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Exposition aux particules fines en fin de grossesse : des bébés moins gros ?

Plusieurs études avaient déjà démontré un lien entre un faible poids à la naissance et l’exposition à de fortes concentrations de polluants atmosphériques. L’exposition durant les dernières semaines de grossesse serait particulièrement décisive, d’après des chercheurs qui ont analysé le poids des bébés nés à Beijing en 2008. Les autorités chinoises avaient pris des mesures drastiques pour limiter la pollution de l'air dans leur capitale à l'occasion des Jeux olympiques de 2008, offrant l’occasion d’observer ce phénomène.

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La pollution atmosphérique influe sur le poids des bébés durant les dernières semaines de grossesse

En février 2013, une vaste étude internationale démontrait que les femmes enceintes les plus exposées aux particules fines présentaient un risque accru "d'avoir un enfant dont le poids à la naissance est dangereusement faible". La même année, une équipe de l’Inserm précisait que le risque de donner naissance à un bébé de petit poids à terme augmentait de 18% par pallier de 5 microgrammes par mètre cube (5μg/m3) de particules très fines dans l’air.

Le gouvernement chinois avait pris des mesures drastiques pour réduire la pollution à Pékin pendant les Jeux en limitant la circulation voitures dans l'agglomération, en fermant des usines ou en suspendant des projets de construction notamment.

Ces mesures, qui ont été fortement assouplies ensuite, avaient entraîné une très nette diminution des concentrations de particules fines et de gaz polluants pendant les six à sept semaines des JO.

(source : AFP)

Toutefois, ces travaux ne permettaient pas de déterminer à quel moment du développement cette pollution entraîne les effets les plus importants sur le poids à la naissance. Des chercheurs nord-américains ont analysé 83.672 dossiers médicaux de bébés nés à Beijing en 2007, 2008 et 2009. Ils ont ainsi déterminé le poids moyen des bébés nés ou s’étant développés durant les Jeux olympiques de 2008 (qui se sont tenus du 8 et le 24 août), et ont pu comparer ces résultats aux poids des bébés nés un an plus tôt et un an plus tard.

Ils ont ensuite cherché si une corrélation existait entre ces poids et la concentration moyenne de particules très fines (PM2.5), de dioxyde de soufre (SO2), de dioxyde d'azote (NO2), de monoxyde de carbone (CO) durant les mois précédant les naissances.

Les femmes qui étaient dans leur huitième mois de grossesse durant cette période de moindre pollution avaient des bébés d’une taille moyenne estimée entre 5 g et 40 g au dessus des autres. En revanche, aucune différence significative n’a été observée lorsque la baisse de pollution correspondait à une étape antérieure de la grossesse (du premier au septième mois).

Le mécanisme biologique en jeu dans la limitation de la prise de poids par l’exposition à ces polluants durant le 8ème mois de grossesse n’est pas encore déterminé. Les données analysées par les chercheurs suggèrent que l'hypertension maternelle liée à la pollution ou les affections cardiopulmonaires de même origine ne suffisent pas à expliquer le phénomène. Ils postulent que les polluants entraîneraient un stress oxydatif au niveau placentaire, et pertuberait ainsi l'alimentation foetale.

 

Source : Differences in Birth Weight Associated with the 2008 Beijing Olympic Air Pollution Reduction: Results from a Natural Experiment. D. Q. Rich et coll. Environ Health Perspect; doi:10.1289/ehp.1408795

 

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