Mariée de force, la danseuse franco-pakistanaise Afshi Rani raconte l'emprise de sa famille

Pendant des vacances au Pakistan, Afshi Rani a été soumise à un mariage arrangé. Elle dénonce la manipulation de sa famille et décrit comment la danse l'a aidée à se libérer de cette union.

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Afshi Rani raconte son mariage arrangé  —  Raconte


"Tout s'est passé en deux mois. Et la préparation du mariage en trois semaines." Lorsqu’elle avait 25 ans, Afshi a décidé, avec une partie de sa famille, de passer ses vacances d’été au Pakistan. Un voyage qui, comme les années précédentes, devait être synonyme de retour aux sources pour la jeune femme. 

Pourtant, tout ne s’est pas passé comme prévu. Et à sa grande surprise, sa famille a commencé à lui parler mariage. “Ça s'est vraiment fait étape par étape : j'étais totalement contre au début, mais dans ma culture les parents sont très sacrés. Donc ils m’ont eue à l’usure, en utilisant cette affection-là et ce chantage-là" se souvient-elle. 

“Je suis allée au Pakistan pour passer des vacances, pas pour me marier.”

Face à la pression familiale, Afshi n’a pas eu d’autres choix que d’accepter le mariage. “En tant qu'enfant, tu as envie de rendre fiers tes parents, tu as envie de faire ça pour eux. Au début on te propose de rencontrer des prétendants, puis des fiançailles et ensuite le mariage. Tout s’est fait en deux mois” indique-t-elle.  

Un nouveau souffle grâce à la danse

Aujourd’hui, Afshi s’est défaite de cette union sous emprise et n’a plus de lien avec sa famille. “Mes parents ne me parlent plus, ils ne veulent plus me parler."  Et pas uniquement à cause du mariage rompu :  Afshi est danseuse et c'est pour elle "un autre combat à mener" car "la danse est mal acceptée dans (sa) culture.”  

Grâce aux réseaux sociaux, et plus particulièrement Tiktok, Afshi a pu se reconstruire en partageant sa passion pour la danse et son histoire. “La danse sur TikTok c'est ma vraie force. Ça a pris une ampleur de dingue, je ne m'y attendais pas !  Et c'est vraiment grâce aux réseaux que je me suis rendu compte que ce qui m'était arrivé n'est pas normal. Que c'est quelque chose qui n'existe plus en France et surtout quelque chose dont on ne parle pas”.  

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