Santé mentale : les annonces du gouvernement
©Dmytro Zinkevych

Santé mentale : les annonces du gouvernement

Remboursement de consultations de psychologues, création de postes dans les centres médico-psychologiques, soutien à la recherche … Emmanuel Macron a détaillé le 28 septembre son plan pour la santé mentale.

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"La pandémie a révélé l'importance du sujet" de la santé mentale  a déclaré le chef de l’État en clôture des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, reconnaissant que "pendant longtemps les moyens mis n'ont pas été à la hauteur". L'isolement, les angoisses, les violences intra-familiales dans l'intimité des confinements ont été les détonateurs de nouvelles souffrances. 

Selon les derniers résultats de l'enquête CoviPrev publiés le 17 septembre, 15% des Français montrent des signes d'un état dépressif (+5 points par rapport au niveau hors épidémie), 23% des signes d'un état anxieux (+10 points) et 10% ont eu des pensées suicidaires au cours de l'année (+5 points). 

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Remboursement des consultations

Pour répondre à la forte demande de soins, l'Assurance maladie remboursera dès l'an prochain des consultations de psychologues libéraux "pour toute la population à partir de l'âge de 3 ans". 

Cette prise en charge se fera toutefois sous conditions : les patients devront être "adressés par prescription médicale" dans le cadre d'un forfait de huit consultations remboursées, la première séance étant à 40 euros et les suivantes 30 euros chacune, le tout renouvelable l'année suivante si besoin. Quant aux "psychologues qui veulent pratiquer hors de ces parcours de soin", ils pourront "continuer à le faire", a assuré le président. 

Les psychologues pas convaincus

Avec cette prise en charge, Emmanuel Macron a dit accéder à "une demande historique", en concédant que "toute la profession des psychologues n'était pas totalement ravie", y voyant "une forme de paradoxe". 

"C'est absolument scandaleux ce qu'on vient d'entendre, ça marque un mépris profond de notre profession et de la population", s'est de fait insurgé Patrick Ange Raoult, secrétaire général du Syndicat national des psychologues (SNP), vent debout notamment contre le passage obligatoire par un généraliste pour bénéficier de ce forfait. 

"Les psychologues veulent défendre leur indépendance vis-à-vis de la médecine", a aussi expliqué Laurent Laporte, de la CGT, lors d'un rassemblement devant la ministère de la Santé organisé peu avant les annonces présidentielles. "On voudrait être associés, on ne l’est pas, ils décident de tout sans nous, avec des médecins", a abondé Christine Manuel, du SNP. 

800 nouveaux postes

Toujours dans l'optique d'améliorer l'accès aux soins, Emmanuel Macron a également annoncé la création de 800 postes dans les centres médico-psychologiques "à partir de l'année prochaine". Ces renforts doivent permettre de "réduire au maximum les délais d'attente" dans ces structures, qui sont parfois "supérieurs à 18 mois dans les territoires les plus en tension". 

S'y ajouteront la création de 20 équipes mobiles pour la prise en charge des personnes âgées en Ehpad et dans les structures médico-sociales, la mise en place d'une maison des adolescents dans chaque département et de 100 places en accueil familial thérapeutique sur deux ans. 

Investissement dans la recherche

Une enveloppe de 80 millions d'euros sera "dédiée à la santé mentale" dans le cadre du quatrième programme d'investissements d'avenir (PIA4). 

Les innovations engendrées, notamment en neurosciences, en intelligence artificielle ou dans les dispositifs médicaux, permettront selon le chef de l’État "des améliorations du soin au quotidien, et une transformation de nos pratiques". 

En ouverture des assises le 27 septembre, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé que le nouveau numéro national de prévention du suicide, le 31 14, entrerait en fonctionnement le 1er octobre.