Etudiants en santé : un plan d’action contre harcèlement et surmenage

Les syndicats d’internes, les doyens de facultés et les responsables hospitaliers ont signé le 25 mai un accord pour limiter la maltraitance des internes. Ces derniers ont annoncé une grève pour réclamer les moyens d'appliquer cet accord.

Lucile Boutillier
Rédigé le , mis à jour le

« L’épuisement au travail tue, ça détruit des couples, des familles, des amitiés, des vies, mais aussi des patients si on fait une erreur médicale. Tout le monde le paie très lourdement. Le système n’est pas tenable, il est dangereux », déclare Gaétan Casanova, président de l’Intersyndicale Nationale des Internes (ISNI)

Les internes au coeur du système

Cet interne en réanimation nous racontait déjà dans cet article le harcèlement et la trop grande quantité de travail auxquels beaucoup d'internes doivent faire face. Contre ces problématiques « structurelles » selon le président de l’ISNI, les doyens de facultés ont signé le 25 mai un plan d’action avec les syndicats d’internes et les responsable hospitaliers.

Tel qu’il est, « le système n'est pas tenable », explique M. Casanova. « Aujourd’hui, les internes représentent 40% du personnel médical et 80% des prescriptions des CHU. Seuls 23% des jeunes médecins considèrent l’hôpital comme attractif. Beaucoup de postes sont non pourvus et ça s’aggrave. L’hosto tourne seulement grâce aux internes ! »

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Appliquer la loi

D’après Gaétan Casanova, l’enjeu de ce plan est d’appliquer la loi. « En cas de harcèlement, si un fonctionnaire est au courant d’un délit ou d’un crime, il faut prévenir le procureur de la République et pas gérer l’affaire en interne. Il n’y a pas à laver le linge sale en famille », dénonce-t-il.

L’interne concède que cet accord seul ne changera pas la situation. « Mais c’est un premier jalon. Si tout le monde est de bonne volonté, on va avancer ! Ce n’est pas une fin en soi, c’est un bon début. C’est une déclaration d’intérêts commune. »

Faire respecter l'accord

Après la signature de cet accord, l’ISNI attend avec impatience que le ministère de la Santé se saisisse de la problématique.

« Par exemple, le plan dit qu’il faut faire attention au temps de travail. Mais pour mettre en oeuvre cette volonté, il faut compter le temps de travail. C’est au ministère d’obliger à cela, pour faire respecter cet accord. C’est la première fois que les doyens font ces efforts, alors il faut en faire quelque chose de constructif », explique le président.

Réclamer des moyens

Pour réclamer la mise en place de ce comptage, l’ISNI prévoit une grève le 18 juin, durant laquelle les internes ne travailleront pas. « On ne peut pas abandonner les patients, alors on l’annoncera très en avance pour que les services s’organisent », prévient Gaétan Casanova.

« On a serré les dents pendant la pandémie, et maintenant on peut dire qu’on est épuisés depuis bien avant le Covid », insiste le président de l'ISNI. «On veut juste un peu de dignité, de sécurité et de bien-être. »