Syrie : l'urgence de l'aide médicale

Le 15 mars 2011 débutaient en Syrie les manifestations qui allaient conduire à des répressions sanglantes et à un conflit particulièrement meurtrier. Alors que le pays entre dans sa cinquième année de guerre, de nombreuses organisations non-gouvernementales alertent sur leurs difficultés à fournir une aide médicale aux millions de victimes. Anne Héry, responsable des relations internationales Handicap International, était l'invitée du Magazine de la santé, ce lundi 16 mars, pour en parler.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Apporter en Syrie une aide humanitaire internationale "à grande échelle" est devenu "impératif", déclarent de concert plusieurs ONG, alors que le conflit est initié depuis désormais quatre ans.

"Malgré trois résolutions du Conseil de sécurité adoptées en 2014 exigeant la mise en place de mesures pour assurer la protection des civils et leur porter assistance, l'accès humanitaire s'est détérioré dans une grande partie de la Syrie et le nombre de tués, de déplacés et de personnes dans le besoin atteint à présent des sommets", ont dénoncé conjointement 21 organisations(1), dans un rapport diffusé ce 12 mars.

Parallèlement, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a alerté sur le fait que "l'accès à des traitements médicaux essentiels est [devenu] quasi-impossible", soit "parce que les médicaments et le matériel médical ainsi que le personnel médical qualifié font défaut, soit parce que les structures médicales sont attaquées".

Le bilan humain dressé par les Nations unies est glaçant : plus de 191.000 morts dont la moitié sont des civils, de 1 à 1,5 millions de blessés avec des séquelles graves et permanentes, 11 millions de personnes réfugiées ou déplacées et plus de 12 millions de Syriens touchés par la guerre – soit plus de la moitié de la population totale.

Des conditions de travail extrêmement difficiles

Le nombre de médecins travaillant à Alep (la deuxième ville du pays) était, selon MSF, estimé à 2.500 avant le conflit ; moins d'une centaine seraient aujourd'hui présents dans la ville. "Tous les autres ont fui, sont devenus des personnes déplacées ou ont été enlevés ou tués".

L'enlèvement de cinq membres du personnel MSF par le groupe Etat islamique (EI) en janvier 2014 "a contraint l'ONG à réduire drastiquement ses activités, et à se retirer des zones contrôlées par l'EI en Syrie". Mais l'ONG rappelle qu'en dépit de ses efforts, elle n'est pas non plus parvenue, à ce jour, "à ouvrir des projets médicaux dans les zones contrôlées par le gouvernement".

Médecins du monde est, pour sa part, encore présente dans les zones passées sous le contrôle de l'Etat islamique. L'ONG intervient aujourd'hui principalement dans les gouvernorats d'Idlib, Alep, Deraa et Damas. "Les dégâts humains que constatent au quotidien [nos équipes médicales] sont considérables, provoqués par l'utilisation régulière des armes meurtrières et destructrices que sont les barils d'explosifs et les missiles-bouteilles de gaz", explique l'ONG.

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(1) Acted, Handicap International, Médecins Du Monde, Oxfam, American Friends Service Committee (AFSC), Fondation Alkarama, ChildrenPlus, Global Centre for the Responsibility to Protect, Hand in Hand For Syria, Human Rights and Democracy Media Center (SHAMS), International Rescue Committee, Norwegian Church Aid, Norwegian Refugee Council, NuDay Syria, Pax Christi International, Save the Children, Syrian American Medical Society, Syria Relief Network,Tulip for Syria Relief, Un Ponte Per, World Vision International 


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