situation de la PMA à l’étranger

Le constat a été le même à l'étranger. Il était évidemment impossible de traverser les frontières pendant le confinement et donc impossible pour les femmes de se rendre en Espagne, en Belgique, ou au Danemark, qui sont les pays étrangers où les Françaises se rendent le plus pour une PMA. 

 Et en Espagne, par exemple, comme en France, les centres de PMA ont aussi fermé leurs portes complètement, pendant plusieurs semaines. 

Un retour à la "normale" avec le déconfinement ? 

Pour les femmes suivies en France, les PMA reprennent progressivement depuis mi-mai, selon les recommandations de l’Agence de la biomédecine. Mais il ne s'agit pas du tout d'un retour à la normale :

  • Certains centres de PMA n’ont rouvert que début juin.
  • Les consultations et les interventions doivent se dérouler avec un lourd protocole sanitaire à respecter. Ce protocole prend du temps et dans certains centres de PMA, seul 1 rendez-vous sur 2 est assuré pour l’instant.
  • Tous les actes n’ont pas repris. Il y a des situations considérées ou non comme prioritaires.
  • Toutes ces difficultés et le retard pris pendant les deux mois de confinement font que les femmes vont devoir encore être patientes. Le retour à la normale en France ne devrait pas être avant septembre-octobre. 

Quid de la situation à l’étranger ?  

Pour l'instant, les frontières sont toujours fermées avec la France.

  • En Espagne : les centres de PMA ont rouvert fin avril pour les Espagnoles et ils sont prêts à accueillir à nouveau les Françaises dès que les frontières seront ouvertes, normalement le 1er juillet. Eux aussi ont des protocoles sanitaires extrêmement lourds à respecter. Ils ne pourront pas forcément accueillir autant de patientes qu’avant car l’Espagne, comme la France, a été durement touchée par l’épidémie de Covid.
  • Au Danemark : on ne sait pas quand les frontières vont rouvrir. Il faudra peut-être attendre encore plusieurs mois pour s’y rendre pour une PMA.
  • Face à cette difficulté, début mai, une pétition a été lancée en ligne pour demander l’ouverture exceptionnelle des frontières pour que les femmes puissent aller à l’étranger pour leur PMA. Il n’y a pas eu de suite. 

Quelles sont les conséquences de cet arrêt temporaire des PMA ?

Des milliers de femmes sont concernées et cette interruption de quelques mois dans un parcours de PMA n’est pas du tout anodin pour elles. On parle d’arrêt de deux ou trois mois dans le meilleur des cas mais probablement beaucoup plus pour certaines PMA à l’étranger.

  • Les conséquences sont déjà psychologiques : un parcours de PMA est long, difficile et rempli d’incertitudes. Cette pause dans les traitements et les procédures rajoute de l’incertitude et beaucoup de stress.
  • Le temps qui s’écoule est synonyme de perte de chances d’être enceinte. On le sait, la fertilité baisse avec l’âge et quelques mois peuvent faire la différence.
  • En France, il y a une limite d’âge fixée à 43 ans pour pouvoir bénéficier d’une PMA et avoir une prise en charge par la sécurité sociale. Quid des femmes qui auront dépassé les 43 ans pendant cette période de confinement ? Est-ce qu’il y aura une souplesse ? 
    C’est la sécurité sociale qui va devoir répondre à cette question.
  • Il y a une autre conséquence : depuis le confinement, il n’y a pas de dons de sperme ni de dons d’ovocytes. On sait qu’en France on manque déjà cruellement de dons d’ovocytes.  

Une conséquence politique avec un report du vote de la PMA pour toutes

  • L’épidémie de Covid et le confinement ont complètement chamboulé le calendrier. Le projet de loi bioéthique qui comprend la mesure emblématique d’ouverture de la PMA pour toutes les femmes, couples de femmes et femmes seules, aurait dû être examiné en deuxième lecture au Parlement au printemps pour une adoption avant l’été.
  • Le président du groupe des députés LREM, Gilles Le Gendre, a déclaré le 21 mai qu’il était impossible d’adopter la loi sur la PMA pour toutes avant l’été en raison de la crise sanitaire, et d'ajouter "J’espère que nous pourrons adopter la PMA d’ici à la fin du quinquennat". C’est dans 2 ans !

On peut comprendre que dans ce contexte d’urgence sanitaire, la PMA pour toutes ne soit pas la priorité maintenant mais deux ans, c’est quand même très long...

Le ministre de la Santé Olivier Véran a tenté de temporiser dans un tweet le 21 mai : "La loi bioéthique porte de nombreuses, belles et réelles avancées sociétales. Le débat parlementaire n’est pas achevé, et si la priorité donnée à la crise sanitaire rend difficile son adoption avant l’été hélas, elle le sera dans les tout prochains mois !"

La crainte qu’on repousse l’adoption de la loi sous couvert d’urgence sanitaire

Les pro-PMA pour toutes -associations, avocats, médecins, élus de l’opposition et de la majorité- ont publié une tribune dans le Journal Du Dimanche le 31 mai pour exiger l’inscription du projet de loi en seconde lecture dès le mois de septembre à l’Assemblée. Pour les partisans de la PMA pour toutes, cette loi est une urgence pour les femmes. De plus, c’était une promesse de campagne du candidat Macron, même si le projet de loi n’est pas consensuel et qu'il y a beaucoup d’opposants à la PMA pour toutes en France. 

Finalement cette pandémie montre encore plus la nécessité de cette loi pour que toutes les femmes puissent avoir recours à la PMA en France, sans discrimination. 

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