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Rayons X : quelle protection pour les soignants ?

Scanners, rayons X, radiothérapie… Chaque jour, des milliers de soignants sont exposés aux rayonnements ionisants. Si ces rayons X sont indispensables pour faire certains diagnostics et traiter les patients, ils peuvent présenter des risques si les mesures de protection ne sont pas rigoureusement respectées.

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Rayons X : quelle protection pour les soignants ?

Les applications médicales des rayonnements ionisants occupent une place importante dans le domaine des soins. La radiothérapie est une méthode essentielle de traitement des cancers, elle concerne environ 50% des patients. Le recours à une imagerie médicale de plus en plus performante, le scanner notamment, améliore la qualité du diagnostic et permet de mieux orienter la stratégie thérapeutique. Enfin, les actes dits interventionnels se sont multipliés ces dernières années dans les blocs opératoires.

Les rayons X sont des radiations ionisantes qui peuvent traverser le corps et ont des effets très nocifs sur la santé pour des durées d'exposition longues ou répétées et/ou pour de fortes intensités : atteintes cutanées, ophtalmologiques, hématologiques, cellulaires pouvant provoquer des cancers, des malformations fœtales. Il est donc impératif pour les personnels soignants de respecter les mesures de prévention.

Dans le service de radiologie de l'hôpital Armand-Trousseau (AP-HP), à Paris, 3.500 scanners pédiatriques sont réalisés chaque année. Le docteur Eléonore Blondiaux, radiologue, travaille dans ce service depuis six ans, la réglementation exige qu'elle porte en permanence sur elle deux dosimètres pour surveiller son exposition. "Je suis équipée de deux appareils : un dosimètre opérationnel, que je porte uniquement en cours de procédure et un dosimètre passif qui mesure la dose de rayonnements sur trois mois", explique-t-elle.

Après chaque acte, les doses sont enregistrées dans cet appareil. Des données qui sont ensuite analysées et surveillées par la "personne compétente en radioprotection" au sein du service. En un an, ce médecin a reçu 0,004 millisieverts dans le cadre de son travail, soit une dose plus de 1.000 fois inférieure à la limite réglementaire qui est de six millisieverts par an. À titre de comparaison, chaque année, en France, une personne est exposée en moyenne à une irradiation naturelle de 2,4 millisieverts.

La protection des soignants contre ces rayonnements a beaucoup progressé : "Il y a une centaine d’années, les radiologues ont été les premiers à payer le prix des rayonnements ionisants par des lésions cutanées voire par des tumeurs. Et puis très rapidement, ils ont appris les règles de radioprotection. Maintenant, les outils nécessaires pour se protéger", explique le Pr Hubert Ducou Le Pointe, chef du service de radiologie de l’hôpital Armand-Trousseau, à Paris.

Tous les trois ans, ces règles de radioprotection doivent être rappelées aux personnels hospitaliers lors de formations, en particulier le port de tenues de protection (tablier, lunettes…) spécifiques. Mais si cette culture de la radioprotection est bien ancrée chez les spécialistes en radiologie, elle peine parfois à s'imposer au bloc auprès des cardiologues et des chirurgiens qui pratiquent des actes radioguidés