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Le premier bébé né d'un utérus greffé

Le 4 octobre dernier, une Suédoise a donné naissance à l'unique bébé né d'un utérus greffé, trois ans seulement après la première transplantation de l'organe chez Derya Sert, une jeune femme turque qui n'avait pas pu mener à bien sa grossesse.

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Le premier nourrisson issu d'un utérus greffé a vu le jour en Suède le 4 octobre dernier

Plus de dix ans après le début des recherches, le premier bébé issu d'une greffe d'utérus est né. La nouvelle, annoncée le 4 octobre dernier par la revue médicale britannique The Lancet, a fait le tour du monde. Une suédoise de 36 ans a donné naissance à un garçon de 1,775 kg, un an et demi seulement après s'être fait implanter un utérus provenant d'une donneuse vivante. Atteinte d'une malformation congénitale (syndrome de Rokitansky), la jeune femme était dépourvue de l'organe malgré des ovaires totalement fonctionnels. Une maladie qui la privait alors de toute chance de tomber enceinte. 

Le greffon, offert par une amie de la famille, a abrité avec succès un embryon fécondé in vitro à partir d'ovocytes de la mère. Pour aboutir à un tel résultat, l'équipe de recherche de l'hôpital suédois de Göteborg, dirigée par Mats Brännström, a dû congeler 11 embryons issus des gamètes des parents. Après 31 semaines de grossesse, la jeune femme, qui a souhaité rester anonyme, a accouché prématurément du nourrisson par césarienne.

L'exploit médical met aussi en lumière la première greffe éphémère jamais réalisée... L'utérus doit être retiré après une à deux grossesses pour éviter au maximum les effets secondaires liés aux traitements anti-rejet : des médicaments immunosuppresseurs qui affaiblissent les défenses naturelles du patient contre les virus, et qui peuvent favoriser l'apparition de certains cancers.

Une première mondiale qui laisse de l'espoir à de nombreuses femmes

Jusqu'alors, l'absence ou les déformations de l'utérus représentaient les seules causes d'impossibilité irrémédiables de grossesse. Désormais, grâce à cette prouesse technique, un grand nombre de femmes pourront nourrir l'espoir d'être un jour enceintes. Car l'absence de cet organe n'est pas uniquement liée à une malformation génétique. Elle concerne également les femmes ayant subi une hystérectomie : à la suite d'un cancer, d'une endométriose ou d'un fibrome, par exemple.

En France, on estime qu'une femme sur 4.500 est atteinte du syndrome de Rokitanski (ou syndrome MRKH) et pourrait donc être intéressée par une telle méthode.

Source : Livebirth after uterus transplantation, M. Brännström et coll. The Lancet. Published online octobre 2014 doi : http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(14)61728-1

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