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Que faire en cas de malaise ?

Le malaise correspond à une sensation pénible traduisant un trouble du fonctionnement de l'organisme sans pouvoir en identifier l'origine. Cette sensation peut être répétitive, fugace ou durable, brutale ou progressive. Tout l’enjeu est de déterminer les signes de gravité.

Rédigé le , mis à jour le

Que faire en cas de malaise ?

Dr Gérald Kierzek, urgentiste

 

Le malaise est un symptôme plus que fréquent aux urgences, pour la simple et bonne raison que l'on regroupe sous ce vocable des causes extrêmement variées : du simple malaise dit "vagal" à l'hypoglycémie du diabétique, en passant par le malaise cardiaque ou encore la perte de connaissance.

Quand faut-il s'inquiéter ? Et comment faire la différence entre un malaise bénin et un malaise grave ?

Il faut observer certains signes de malaise qui nécessitent le recours à un avis médical immédiat en appelant le SAMU Centre 15. 

Tout d'abord, lors d'un malaise, la victime réagit et répond aux questions. Il ne s'agit pas d'une perte de connaissance (la victime ne réagit pas et ne répond pas) qui nécessite elle, toujours un appel au SAMU Centre 15. La victime peut donc expliquer ce qu'elle ressent, et 4 types de signes doivent alerter :

  • une douleur dans la poitrine,
  • un signe dit neurologique : une faiblesse ou une paralysie soudaine d'un côté ou des deux côtés de la face, du bras ou de la jambe ; une diminution ou une perte de vision unilatérale ou bilatérale ; une difficulté de langage ou de la compréhension ; un mal de tête sévère, soudain et inhabituel, sans cause apparente ; une perte de l'équilibre, une instabilité de la marche ou des chutes inexpliquées.
  • une difficulté à respirer
  • des sueurs abondantes, ou une pâleur intense.

Quelques questions simples comme "Avez-vous déjà présenté ce type de malaise ?" ; "Prenez-vous des médicaments ?" permettent d'obtenir d'autres informations mais dans ces cas, mieux vaut appeler le SAMU Centre 15.

En l'absence de ces signes, on parle souvent d'hypoglycémie ou de malaise vagal. De quoi s'agit-il ? Et comment réagir ?

L'hypoglycémie est un grand classique mais on en parle souvent à tort ! Avec la rentrée, son lot de stress au travail ou à l'école et l'absence de petit déjeuner le matin, le malaise de 11 h du matin devient vite une hypoglycémie. Et bien non parce que l'hypoglycémie, qui correspond à la baisse du taux de sucre dans le sang, ne survient généralement que chez le sujet diabétique sous traitement pour faire baisser le sucre. Chez les sujets non diabétiques, l'hypoglycémie n'existe pas. Il s'agit plutôt du malaise vagal.

Le malaise vagal : le nerf vague est un nerf crânien qui descend le long du cou et a pour fonction de ralentir le rythme cardiaque. Chez certaines personnes, il fonctionne trop et provoque par exemple dans un contexte de stress ou de chaleur, un ralentissement trop brutal du rythme cardiaque avec un bas débit cérébral (pas assez de sang) et une chute de tension responsable des symptômes. 

On sent venir le malaise (tête qui tourne, "étoiles",…) voire perte de connaissance rapide. Le simple fait de s'allonger fait remonter la tension artérielle et résout les symptômes. Bref, on sent venir le malaise et il est rapidement résolutif. Dans ces cas, une consultation médicale n'est pas forcément nécessaire, surtout si la personne est "habituée" à ce genre de malaise.

Un des malaises lié au stress est la crise de tétanie ou spasmophilie. De quoi s'agit-il ?

La crise de tétanie ou de spasmophilie, à ne pas confondre avec l'épilepsie qui est une maladie neurologique avec une perte de connaissance et des mouvements saccadés de convulsions, est souvent liée à un facteur psychologique. La reprise du travail en est un ! Il existe d'autres causes plus rares, notamment de déséquilibre ionique sanguin, qui provoquent les crises. Une consultation médicale avec un bilan sanguin peut parfois être nécessaire… Mais sans urgence. La personne sent venir la crise avec une hyperventilation, des picotements dans les extrémités, et des mains dites en mains d'accoucheur. Le contact est toujours possible et il est donc nécessaire de rassurer et mettre au calme le ou la patiente. La crise se calme généralement quand la personne contrôle sa respiration.

Peut-on aussi utiliser un "sac plastique" ?

Oui je conseille d'ajouter un sac dans la trousse de secours mais attention quand même ! On peut faire respirer dans un sac plastique quelques ventilations. Demandez à votre pharmacien ou votre médecin de vous montrer. La crise de tétanie avec l'hyperventilation provoque un déséquilibre entre l'apport d'oxygène et l'expiration de gaz carbonique. Trop de gaz carbonique est expiré. Le cerveau, les centres respiratoires perçoivent cela comme un signe d'alerte et augmentent encore la respiration ce qui amplifie encore le phénomène avec un véritable cercle vicieux qui s'instaure. En faisant ré-inspirer le gaz carbonique, on rééquilibre au niveau respiratoire et sanguin.

Mais attention, il ne faut pas respirer trop longtemps dans le sac. Le risque est bien sûr le manque d'oxygène. Il ne faut pas jouer avec les sacs plastiques. C'est mentionné sur les emballages, mais il est toujours bon de le rappeler.

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