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Quand l'amputation s'impose...

Jusqu'au 19e siècle, les amputations étaient effectuées principalement en raison de blessures de guerre, de maladies comme la lèpre, de gelures... Aujourd'hui, les cas d'amputations sont à 80% liées à des maladies vasculaires comme les artérites, fréquentes chez les fumeurs et les diabétiques. Autres causes d'amputation : les infections osseuses, les tumeurs, mais surtout les accidents de la voie publique et les accidents domestiques.

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Les causes d'amputation

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les causes de l'amputation.

L'amputation est une pratique qui ne date pas d'hier. En France, des traces d'amputation ont été observées sur l'avant-bras d'un squelette Néolithique vieux de 7000 ans, découvert au sud de Paris. Il s'agit d'une des plus anciennes traces d'amputation avérée. D'autres exemples archéologiques plus récents existent.

Dans l'Egypte antique, par exemple, la momie d'une femme amputée d'un orteil et équipée d'une prothèse a été découverte. Plus tardivement, au Moyen-Âge, les textes expliquent qu'on ampute quand les tissus sont gangrenés. Pour maîtriser les hémorragies, on cautérise au fer rouge. Ces techniques extrêmement douloureuses seront abandonnées par la suite.

Au XVIe siècle, en effet, Ambroise Paré est le premier à ligaturer les artères pour éviter les saignements et la cautérisation est progressivement abandonnée. D'autres grands chirurgiens comme Larrey, chirurgien en chef de Napoléon, contribueront à améliorer les techniques et les protocoles pour éviter les infections.

Jusqu'au XIXe siècle, les amputations étaient effectuées principalement en raison de blessures de guerre, de maladies comme la lèpre, de gelures… Aujourd'hui, les cas d'amputation sont à 80% liés à des maladies vasculaires comme les artérites, fréquentes chez les fumeurs et les diabétiques. Les vaisseaux dont les parois sont fragilisées se bouchent et le sang ne circule plus correctement. Le membre n'est plus irrigué et les tissus commencent à se nécroser. En l'absence de traitement, l'amputation devient inévitable. Les autres causes d'amputation sont les infections osseuses, les tumeurs mais surtout les accidents de la voie publique et les accidents domestiques (bricolage, brûlures).

Amputation : l'ablation du membre affecté

Attention images de chirurgie très impressionnantes !

Un traumatisme, comme un accident de voiture ou de scooter, peut aussi imposer une amputation si une partie du bras ou de la jambe est arrachée ou tellement abîmée qu'il est impossible de la conserver.

Ces dernières années les amputations traumatiques et particulièrement des membres supérieurs ont fortement diminué. Les machines outils ou les tronçonneuses responsables de graves accidents sont en effet maintenant équipées de systèmes de sécurité.

Programme de rééducation et appareillage des patients amputés

Lucas n'a pas encore de prothèse définitive car son moignon n'est pas stable. En attendant, il utilise des prothèses provisoires qu'il doit faire adapter régulièrement dans un centre d'appareillage.

Après une amputation, il faut rapidement penser à la prothèse qui permet de reprendre une activité normale ou presque. La pose d'une prothèse intervient parfois seulement trois semaines après la chirurgie. Ces délais dépendent de la cicatrisation du moignon et de l'évolution de l'oedème.

La rééducation des patients amputés débute avec un appareillage provisoire. Elle permet d'attendre que le moignon soit bien cicatrisé. Cette prothèse temporaire va aussi permettre d'abandonner béquilles et fauteuil roulant pour reprendre progressivement la marche.

Il existe plusieurs types de prothèses. Chacune d'entre elles permet d'effectuer une activité. Certaines vont dans l'eau par exemple ou sont faites pour le sport avec une cheville hydraulique articulée et une semelle adaptée. Les prothèses définitives sont en carbone.

Si l'amputation est traumatisante pour le patient, elle n'est jamais anodine pour les chirurgiens qui la pratiquent. Elle est toujours envisagée en dernier recours et bien souvent considérée comme un échec thérapeutique.

Vivre avec un membre amputé

Lucas a des projets plein la tête.

Lucas est âgé de 24 ans. En 2011, il a été victime d'un grave accident de la route. Après de nombreuses tentatives pour sauver sa jambe, l'amputation est devenue inévitable.

Continuer à vivre malgré l'amputation, c'est la première devise de Lucas. Depuis presque deux ans, il porte une prothèse. Garder le sens de l'humour est sans nul doute, la deuxième devise du jeune homme. Pourtant il y a quatre ans, Lucas a vécu un tragique accident de voiture.

Ses blessures sont multiples mais c'est la jambe gauche de Lucas qui va causer le plus de problème. Son membre est infecté, les médecins tentent de le conserver mais l'infection se propage. Pendant deux ans, les antibiothérapies s'enchaînent en vain. L'amputation est inévitable.

Depuis presqu'un an et demi, Lucas porte une prothèse provisoire. Grâce à elle, il renoue progressivement avec le sport, une activité à laquelle il était très attaché avant son accident. Voyages, défis sportifs… Lucas a aujourd'hui des projets plein la tête. Et depuis quelques mois, il a repris le chemin du travail.

Il raconte son histoire.

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