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Que s'est-il vraiment passé à la Pitié-Salpêtrière le 1er Mai ?

Des dizaines de manifestants ont fait irruption dans l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière lors du défilé du 1er mai. Un incident qualifié d'"attaque" par le gouvernement mais cette version a été contredite par des témoignages et des vidéos sur les réseaux sociaux.

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Que s'est-il vraiment passé à la Pitié-Salpêtrière le 1er Mai ?

Geste "totalement irresponsable" pour le Premier ministre Edouard Philippe, "exaction" inédite, "inqualifiable" pour la ministre de la Santé Agnès Buzyn... Les condamnations se sont rapidement succédé après l'intrusion mercredi 1er mai de certains manifestants dans l'hôpital de la Pitié-Salpétrière située dans le XIIIe arrondissement de Paris.

"On a attaqué un hôpital" a tweeté M. Castaner

La tentative de certaines personnes de pénétrer dans le service de réanimation chirurgicale, empêchée par les soignants, a cristallisé les critiques. Le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, qui a annoncé vouloir déposer plainte, a souligné le caractère "particulièrement vulnérable" des patients pris en charge dans ce service et fait état d'images de vidéosurveillance "absolument édifiantes".

Mais depuis, la vidéo d'un des soignants du service de réanimation, relayée sur Facebook, est venue contredire la version d'une attaque et appuyer celle d'un mouvement de panique avancée par plusieurs témoins. Selon eux, des manifestants auraient pu chercher à se réfugier dans l'enceinte de l'hôpital pour échapper aux charges des forces de l'ordre ou à l'air saturé de gaz lacrymogène.

 

Une vidéo qui contredit les propos du gouvernement

Cette vidéo montre des manifestants fuyant soudainement vers des soignants postés sur une passerelle qui dessert la sortie de secours du service de réanimation, alors que des policiers entrent dans le site. Après s'être repliés dans le bâtiment, les soignants bloquent la porte tandis que les premiers manifestants arrivés sur la passerelle tirent sur la poignée.

Ils sont une vingtaine au total, parmi lesquels quelques "gilets jaunes", pour certains âgés, à qui les soignants expliquent pourquoi ils ne peuvent rentrer. Au bout d'une minute, des policiers arrivent sur la passerelle et commencent à les évacuer dans le calme.

"Il n'y avait rien de violent, en tout cas envers nous", a témoigné l'infirmier Jérôme Lecrecq. "C'était plus un état de panique, la peur de se faire taper, de recevoir quelque chose de la police, qu'une attaque".

Levée des toutes les gardes à vue

Contactée par l'AFP, l'AP-HP a évoqué jeudi des "dégradations" et le vol d'un vidéoprojecteur commis dans d'autres services de La Pitié Salpêtrière, tout en précisant qu'"à ce stade aucun lien ne (pouvait) être fait" avec l'incident du 1er mai.

"Il n'y a pas eu de dégât dans la réanimation", a constaté sur place Agnès Buzyn.

Le parquet de Paris a indiqué en début de soirée jeudi que les 32 gardes à vue ordonnées dans le cadre de l'enquête sur cette intrusion avaient été levées. Les investigations se poursuivent "afin de faire la lumière sur toutes les circonstances de l'intrusion au sein de l'établissement", a ajouté le parquet.