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La Sécurité sociale fête ses 70 ans

Ce dimanche 4 octobre 2015, la Sécurité sociale fêtera ses 70 ans. Cette institution emblématique de l'Etat-providence à la française est née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L'histoire de la Sécurité sociale, c'est aussi l'histoire de la solidarité nationale. L'idée que nous avons tous le droit de vivre dignement, malgré la maladie ou la vieillesse.

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La Sécurité sociale fête ses 70 ans

En 1947, la Sécurité sociale existe depuis deux ans seulement. Ses responsables doivent être élus et c'est Pierre Laroque, son fondateur, qui appelle les Français aux urnes.

La Sécurité sociale, ce n'est pas seulement l'Assurance-maladie. La Sécurité sociale comprend quatre branches qui correspondent aux quatre grands "risques" de la vie :

  • une branche maladie, qui couvre aussi la maternité ou les pensions d'invalidité
  • une branche accidents du travail et maladies professionnelles
  • une branche famille
  • une branche retraite

Concrètement, le versement des prestations est pris en charge par des caisses. Il s'agit de la caisse nationale d'assurance maladie pour les maladies et les accidents du travail des salariés, de la caisse des allocations familiales pour la branche famille ou encore la caisse nationale d'assurance vieillesse pour les retraites…

Pierre Laroque est un haut fonctionnaire qui s'intéresse particulièrement aux affaires sociales depuis les années 30. À l'époque, il existe bien des mutuelles, différents régimes de protection et un premier système de retraite mais rien d'universel.

En 1939, la guerre éclate. Et alors que l'Europe est à feu et à sang, Pierre Laroque rejoint le général De Gaulle. Dès 1943, il participe à la préparation de l'après-guerre au sein du Conseil national de la Résistance. En 1945, le principe d'une Sécurité sociale universelle est acquis.

L'ordonnance du 4 octobre 1945 crée officiellement la Sécurité sociale et en donne une définition : "La Sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu'en toute circonstance, il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes". En 1945, les fonctionnaires comme la majorité des travailleurs rejoignent les caisses de la Sécurité sociale. Seuls les agriculteurs et les salariés des régimes spéciaux conservent leurs institutions. À l'époque, il faut reconstruire la France, le chômage est extrêmement bas et les caisses de la Sécurité sociale sont presque à l'équilibre.

Depuis 1945, les prestations de la Sécurité sociale sont financées en grande majorité par les cotisations salariales et patronales. L'équilibre des comptes dépend donc beaucoup du taux d'emploi. Ces dernières années avec la montée du chômage, l'augmentation des dépenses de santé et le vieillissement de la population, le budget de la Sécurité sociale peine à s'équilibrer. De nouvelles sources de financement ont été créées mais le déficit de la Sécurité sociale reste estimé à 13 milliards d'euros cette année.

"L'enjeu est de maîtriser les dépenses de santé en optimisant la dépense : plus de médicaments génériques, un parcours de soins des patients entre la ville et l'hôpital mieux organisé… mais il ne faut pas changer, ne pas dégrader le taux de couverture publique des dépenses de santé. Trois quarts des dépenses de santé aujourd'hui sont couverts par l'Assurance maladie publique obligatoire. Et c'est quelque chose que nous souhaitons préserver et qu'il est possible de préserver en faisant des efforts sur l'organisation du système de santé", explique Thomas Fatome, directeur de la Sécurité sociale. Prestations maladie, vieillesse ou allocations familiales… en 2015, les caisses de la Sécurité sociale devraient reverser plus de 450 milliards d'euros de prestations.