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14-18 : les progrès de la chirurgie d'urgence

La guerre de 14-18 c'est aussi quatre années de combats chirurgicaux acharnés. Après une grande désorganisation, les chirurgiens les plus expérimentés sont envoyés au plus près du front pour sauver des vies et tenter de limiter les séquelles des effroyables blessures provoquées par les obus. Une vaste mobilisation qui permet des progrès décisifs...

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14-18 : les progrès de la chirurgie d'urgence

La Première Guerre mondiale est une hécatombe, elle pose de gros problèmes aux médecins militaires, qui se confrontent à de nouvelles blessures liées à l'usage de nouvelles armes.

Les éclats d'obus provoquent des dégâts effroyables sur la peau, les muscles et les os. Ils entraînent avec eux des morceaux de vêtement, de la terre, et toutes les bactéries qui prolifèrent dans l'enfer des tranchées. La terrible gangrène gazeuse, spécifique aux blessures de guerre, entraîne des infections graves qui ne peuvent être traitées que par une amputation extrêmement rapide.

Le chirurgien Alexis Carrel sera l'un des premiers à comprendre le mécanisme infectieux de cette gangrène. Il devine que les germes responsables sont capables de proliférer dans les profondeurs de la blessure, sans oxygène. Il s'agit de bactéries anaérobies.

Il comprend qu'il faut nettoyer la plaie, l'oxygéner pour éviter la prolifération de ces microbes responsables de la gangrène. Il comprend aussi qu'il faut utiliser un liquide antiseptique, comme l'eau de Dakin, que le pansement est important, et que la rapidité de l'action reste fondamentale.

Des chirurgiens de toutes les armées alliées viennent alors découvrir la méthode Carrel : ouvrir largement la plaie pour retirer tous les tissus nécrosés en profondeur, et ensuite, véritable révolution, la plaie doit restée ouverte et irriguée par la solution antiseptique. Les interventions sont réalisées dans des structures installées au plus près du front, pour éviter l'infection.

Après l'intervention, l'évacuation d'un soldat blessé imposait d'immobiliser le membre touché et de laisser la plaie accessible, toutes sortes de dispositifs sont alors imaginés par les chirurgiens. Ils développent également des techniques de fixation osseuse impressionnantes pour l'époque. Des traitements orthopédiques pour stabiliser la fracture et en assurer sa rééducation sont inventés. Pratiquement toutes les règles de la rééducation moderne sont pensées à cette époque.

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